22.03.2008
gourmandise, dose
Elle ose
Ignorant les tourments qui l’indisposent
dépose
au pied du lit grinçant la triste chose
offerte par l'amant, fanée, morose
au parfum dégradant
au duvet sanglotant
des regrets désolants
à cause
du temps
Elle ose
Malgré le froid mordant qui la sclérose
appose
à l’entour de son flanc l’étoffe close
d’un dessus de lit blanc ceignant le rose
de sa peau frémissant
à son corps défendant
dont le désir hurlant
l’arrose
dedans
Elle ose
D’un fond de récipient lape la dose
implose
son œil éclate en de sombres nécroses
avançant lentement ses pas l’exposent
aux regards insistants
de tableaux ravalant
leur grandeur pourrissant
mycose
d’antan
Elle ose
Des mots s’insinuant en elle éclosent
symbiose
un billet contenant la vive prose
de l’hôte entreprenant qui là repose
l’engage plus avant
elle entre maintenant
derrière elle laissant
sur pause
un chant
Le doux ami dont j’étais éprise
ne m’aura pas comprise
Je le sais bien, car depuis je tiens
une autre gourmandise
Qui sied bien mieux à l’amoureux
désir dont je suis prise
Fini le temps des sentiments
vive la paillardise
Fini le temps des sentiments
vive la gourmandise
norbert tiniak © 2008 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
texte inspiré de photographies
extraites de LA CHAMBRE NOIRE de Gaëna
00:25 Publié dans rue de la Muse | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : gaëna, chambre noire, ose, gourmandise
15.08.2007
Les 7 péchés de Blanche (2)
Cinq années durant, le père de Blanche fut inconsolable. A l'exception de quelques incartades du côté des portes de la Grand'ville (où s'entretenaient maintes opportunités de ripailles et autres fantaisies déculottées), on ne connut pas d'aventure sentimentale au veuf tourmenté. Entre-temps, bien sûr, la Blanche avait grandi, était en âge où le corps exprime sa nature, paradait sous le nez de son père, la poitrine en devanture et la hanche arrondie.
La belle-doche qui ne perdait rien de ce manège se fit entremetteuse. Les femmes se succédèrent à la bastide. Sous tel prétexte ou tel autre, il y en avait toujours une à table ou à coucher. Percevant vaguement qu'il n'était plus de mise de prendre sa fille sur ses genoux à tout bout de champ, le brave détourna peu à peu son regard de son enfant pour le porter vers des charmes plus accessibles et autrement réconfortants. Il céda peu à peu à l'une puis à l'autre. La dernière sut donc si bien faire (en l'entreprenant de l'étable au potager, de la cave au grenier et du repas au coucher) que les deux fous du cul se marièrent, sans même s'inquiéter de ce que la jeune Blanche éprouvait.
Les signes de la rebellion de Blanche ne manquèrent pourtant pas de se multiplier. Elle jeta ses robes de Berrebi (un jouet en vogue, alors) et s'affubla de sombres toilettes ou de robes pourpres, se pierça, se maquilla comme une vraie gothique, tout en à-plats et bavures de noir, de violet, de bleu nuit. Elle fraya avec la racaille locale, qui se mettait des doigts pour un oui pour un non, garces comme garçons ; ça se lêchait, s'embrassait, se crêpait le chignon ou la motte, se dressait qui du jonc qui du bec ; ça tombait les culottes! Et ça faisait du bruit jusqu'à pas d'heure, envahissant les nuits, maudissant le labeur.
La jeunesse de ce temps avait des jeux bien rudes. Blanche était pourtant bien la dernière à faire sa prude. Elle s'y adonnait même plutôt deux fois qu'une! Jusqu'au jour où un lascard sorti dont ne sait où, domina la meute et dépucela le tout, avant de disparaître comme il était venu. Il laissait derrière lui bien des chattes et des culs étonnés et fendus. Blanche y trouva son compte et n'eut alors de cesse de trouver chaque soir de quoi bourrer ses fesses. Quand les jeunes du village ne suffirent plus au jeu, la Blanche lorgna du côté des plus vieux. Elle gourmanda même le premier connetable que comptait en son coeur le centre ville bourgeois. Blanche fit des pieds et des mains pour l'attirer à elle. Il lui offrit sa table aux meilleurs restaurants. Puis quand elle l'eut ferré, s'employa à se l'accaparer, risquant pertinemment de briser le ménage de son amant étourdi qui n'en menait pas large. Elle le mangeait des yeux, lui dévorait la couenne, apprit à le sucer mieux que toutes les chiennes dont s'était le boulot.
Cela se dit, cela se sut. Cela ne manqua pas d'arriver aux oreilles de son père, homme de peu de foi, mais respectueux des autres et de la paix civile. Il traîna la catin par ses cheveux crêpés de la porte du Vice Roi jusques à la bastide. Les injures de la fille ne rencontrèrent jamais, tout au long du trajet, que le vide et le froid silence du mépris paternel.
Arrivés au domaine, le paternel émit cette sentence : " Je vais te calmer, donzelle! Fille de jouvance! " Puis il poussa Blanche devant lui, la menant vers la porte de la cave, lui intima l'ordre d'y entrer, refusa de répondre à son regard inquiet et donna à la porte deux fermes tours de clés.
23:21 Publié dans nouvelles flesh | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : conte érotique, Blanche Neige, 7 péchés capitaux, gourmandise










