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totalités mineures - Page 12

  • Retour en grâce

    Avalée par le mur se tient la porte close
    Au pied de l'arbre un fruit tombé depuis hier
    Une étoile accusée par quelques nuées roses
    Le ciel tend son miroir à l'océan, la mer
     
    Dans un oubli malingre une idée s'est perdue
    Sur la page aucun mot ne vient lécher la ligne
    Des yeux abandonnés à jamais par la vue
    dont nul ne lira plus comme la vie fut digne
     
    L'avortement d'un cri n'inquiète pas le jour
    pas plus que sur l'épaule un geste qui renonce
    ni la question posée demeurée sans réponse
    ni la mélancolie d'un trop ancien amour
     
    Et pourtant, je le sens, le bruit va me surgir
    quand j'en aurai assez de contraindre mon cœur
    Je serai le vacarme neuf de mes ardeurs
    dans un monde étonné par mes éclats de rire !
     
     

    inception

    tiniak ©2013 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un impromptu littéraire - tiki#197
  • L'enchantier

    Quoi d'autre ? Je ne sais rien faire sans parti
    À la prochaine pluie, peut-être... Va savoir...
    Le ciel peut basculer sans prendre mon avis
    je m'emploie chaque jour à repriser le soir
    les veines fatiguées de son vieux rocher gris

    Car le séjour est loin, et chaque heure qui tombe
    avale nos destins, voués à la becquée
    Je m'invite au festin, orgueilleux et plumé
    ainsi qu'il sied, au vrai, aux sincères colombes
    et vais gagner mon pain, sous l'orage et ses trombes

    Je fouille, à mon chantier, plus bas, l'Île aux Grenouilles
    Dans son rire ombragé, profonde et généreuse
    monte une mélodie aux notes argileuses
    Le regard entendu, y trempent nos dépouilles

    Tous nos papiers pliés narguant les cathédrales
    nos songes invités par un chant quotidien
    les lunes adoucies par nos Petites Mains
    et nos jeux négociés au cirque théâtral

    C'est là qu'est le métier, cette récréation
    d'ouvrages séculiers, mais riches, mais propices
    que tu m'as compliqués, Délocalisation !
    qui frappes ta monnaie du sceau des Catharsis
    réclamant à la source un taux d'imposition
    qu'il faut payer, content d'être dans la Maison !
    au guichet de Jocrisse...Et puis quoi ? Allons, donc...

    Je recompte mes bras, il en manque un millier...
    Deux n'y suffiront pas pour me les rattacher
    mais, sûr qu'à embrasser, je suis dur à la peine
    Je saurai m'en coller un pour chaque semaine
    et garder celui-là, bien dressé, pour ta chienne
    Pugnace !
    et prompt à oublier tes sordides menaces

    Je vais, nu sous ma blouse, exilé volontaire
    Malgré la terre en tiers qui veut que j'en découse
    la Seule, que j'épouse, est ma cause de pair
    et n'en fais pas mystère aujourd'hui, j'ai le blues

    Outils à la ceinture et les ongles gantés
    je creuse mon chantier pour y trouver des billes
    J'aurai la main heureuse, vous verrez, Les Filles !
    Chocolat ! Religieuse ! Eh, comme vos yeux brillent...

    Qu'on m'apporte à siffler des cuisses de grenouilles
    il n'est rien de si loin qui vaille un bon goûter
    Le reste, c'est tambouille !

    Voici qu'au ciel paraît - me semble; un nouvel œuf
    Je quitte le chantier, c'est l'usage, après tout
    Je suis couvert, debout, par un sentiment neuf

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    tiniak ©2013 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

     

  • cardinose

    Une fraîcheur à l'est est
    d'une fraîche heure à lester
     
    Lew', est-ce ta venue
    au petit matin
    qui déjà m'atteint
    sur West Avenue ?
     
    Une fraîcheur à l'est est
    de ton odeur à lester
    comme je l'ai sue
    à ton exsudat
     
    Que me la suda!
    Que me la suda!
    Me répétais-tu
    qui n'en pouvais plus
    d'être à tant d'effort
     
    Tant que le sud eut
    tôt perdu le nord
    et n'y revint plus
     
    Jusqu'au lendemain
    sa fraîche heure à lests
     

    poésie,chanson,nette,exsudat,west ave,fantaisie,militaire,millenium

    tiniak ©2013 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Impromptu Littéraire - tiki#192
  • Langue de bois

    Au long des feuillets, gouttez, Millénaires...
    Densité de l'aire, un chœur en foret
    frêle sous vos pieds, sonde les ombrages
    La terre et son âge ont le vain mauvais

    Une magie noire aux doigts effilés
    lisse une peignée de sa main d'ivoire
    à l'orée du soir étouffant le jour
    d'un semblant d'amour mâtiné d'espoir

    Risée, vole un peu de l'humilité
    à l'or embué de lourds aromates
    qui traînent savate à l'heur attendu
    puisque tout s'est tu dans l'heure adéquate

    Arbres, mille mots vous tombent des bras
    J'en baigne mon Ka, goutte à goutte d'eau
    tombées de si haut que mon Rêve-Sang
    fond de but en blanc sur mon corozo

     

     

    corozo

    tiniak ©2013 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    Librement inspiré d'une fantaisie de Janeczka Dabrowski

  • piscine

    À baigner dans mon jus de pleurs inachevés
     verse ma crudité aux largesses de l'onde
     La paume d'Archimède allège ma faconde
     Un long chant navajo m'attrape par le nez
     
     Oui, je voudrais pleurer comme les joies du ciel
     savent couler du miel au cœur de nos vallées
     muant en fêtes fauves nos aridités
     et rendant aux anciens leurs larmes les plus belles
     
     Bois mort dont le bas seing oublié des vivants
     a tété du Serpent le nom qui chante encore
     avec la mélodie des pluies de météores
     se rappelle en mon chœur aux vraies larmes, le sang
     
     Un bal de martinets m'arrache au Rêve-Dit
     Le vent a retenu son souffle dans les arbres
     De plus sombres nuées entament leur palabre
     avec la gravité des âmes assagies
     
     C'est l'orage annoncé crevant son outre pleine
     à l'encontre, ma peine élève trait pour trait
     ses ombres vers l'éclair, sa pâleur sous le jais
     et mon chant ravagé dans la sublime antienne
     
     Oui, je sors, mon amour... Ici, oui... par ce temps
     Il pleut, précisément... L'heure est vraiment divine
     Rejoins-moi, si tu veux, nager dans la piscine
     d'une même poitrine hurler aux éléments
     notre joie
     d'offrir à l'avenant nos langoureux abois
     

    tiniak ©2013 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Impromptu Littéraire - tiki#189