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révolution

  • Tout's les mamas

    Oh, pleurs, douleur, sourde fatigue !

    Des yeux brûlants
    sur les écrans à la raison
    comme des mouches
    vibrant en vilain rigodon
    sur un papier-glue, louche...

    Des cinémas aux tragédies de pacotille
    qui s'invitent
    - et à la maison, dites !
    pour vendre des models abscons...

    Et allez, va !
    purée de pois
    dans les esgourdes

    Sur le mot dit
    au rouge fruit
    claquer la lourde !

    Toutes les heures
    comme des fleurs
    pourries debout

    Dans le jardin
    des coeurs sans tain
    qui font les fous !

    Oh, peine ! Oh, rage ! Oh, contritions !

    De ces caresses avortées
    (à l'élan pourtant magmatique)
    qu'une patriarcale éthique
    rengorge à force de poids niais

    De ces espoirs lâchés du ventre
    (sans aucun moyen qu'ils y rentrent !)
    avec, autour, un monde sot
    qui célèbre mieux les idiots
    que les chéris
    dont le giron s'est renfermé sous l'appentis

    Les revoilà
    tout's les mamas
    criant des noms de fusillés

    Avec leurs doigts tout boudinés
    sous des pancartes...
    Tristes jubartes !

    Oh, c'en est trop des extinctions !

    Des extinctions, mais pas de voix
    Ha, ha !... Ha, ha !!... Ha, ha !!!

    Toutes ces fêlures, debout !
    Prêtresses des humbles courroux
    - et, chacune, son disparu !
    battant le pavé de la rue

    Sous les rideaux des baies vitrées
    (serait-ce que Pancho vit là ?)
    fumant les bourgeoises villas
    mieux que leurs méchants SUV

    Et allez, vont
    la fleur au front
    tout's les mamas

    En rigodon
    vers l'horizon
    des idéats

     

    tiniak ©2018 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Impromptu Littéraire - tiki#319

     

  • Delta, delta !

    L'embouchure du fleuve crachait ses lentes ocres contre le front marin. Le soir précipitait sa fin depuis sa vacuité vers le sol engorgé du pas des tacherons, du tracé des pousse-pousse et, çà où là, de piquetis d'ombrelles épargnés par l'effervescence de la citadelle.

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  • Révolution des résolutions

    « Tu voudras bien d'un gâteau, maintenant »
    dit la bouche fine, parlant
    sous le regard à l'ombre
    avec, sur le gâteau
    une manière de prière
    et dans le dernier mot
    à deux doigts de l'espièglerie
    une certitude alanguie
    déposée devant les mains jointes
    l'une par-dessus l'autre, éteintes
    ou peut-être engourdies
    ou feignant de s'être assoupies

    ...Et quoi ! d'autres font la sieste à cette heure
    au prétexte que la chaleur l'exige
    Ça, et puis le nombre de piges...

    Sur la nappe en toile cirée moutarde
    une couteau patiente sur sa garde
    il ne veut plus jouer à l'horloge
    espérant là qu'on l'en déloge
    et bientôt tinter dans l'assiette
    et trancher et faire des miettes
    mais l'assiette aussi, vide et pâle
    attend au pied du verre, sale
    où de vestiges en fragments
    subsiste une gloire d'enfant

    L'assiette à un bout, la voix de l'autre
    et au milieu boude une poire

    Une poire en est pour ses frais !
    Elle qui s'est coupée en quatre
    en quatre encore et puis en quatre
    Elle a sucré, de ci de là
    de quelque bras long quelques doigts
    Elle en garde le dos pelé
    et personne pour y goûter ?
    C'est gâcher ! C'est misère !
    et qu'en dire à la Terre Mère !

    Dans le rai de lumière
    que laisse un volet entr'ouvert
    partager l'intérieur
    arrimé ferme à son balcon
    l'oiseau de la tête, non-non,
    décline cette invitation

    C'est qu'il a résolu hier
    de faire maigre tout l'hiver
    ayant cet été pour dessein
    de voyager léger (enfin!)

    C'est ainsi ...allez !
    C'est tant pis, pour les
    bonne poire,
    pov'pommefête des miettes,
    voix dans le noir...
    l'oiseau a quitté son perchoir;
    il ne reviendra de sitôt
    que l'on célèbre l'an nouveau

    Voici comme en révolution
    s'ensuivent les résolutions


     

    tiniak © 2010 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    impromptu littéraire - tiki#64