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promenade

  • instant karma

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    Flottant sur le déclin du jour
    voici le sentiment plus calme
    au lent balancement des palmes
    et leurs digitales esgourdes

    Je le mettrais - si je pouvais...
    de côté pour une autre fois
    quand rêve et pensée me dévoient
    mais l'instant n'est qu'à savourer

    Un vent léger se prend à rire
    des chemisiers qui passent là
    poitrine lourde, nu le bras
    (c'est l'automne qui le soupire)

    Ici, je ne te cherche plus
    l'entier vibre à ce moment rare
    la moindre corolle est un phare
    sa lumière, un chant moins aigu

    Tout m'est aussi vrai qu'incertain
    (il fait bon s'en laisser accroire)
    les couleurs absorbent le noir
    en suspendent tous les desseins

    Que peut signifier le retour ?
    Je demeure, à l'heure d'Or Pâle
    livré à mon Senti Mental
    égaillant ma carne à l'entour

     

    tiniak,poésie,instant karma,caen

    tiniak ©2018 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK 

  • limonade cænnaise

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    Lèvre boudeuse, l'œil mauvais
    passe le soir à la fenêtre
    fait semblant de m'y reconnaître
    et puis, de tout son long s'étale
    sur les murs bourgeois de craie pâle
    et leurs volets
    derrière quoi le quotidien se renfermait
     
    Je sors un doigt, un bras, la tête
    Allons, faisons notre marché !
    Habillons-nous d'un air de fête
    au parapluie circonstancié
     
    (je parle à qui ? je suis seul, oh !
    …en compagnie de mon cerveau, quand même)
    C'est bon, je vais battre pavé, voir si Caen m'aime
     
    La rue, déjà, est bien en place
    J'y salue quelques pensionnaires
    aux Bon Soins de la Caponière
    aux médecines appuyées
    - ces guerres lasses !
      ces À-Quoi-Bon clamant "La Vie est dégueulasse" !
     
    D'autres gosiers, à l’Antirouille
    vident leur sac - vides, leurs fouilles...
    (l’épisode m'est bien connu
     mais, pour ce soir, j'ai d'autres buts)
     
    Libre parvis de Saint-Sauveur
    ta face crayeuse rougit
    (de loger tant d'hypocrisies ?)
    quand sonne l'heure à Saint-Etienne
    au carillon - le pénultième !
    monte l'odeur
    qui manquait au parfum chargé de mon humeur
     
    Ça me gratte, ces bottes rouges !
    et la couleur (trop à la mode !)
    des cheveux fuyant leur exode
     
    Mais au château, plus rien ne bouge
    ni la pierre que j'aime tant
    ni le persistant sentiment
    que l'abandon baille ses bouges
     
    Et ça me reprend, les fourmis
    de cette insistante mémoire 
    qui me fait chercher dans le soir
    l'amour qui m’a tout rabougri
    et qui mange
    à la sobre tablée où nul ne le dérange
     
    J'avance vers la seule preuve
    attachée toujours à ces mots
    dont je flatte le marigot
    (je parle du plus petit fleuve)
    et je l'orne
    « À vaut l’eau ! »
    de mon violent désir de miel sans borne
     
    Un chant vaudou chauffe à l'oreille
    J'arrive bientôt sur le port
    Tiens, la Tour Leroy se réveille
    au cri des mouettes sans trésor....
     
    Et te voici, mon rêve lent
    lâchant ta course vers la baie
    ‘A thrill a day, keeps the chill away!’
    J'avoue n'être pas cet amant
    gentil, placide
    triste servant de caresse livide
     
    Ah mais fourmis, vous revoilà !
    Et la nuit a rongé le soir !
    Buvons à nos conglomérats
    puisque tout se noue dans le noir
     
    Tout se noue : les voisins fantômes
    les trahisons qui se renient
    les serrements du jeu de paumes
    et les fraternels appétits...
     
    Voici le fleuve et son autel
     
    J'y suis tant de fois descendu
    la même intention retenue
    prête à jeter son apostrophe
    dans cette calme catastrophe
    - il n'est pas dit que l'on m'y rendra plus...
     
    Ici finit la promenade
    à la bordure des histoires
    à célébrer la fin du soir
    en jaugeant une limonade
    - forte! merci…
    en allusions mêlées de gris souris
     
     

    Laurence Le Masle

    tiniak ©2014 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
  • À fleur, le temps

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    Le temps, c'est du vent, mais la pierre ?...

