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impromptu littéraire

  • ...affole-moi !

    Le fleuve y va, tranquille, avec la mer au bout
    silencieux, par la ville, et doux
    et ne disant pas tout ce qu'il vit en amont
    ni de ce qu'il avale, au fond

    Encore une minute et ce jour m'intéresse...
    J'attends qu'il me paraisse
    ainsi que la caresse attendue d'un sourire
    en coin de rut, pour un soupir

    Frileux vent de saison, viens mettre pied à terre
    sur ce vieux paillasson, pas fier...
    Qu'y pouvons-nous, Misère ? Ignoré sous les toits
    le vieux saule a pleuré... ces doigts !

    Organique berceuse où l'âme erre et s'enivre
    étonne-moi, au creux du livre
    ordonne-moi de vivre avec mes yeux marrons
    chargés de brûlantes questions

    Uranie, fatiguée, baisse le front à l'ouest
    car Linos doit mourir, du reste
    sous les coups d’Héraclès - trop piètre musicien !
    Je bois la mélodie que me siffle mon Chien

    Y a-t-il un Autre Jour en réserve, en ce monde ?

    Voici que luit la pierre à ses orgues caennaises
    d'or espagnol, aux frêles braises
    Je forme une hypothèse et la garde sous l' coude
    en bouche une marine soude

    Âpre - et ce qui s'ensuit... désolé (par Ailleurs)
    cherchant à qui jeter mes fleurs
    je suis là, comme hier, avec l'amer au col
    Il serait temps que je m'affole

     

    Automne,jodel,poésie,tiniak

    tiniak ©2017 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Impromptu Littéraire - tiki#299

  • Roots

    Le fleuve est noir et parle aux nues
    Dessus, la rue va, sans espoir
    Je marche dans les pas du soir
    Sa rêverie m'est plus aiguë

    Mes fers aux pieds sont invisibles
    Le fouet claque dans un regard
    Je chante : "On se verra plus tard"
    (un code puisé dans la Bible)

    Un enfant me touche la main
    Son parent l'en détourne, vite !
    Je lui adresse mon invite
    Il est pâle; il est incertain...

    Là, taire embrase mes racines !
    Oh, nulle pitié dans mon cœur
    Je suis l'inconcevable Ailleurs
    Je suis plus près qu'une cousine

    Savoie, tu t'es rangée plus tard...
    mais sur quel fart vas-tu skier ?
    Réunion, tu t'es oubliée
    à envier Madagascar ?

    Je vais me faire un columbo
    en raillant la fin des ans pires !
    Je vais te lire comment dire
    autre chose que mon négro

    L'espèce, nôtre, est noire au fond
    (vois-tu un peu ce qui te gène ?)
    Oh, tu peux ranger ta gégène...
    Bientôt finis, les roux, les blonds !

    Mes parents m'ont nommé David
    Depuis, j'engrange la question :
    "Quand reverrai-je Salomon
    pourfendre les temples avides

    disant : que Justice est Raison
    que l'Homme est meuble, mais censé
    exercer toute sa pensée
    pour que règne le seul Pardon

    Possible...

    Nulles fautes ! Eh ! Que l'erreur
    tangible...
    de se penser plus qu'infaillible
    que ton frère ou ta sœur"

    Aminh ? Amen ? Et quoi encore !?!
    Je vais crever au pied de l'arbre
    Je vais y loger mon palabre
    Tu me lis ? C'est que je suis mort

    Sans nom...

    Autre que celui de ta maison

     

    slavery,esclavage,yes,WTF

    tiniak ©2016 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Impromptu Littéraire - tiki#271

     

  • Mon gris-gris à dorer

    Je l’emporte, il m’embarque
    nous voguons de concert
    en traînant dans les parcs
    sous les portes cochères
    replètes

    Partout, à l’horizon
    la même fête, alors
    s’arrange des crayons
    pour affiner son port
    de tête

    Dérangées, les nuées
    ça moutonne ! ça vrille !
    Leur menace avortée
    implore un stylo bille
    - en stylet ?

    Mais je grave à la plume
    ceints d’une moleskine
    les feuillets qui m’enfument
    autant que je les signe
    au carnet

    Mon gris-gris à dorer

     

     

    poLésie,impromptu littéraire,fermerla parenthèse

    tiniak ©DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

    pour un Impromptu Littéraire - tiki#262

  • Retour en grâce

    Avalée par le mur se tient la porte close
    Au pied de l'arbre un fruit tombé depuis hier
    Une étoile accusée par quelques nuées roses
    Le ciel tend son miroir à l'océan, la mer
     
    Dans un oubli malingre une idée s'est perdue
    Sur la page aucun mot ne vient lécher la ligne
    Des yeux abandonnés à jamais par la vue
    dont nul ne lira plus comme la vie fut digne
     
    L'avortement d'un cri n'inquiète pas le jour
    pas plus que sur l'épaule un geste qui renonce
    ni la question posée demeurée sans réponse
    ni la mélancolie d'un trop ancien amour
     
    Et pourtant, je le sens, le bruit va me surgir
    quand j'en aurai assez de contraindre mon cœur
    Je serai le vacarme neuf de mes ardeurs
    dans un monde étonné par mes éclats de rire !
     
     

    inception

    tiniak ©2013 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un impromptu littéraire - tiki#197
  • Un roman d'égarement

    autorail JOUEFLe train avait stoppé en pleine voie. Alentour s'étendait ce qui me parut résumer la quintessence du paysage normand : du brun, du gris, du vert et des variations de lumière à rendre fou un œil artiste. Dans le compartiment, nous étions trois. Nous avions d'abord échangé quelques propos convenus sur la pénibilité des aléas récurrents que nous inflige le transport ferroviaire - en particulier sur cette ligne que nous baptisâmes La Maudite, avec cette unanimité placidement ronchonnante qui vous ravigote le sentiment d'être entre gens "bien de chez nous". Comme nous approchions, à dix minutes près, la première heure d'arrêt complet, sans explication autre que nos seules supputations, il nous devenait difficile de rester tout à fait sereins.
    Côté fenêtre, dans le sens de la marche, la Ptite Dame aux chevilles lourdes serrait nerveusement contre son sein une serviette au cuir fatigué. Elle éprouvait quelque gène respiratoire. Face à elle, le Rougeaud local, dans sa splendeur ventripotente et sentant fort l'alcoolémie, balançait entre sortir se joindre aux allées et venues des voyageurs dans le couloir ou piquer benoîtement du nez sur son menton... andouille ? Me tenant deux places à sa droite, pas loin d'opter pour l'autre banquette - comme si me mettre dans ce sens pût agir de quelque manière sur la remise en mouvement du convoi ! je me satisfaisais plutôt de la fin de nos bavardages. Et puis, d’un brusque bond sur ses jambons, le Rougeaud se leva déclarant :
    - Ah, ça ! Bon, je vais voir c'qui s'passe.
    Comme si...
    La Ptite Dame et moi nous adressâmes mutuellement un haussement de sourcils désabusés, avant de retourner chacun à ses songes soucieux, dans un discret soupir. Le silence semblait lui convenir, à elle aussi; tant mieux.

    Le silence...
    Nous y étions si bien installés qu'il nous fallut quelque temps avant de nous rendre compte qu'il était devenu presque total - n'était le piaillement des oiseaux dans les arbres voisins. Ce fut un pas trainant dans le couloir qui  nous en donna la mesure. Sur le point d'enjoindre ma muette compagnie de continuer à faire la morte, tandis que je me proposais d’aller à mon tour au-devant du mystère, un agent de la société des chemins de fer ouvrit alors grand la porte de notre compartiment. Il dit :
    - Ah, 'faut pas rester là, msieudame; le train va pas repartir de si tôt, vous savez.
    - Précisément, nous n'en savons rien, objectai-je avec un bon peu d'aigreur dans la politesse.
    - Mais non, rien du tout, renchérit la Ptite Dame que cette sortie vibrante révélait au bord du point de rupture.
    - Eh, est-c' que j'sais, moi ! bougonna l'homme en tenue idoine. Tout ce que je peux vous dire, c'est qu'y a pu d'gare. Ni devant, ni derrière, nada ! Et c'est comme ça sur  tout l’réseau, alors... Y a pas : 'faut finir à pied... 'pouvez pas rester là, je suis venu tout boucler.
    Profitant de notre stupeur, il ajouta :
    - Prenez juste c'qu'i' faut, on fera le nécessaire pour le reste.

    Et nous voici, la Ptite Dame et moi, devisant à travers champs. Elle me raconte son histoire : un roman !
    Moi, je crains que l'on ne s'égare... vraiment.

     

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    tiniak © 2011 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Impromptu Littéraire - tiki#124