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acrostiche - Page 4

  • La rouée

    Le temps, pourtant inavoué
    traverse un plein cœur mis à jour
    quand, sur la berge où elle accourt
    l’ombre déporte ses nuées

    Au vent, s’égaille un cri d’amour
    à l’extrême pli de sa robe
    à l’opposé, l’allure probe
    elle offre son front sans détour

    Révoquant sa dernière lutte
    elle cabre son cheveu brun
    dans la pagaille des embruns
    ravis de jouer dans ces volutes

    « - Oh, mais bien sûr ! C’en était trop… »

    Un vilain creux sous la paupière
    lui donne raison pour son crime
    (acte sauvagement sublime)
    accordé à son linge aubère

    Et, dans ce décor maritime
    lâchant sa montre à bout de bras
    s’autorisant un dernier pas
    elle suspend sa pantomime

    Et meurt, à l’heure douce et grise
    où se perdent soir et matin
    où se fondent tous les chemins
    d’une femme rouée, pas soumise !

     

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    tiniak ©2019 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour une photographie de Val Tilu, que j'embrasse.
    Et parce que le 8 mars, c'est toute l'année !!

  • Escape game

    Le monde était à ciel ouvert
    Il fleurait bon, dans l’alentour
    des parfums gras et prometteurs
    Je ne voulais pas savoir l’heure
    (me contentais de ses contours)
    et jurais n’avoir pas souffert

    La porte était fermée, pourtant
    (à double tour, me semblait-il…)
    l’idée me vint, dans ce chenil
    que tu m’y laissas trop longtemps
    croupir
    pour que ne survînt, là, le besoin d’advenir

    Les ombres reculaient soudain !
    De leur impérieux œuvre au noir
    il surgissait des coloris
    déchirant les bruns et les gris
    que mes songes, dans ce couloir
    caressaient du plat de la main

    Ayant recouvré la palette
    animant de neuf ma rétine
    j’ai loué la grâce divine
    qui m’aura rendu mes lunettes
    d’un rire
    plus éclatant que ne le serait Agadir

    Adieu, chenil, laisse, collier !
    Je viens promener dans tes pas
    et fredonner quelque largo
    Un fantôme à cru sur le dos
    je lance à nouveau ton Vespa
    sur le bitume et le gravier

    Avec ta clé rouillée en poche
    (tu sais, celle de Malakoff…)
    je suis à nouveau, bel et sauf
    le Chien qui n’y voit rien de moche
    à mourir
    depuis que j’ai compris que tu fus mon Nadir

     

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    tiniak ©2019 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Impromptu Littéraire - tiki#344

  • Anarchiste en questions

    As-tu même l’idée que tu es déjà libre autant qu’à ta naissance ?
    Nan ? Le récit dominant contraint ce que tu penses ?
    A qui tends-tu la main après t’un bon repas ?
    Riche idée d’ignorer le sang sur les gravats ?
    Comment fais-tu rimer les maux de tyrannie ?
    Homme, femme et enfant… de la boulangerie ?
    Inventes-tu le Jour avant la Nuit Dernière ?
    Sais-tu qu’un Lent Demain renifle ton derrière ?
    Te sens-tu masculin, féminin ou pluriel ?
    Et c’est quoi, selon toi, un amour éternel ?

    Eh, reprends-toi ! Respire !
    N’en fais pas tout un foin; je te questionne, au pire…

    Quadratures du cercle, arrêtez la fiction* !
    Un modèle bourgeois va tomber du bal, con !
    En bas, y danseront les flammes dans nos yeux !
    Suffise que chacun affirme son parti !
    Tout… sera le festin qui nous manquait ici !
    Il nous faudra signer à nouveau le contrat !
    On ne mentira plus, car l’avoir ne paie pas !
    Nan… Et sinon (tu me suis ?), j’en maudirai les dieux !

    Shhhht…

     

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    tiniak ©2019 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

    *Inspiré par la relecture du "Banquier anarchiste" de Pessoa
    tout récemment et si généreusement à moi prêté par mon camarde Abel F.
    lequel ne jure qu'en français (jamais en portugais) ! Eu égard à sa mère, sans doute ;)

  • Reblochons !

    Racle-m'en, du meilleur
    et peu importent l'heure
    le désir ni l'ardeur
    J'en veux pour mon humeur !

    Et qu'en faire un fromage
    tourne à notre avantage
    (où que l'on soit en âge)
    accroisse nos courages...

    Ben quoi ? L'en faut un brin
    pour y gâcher le vin
    (récolté à la main)
    sur nos sommets alpins

    Là, bon... je dis : « minute !
    C'est quoi cette gamelle ? »
    (juste, une ritournelle
    me prend par le cal'bute)

    Ouh ! Ça pue des pieds, tard le soir
    là, dans le refuge cerclé
    par la coulée d'un blanc névé
    qui ne raconte pas d'histoires

    C'est bon... On est coincés
    avec la bloche et la rebloche
    et l'envie de tirer du Boche
    (pour venger tous nos massacrés)

    Hein ?... Nan, je suis z'europaixiste
    mais là, bloqués dans ce refuge
    et la raclette qui nous juge...
    Y a d’ quoi fumer d’ l’Aquoiboniste !

    Oh, voici venir le Fernand
    avec sa gueule de « sans dents »
    (l'était attiré par l'odeur)
    et son rondelet sur le cœur

    Nan, ben... On va tenir le coup !
    La montagne sous le genou
    à préparer t'une raclette
    et en la chantant r'à tue-tête !!

    « Sans déconner… ?!?
    On va pas se laisser couler
    dans un petit pet de névé !?! »

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    tiniak ©2019 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Impromptu Littéraire - tiki#341

     

  • Cas seul ?

    Je promène
    entre les deux tours de mon château favori
    dans leur parfum de craie si tendre, le nez pris
    laissant me prendre une charnelle griserie
    à en oublier la semaine, Ben !

    Et je glisse
    vers son jardin à la française, au fin tracé
    ahanant près de sa labyrinthique entrée
    dont je sais que le puits saura m’abreuver
    mieux qu’un long bâton de réglisse, fils !

    Un soupir
    s’échappe alors de ce souterrain abreuvoir
    m’écharpe, encore progressant dans ses couloirs
    et c’est, mieux que douce liqueur, un nectar
    aux troubles vertus d’élixir, 

    D’élection
    je reviens m’asseoir à sa table, où elle trône
    ma châtelaine amie (à nul Game of Thrones
    comparable, ni à aucun semblant icône)
    goûter blancs, cuisses z’et croupions…

    Ô Chatte Laine…
    Eh, tu seras toujours mon château, favorite !
    … à en oublier la semaine

     

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    tiniak ©2019 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Impromptu Littéraire - tiki#340