    J'étais là, pour ma promenade
    - un jeu pas loin de la parade;
    au front logé quelque mystère
    accaparé par l'atmosphère

    J'observais dans mon entourage
    les bâtiments plus ou moins vieux
    au mitoiement pas très heureux
    mais dont je tirais avantage

    Et puis, j'ai regardé mes pieds
    À l'endroit où je m'arrêtai
    je découvris cette insolence :
    la nature et sa résistance !

    D'entre les pavés jaillissait
    une banale touffe d'herbe
    (pas de quoi en faire une gerbe,
     mais assez pour m'interpeler)

    Pour ajouter à ma surprise
    le hasard jeta sur le sol
    quelques vestiges de corolle
    soufflés par l'automnale bise

    Je révisais mon jugement :
    le temps ne donne pas mesure
    par nos œuvres d'investiture
    mais son naturel évident

    Je finis donc ma promenade
    sans jamais plus lever le nez
    mais à surveiller qu'à mes pieds
    ne se trouvât quelque boutade

    Depuis, je ne vois dans la pierre
    qu'une cynique et vaine injure
    à ce que peut faire nature
    sans prétendre à quelque carrière

    Demeure le temps, son passage
    Y cherche quel est mon courage.

    pour un Défi Du Samedi

    À fleur, le temps

     

  • maints dans la main

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    maints dans la mainMain prise ! Pied-à-terre,
    qu'enserre une enthousiaste chair...
    La résume à son comprimé
    le mécanique balancier
    que réclame la promenade
    aux yeux de tous, à la parade !
    Voyez l'affiche !
    et comme elle sous-titre : et allez, je t'en fiche !

    Certaine enclose intimité
    se garantit des cavités
    le confort antédiluvien;
    devant, tout pendant, va le chien
    sa rage primaire en panache
    fouettant l'air de sa queue bravache
    le flair épris
    de quelconque mais possible sauvagerie

    Allant son train ostentatoire
    accabler d'invalidité
    l'envie ou l'interrogatoire
    gloriole de fanal en V
    le couple manutentionnaire
    (lieu commun fait d'extraordinaire)
    égraine l'heure
    au rythme saisissant de son fringant bonheur

    Ainsi passe, l'une à l'autre paumes soumises
    le mouvant Ô Céans savourant son emprise
    et son détachement du monde
    à sa frange faisant son gentil tour de ronde

    tiniak © 2012 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
     

  • perditions accordées

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    sartre_dos0.jpg

    Je marchais dans le ciel en ayant l'air de rien
    dans le dos mes deux mains, le front grave
    (j'aime assez cette posture slave) ;
    on s'affairait là-haut à fourbir un matin.

    Je marchais, je vous dis - et comme au naturel,
    derrière moi gloussant des nuées informelles
    regroupaient leurs cancans
    " Il se prend pour le vent " sifflaient-elles.

    Je marchais, et puis quoi ! puisqu'il me plaît à moi
    d'aller justement là où il y a la place
    puisqu'aucun de mes pas ne laisserait de trace
    ici, comme il se doit.

    Je marchais dans le ciel pour y chercher mon âme
    vous savez, cette flamme un peu bleue sur les bords
    qui vous sort par les yeux en vous quittant le corps
    - non, je n'étais pas mort ; j'avais perdu mon âme !

    Je marchais prudemment pour ne pas l'effrayer
    et pour mieux la surprendre où j'allais la trouver
    certainement... bien sûr…
    menant quelque aventure auprès d'autres buées.

    Je marchais quand enfin je la vis seule et nue
    se frottant le joufflu comme après la fessée
    ainsi font les gamins qu'on aura attrapés
    faisant une bêtise à l'endroit défendu.

    Je marchais jusqu'à elle en faisant des manières
    …allez, je voyais bien qu'elle avait de la peine
    pour ne pas l’accabler je lui dis : - On promène ?
    elle acquiesça de suite et sans faire la fière.

    Je marchais dans le ciel mon âme à mes côtés
    que j’hésitais encore à me réintégrer
    tant il y avait là, je ne sais… oui, du Beau
    - comme j’aurais aimé béater ce tableau.

    Nous marchions ensemble (un gris sourire en coin)
    et le petit matin s’attardait, il me semble.

    tiniak ©2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK