Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

- Page 4

  • na !

    (sûr, un plateau)

    Amour ! Amour ! Où est ma chienne ?
    qui seule m'entende et comprenne
    à quoi se rimer l'aujourd'hui
    (avec aucun "toujours"), et puis
    s'attache tant d'autres histoires
    que ce sera bonheur de voir
    comme le monde est déjà mort
    qu'il n'en subsiste qu'un décor
    à repeindre
    sans gloire, avantages, sans geindre
    que la joie de tremper nos doigts
    dans un ciel oublié des fois
    en l'espérance
    qu'après la mort, nous aurions une danse
    à tenir
    et qu'à l'aune de nos désirs
    irrévérencieux ou muets
    - dont nous n'aurions pâli (jamais !),
    L'On nous dira "à gauche.. à droite"
    mais nos mains ne seront pas moites
    et refuseront de céder
    à l'ordre de nous défausser

    Amour ! Amour ! qu'à ça ne tienne :
    je te répéterai l'antienne
    où je te disais "malgré tout,
    qu'avons-nous à faire, du coup,
    des imbéciles
    qui veulent des amours faciles ?"
    Nous avons bu notre jeunesse
    ailleurs, loin de l'autre ; l'ivresse
    aidant et le déni
    d'oser nous rappeler nos nuits
    nous avons chanté dans le vide
    notre vertige parricide
    où j'aurai perdu le sommeil
    où tu recherchais ton Pareil
    où nous nous serons oubliés
    pour nous retrouver étonnés
    de nous-mêmes
    devant la fin des anathèmes
    dans une chanson qui s'écoute
    balbutier "alam doot dam doot"
    Et oui, ma vie, tels que nous sommes
    le nouveau pépin de la Pomme
    puisqu'enfin nous aurons appris
    où se logent nos appétits ;
    le tien, le mien, dans la surprise
    que d'un même ensemble on révise
    tous les noms de nos bons fromages
    pour ne pas dire davantage

    Fromages !Amour ! Amour ! Oui, "malgré tout..."
    commence la danse avec Nous.

     tiniak - carnÂges © 2010 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

  • Street Tango (rue froide)

    Caen, Rue froide

    Le pas mal assuré
    dégoutte, tapote
    la rue au ventre froid
    lui écarte les jambes, va
    son mode automatique
    sous la Grande Nordique
    aux milliers de répliques
    audibles sous les toits
    qui boivent leur colloque
    sans même réfléchir
    sans processus ad hoc
    (ils ne frémissent pas)
    mer morte
    étendue par les rues
    endémique cohorte
    dont il faut, pas à pas
    que l'on sorte
    ou qu'on en reste là, en bas
    le pas mal assuré
    la vue troublée de vains
    tristes et carnassiers
    festins
    des p'tits bonheurs la chance
    à se frapper la panse
    en y laissant les doigts
    le pas mal assuré qui va
    se frotter l'importance
    entre les jambes sales
    d'autres exubérances
    qui cèdent leurs appâts
    vénales, sans combat
    à leur suite, à la traîne
    une pâle rengaine
    à bout de rêve murmurée
    comme coulant de source
    un à un les nœuds de la bourse
    défaits sur les genoux
    anguleux, ridicules
    de ne pouvoir fléchir
    au risque de tomber, ou pire
    de finir comme un chien
    papatte au lieu de main
    babines salivantes
    à dévaler la pente
    à flairer la piste odorante
    jusqu'au bout de la rue
    et n'y connaître plus
    que l'ombre fatiguée
    qui va son train d'oubli
    du matin à l'ennui
    vers sa mortalité
    certaine d'y passer
    le pas mal assuré
    dont les échos s'entêtent
    claquent et ricochètent
    sur les parois géantes
    de la ville désobligeante
    et gourde sous la pluie
    sa lourde compagnie
    sa flotte
    lâchée par vagues, qui mégotte
    achève d'égarer
    vers les eaux du fleuve cendré
    le pas mal assuré

    tiniak - Ruades © 2010 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

     

    And a fall from you
    is a long way down
    I've found a better way
    out

    Well, it's been a long time
    since I've seen you smile

    Beirut - Cherbourg, The Flying Club Cup

  • Sainte Nitouche

    Louise Markise, photographe

    Elle aura pris son bain à même l'herbe chaude
    pour sentir aussi bon qu'un rêve campagnard
    Moi, je serai sorti de la douche en retard
    apprivoisant en vain l'épi qui me taraude
    et m'agace la main

    Elle demandera "quel est ton saint patron ?"
    Et voilà, catastrophe ! aura grillé la mèche...
    Je dirai "désolé (oui, faisant de la lèche)
    mais je n'aurais souhaité attacher à mon nom
    que le vôtre, Beauté !"

    Alors tout sera dit... ou bien, nous nous tairons
    car nous aurons souri au-delà des nuisances
    et nous serons trouvés en commune appétance
    moi, lui prenant la taille, elle, un regard profond
    Et allez, vaill' que vaille !

    Quand nous aurons repeint tous nos calendriers
    ayant trempé nos doigts à l'encre rouge fruit
    d'un jour laissé pour mort à l'horizon détruit
    nous allierons nos corps et leurs noms oubliés
    le cœur et l'esprit ceints


    tiniak - carnÂges © 2010 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    Illustration : d'après une photo de Louise Marquise

    pour un Impromptu Littéraire - tiki #88

  • La découverte

     

    Kikou, les djeuns !

    Veinées de sekoya
    les mains
    reposent
    sur l'amas, begonia
    glaïeul
    et rose
    tonsures du jardin
    où l'automne sang vient
    mettre le feu aux poudres

    Elle, veut en découdre
    avec le grain à moudre
    contre le frais matin
    contre les pieux chagrins
    ce bon gros pain au four
    comme fait exprès pour
    reprocher au soleil
    de déserter sa veille
    sur les chemins qui vont
    et viennent au salon
    de ce petit vallon
    où la maison résiste
    à la fin de la piste
    que n'empreinte personne
    quand l'été déboulonne
    sa toile d'encres bleues
    que fatiguent les yeux
    à se méfier des pierres
    et depuis que sont morts
    les hommes venus vers
    ou venus de son corps

    L'aïeule a pris le pli
    du rideau pour partie
    s'en recouvre le nez
    tente de regarder
    en bas, la vie qui passe
    bruisse, nauséabonde
    et fait sa dégueulasse
    frontière fière et loin
    de la petite impasse
    au bout du monde
    au coin

    Mais où est le jardin ?
    Où sont les monts certains ?
    Et son Pierre qui tarde !

    Que ça lui monte au nez,
    moutarde !
    Et, non ! Elle a dit non !
    Elle ne retiendrait plus jamais de leçon

    Veinées de sekoya
    les mains
    reposent
    sur l'amas, begonia
    glaïeul
    et rose
    au tablier inerte
    criant d'anonymat

    Nécrose et ventre plat
    que dit la découverte ?
    Ah...

     

     

    tiniak - carnÂges © 2010 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

  • Ni ni

    « ...mais il faut cultiver notre jardin. »
    Dieu, d'accord... mais d'un œil
    et pas dans mon cercueil
    je n'en désire aucun
      Nu, sous l'amas de feuilles,
      c'est bien

    D'un œil, oui... mais qui passe
      rougi de guerre lasse
    avant de pointer l'autre
    et son brillant cortège d'apôtres

    Qui passe sans rien dire
    Non ! sans rien commenter
    des ceci et cela qui firent la journée
     - du Sinn ?
       Pas sûr...
    Certains n'auront jamais goûté Sa confiture

    Tant qu'on y est, pas de Maitre
      Merci, non, ça suffit
    J'ai pour l'évanescence
    idée d'une magie plus pure
    Oh, pas de quoi aller chanter
    les deux pieds dans l'ordure
      Juste, la flamme est vive
    et dégage au souris la canine incisive

    Maître, non, pas d'accord...
    Injonctions carnassières
    Théâtre d'Ombre et Sorts
    Mépris, hargne foncière
    Trop connu, le décor !
      Mais, à l'encontre
      allé à ta rencontre
      me mettre à m'Être encore

    Pas d'accord sans civilité
    de partage sans amitié
    de respect sans hommage
    ni aucun avantage
    Voyer le boulot à fournir !
    Debout, Voltaire ! il faut mourir
      élevant haut la main
      relire :
    « ...mais il faut cultiver notre jardin. »


    tiniak - Ruades © 2010 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK