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  • Væ soli !

    (haume, sweet haume)
     
    Dans le silence gourd, le réveil est brutal
    Peut-être fait-il jour, mais la pénombre est dense
    Je recompte mes doigts, mes dents, mes évidences
    Ils répondent, présents dans la lumière sale :
     
    « - Pigeon, vole !
      - Croquignole !
      - Tu le savais, pourtant, qu'elle était folle.. »
     
    L'endroit s'est étréci pendant que je dormais
    Ma cage !...
    Venu de mon plein gré, ça ! je ne m'en plaindrai
    pas davantage
    (il y faudrait pourtant faire un peu le ménage...)
     
    Des toiles d'araignées couvrent le soupirail
    - tout rouillé le ventail ! et ça fait quelque temps
    qu'il ne s'est plus ouvert, à l'air... aux quatre vents...
    à la main familière approchant le poitrail...
     
    Non, si je me tiens là, c'est pour toute autre chose
    En oublier la cause est le but poursuivi
    Eh ben, c'est du boulot que de gagner l'oubli !
    quand, aux parois, subsiste encore un peu de rose...
     
    Qui frappe à l'occiput ? Zut, et zut ! C'est Matin !
    Oh, non ! j'étais si bien... Encore cinq minutes ?
    « - Prisonnier volontaire, au seuil de ta cahute,
    l'heure a déjà levé le long pain quotidien. »
    dit-il...
    Et, moi qui voudrais bien tirer plus loin le fil !
     
    ... à l'anglaise ?...
    Mais où ? Mais où filer, contourner la fournaise ?! 
     
    Et merde, je suis fait ! Je dois donc retourner
    au monde
    et m'y perdre l'entier, luttant chaque seconde
    pour le même défi
    que, visière baissée, me préserve la nuit

    Cacoune,Impromptus LIttéraires,poésie,tiniak

    tiniak ©2014 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Impromptu Littéraire - tiki#222
    (texte illustrant la photo de Cacoune) 
  • Bah, tisse...

    La rue m’est familière au point d’y faire corps
    Alors… Alors… ! Quelle est cette maison ?!
    Sa pierre, c’est du grès; ses volets sont marrons
    Ici, tout est en craie que le soir pare d’ors
     
    Sa porte est peinte en rouge et son numéro vert !
    Eh ben, bravo ! Dis, ça envoie du lourd !
    Vu qu’à travers sa vitre, on aperçoit la cour
    Je ne résiste pas, je frappe à son mystère
     
    La porte mécanique ouvre sans vis-à-vis
    Allez… J’y vais ! Après tout, c’est le jeu
    Pas déçu du voyage, oh ! j’en prends plein les yeux !
    Le corridor, déjà, tapissé d'organdi...
     
    Dessus, tant de portraits que je croyais perdus !
    de moi, d'amis, d'amours désenchantées...
    et, tracé sur le sol, un parcours orienté
    pointant un escalier aux marches dévêtues
     
    Je gravis prudemment ses degrés inégaux
    Le pas plus lent, tandis que je m'approche
    avec le sentiment d'être le jouet fantoche
    d'un projet qui m'écharpe et m'enlise les mots
     
    Je suis sur le palier, sans réponse à l'appel
    Allons... Allons... Tout ceci n'est qu'un rêve
    Mais voici que, du mur, un bras me tend un glaive
    et qu'une voix me dit "tu n'es plus éternel"
     
    Je fuis ! Je fuis ! Je cours! Je n'ai plus d'appétit !
    Eh, au secours ! C'est quoi, tout ce barnum ?!
    Je regarde après moi, je vois tous ces fantômes
    et je sais désormais qu'ils ont pignon, ici !
     
     

    Laurence Le Masle

    tiniak ©2014 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Impromptu Littéraire - tiki#221
  • Trie tes rapines !

    Les cheveux engourdis de l'herbage en sommeil
    sont le lieu favori d'un rigodon fantôme
    où ne se risquent pas le songe ni le gnome
    mais qu'embrasent déjà les longs rais du soleil
     
    L'heure n'a pas de nom - pas encore et pourtant
    je suis dans sa question « quel sera l'Aujourd'hui ? »
    la main fouillant mon ventre et son vaste appétit
    (il m'a semblé entendre, autour, un vague chant)
     
    « Laissez-nous... »
     
    Là-dessus, des moutons vont grignoter leur part
    et les fleurs en bouton souffriront en silence
    quand un ciel continu et perclus d'ignorance
    assemblera ses nues, distrayant le regard
     
    Alors, il sera temps d'énoncer les soupirs
    et de boire l'instant comme on appelle un frère
    sur les sols détrempés, laisser fondre l'Hier
    puis, à deux mains, plier le trésor à venir
     
    « ...nos baisers... »
     
     

    Laurence Le Masle,monster,fear

    tiniak ©2014 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
     
  • Passe !

    Mines réjouies
    monogamies
    c'est votre fête au clocher
    L'On va jeter sur le parvis
    le riz perdu pour Yaoundé
     
    De vos élans
    vulgairement
    rebattez-nous les oreilles
    moindre en est le dérangement
    que la larme qui me réveille
    qui s'époumone
    et me fait regretter tous vos klaxons
     
    Merci, Bordel !
    pour le rappel...
    Occupé à m'en distraire
    contre votre Sempiternel
    j'entends cogner mon solitaire
     
    Mais passez, donc...
    Eh, rigodons !
    Nous nous verrons à la cure
    venus le Temps et l’Addition
    d'aller solder les aventures
    main sur le cœur...
    À qui le chardon, à l'autre sa fleur
     
    C'est-y joli
    z'et bien gentil
    À vous arracher des charmes...
    Pour en apprivoiser le puits
    mieux vaut silence que vacarme
     
    Cerise d'or
    sur le décor
    sagement, ne dis pas mot
    Va-t'en jeter sur d'autres sorts
    de tes couchants le placebo
    jour après jour
    jusqu'à la lie des passables amours
     
     

    poésie,amour des feintes,effet placebo,le mépris,bardo

    tiniak ©2014 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
     
  • Vieillerie

    Poussez !
    Poussez !
    l'escarre, Paulette !
     

    Laurence Le Masle

    tiniak ©2014 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK