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  • southern red woods

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    je t'avais suivie, à travers Gahenne

    jusqu'à sa frange méridionale

    bordée d'arbres nains aux feuillages sang

    de puiser le sang au pied meurtri

    sur la terre où l'ocre jaunit

    je t'avais suivie, mais je t'ai perdue

    comme convenu, juste à la lisière

    un regard encore avant la misère

    et tu disparus, allure légère

    sourire éphémère à la jambe nue

    je gardais pour moi cette goutte d'or

    ce bouton des trois entre tes épaules

    nous savons tous deux quel heureux trésor

    perle de la mousse que l'on frôle

    à ce jeu de rôle, il n'est de plus fort

    je gardais pour moi le chant de Gahenne

    et son accent méridional

    tu courais déjà la frange rousse

    piétinant la mousse et la feuille morte

    allant, jambe nue dans sa gaine d'ombre

    allant, jambe nue rejoindre le nombre

     

    © 2008 tiniak (nobert tiniak) DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

     

  • éloge de la paresse

    (en réponse à "Yapluka" de Charitixx) 

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    ça oui, de ne plus rien devoir faire
    me va bien
    une fois qu'il y eut tant à faire
    après, rien
    t'inquiète, j'en ferai mon affaire
    et puis, tiens
    qu'il soit impossible de ne rien faire
    ne m'est rien
    il y a toujours quelque chose à faire
    après rien
    mais avant
    avant tout
    ne rien avoir à faire du tout
    ce que l'on attend de nous
    être enfin à ce que l'on ne fait pas
    vraiment soi

    inspiré par la note de CHARITIXX - tiniak le niak(oué!)

  • Jardin secret

    D'un cric et d'un crac dans la serrure
    la petite clé s'affaire.

    Pas sûr, pas sûr, dans l'entrebaillure
    bien joli-joli le mystère.

    Que n'a-t-on pas dit déjà au village
    bien avant le mariage ?

    Des mariées sept, mais pas une en fait
    que l'on ne revit davantage.

    La première était, dit-on, benette
    et s'allait cul par-dessus tête
    dans tous les coins où dressé le foin
    offrait de lui compter fleurette.

    La seconde, plutôt gironde
    savait fort bien mener sa barque
    et sa faconde de Joconde
    n'avait rien à envier aux Parques

    La troisième était une inconnue
    qu'on voyait traîner dans les rues
    toujours chantant pour les mendiants
    la cuisse à l'air et le sein nu.

    La quatrième était grand bourgeoise
    assez portée sur la cervoise.
    Tout son négoce arrosa la noce
    à force ripailles grivoises.

    La cinquième avait le teint livide
    qu'on ne voit qu'à ceux qu'on lapide.
    On murmura qu'elle était morte
    avant d'avoir passé la porte.

    La sixième fut notre voisine
    roulait son cul dans la farine.
    Celui qui y mettait les mains
    se retrouvait dans le pétrin.

    La septième avait les yeux vairons
    et ne connut pas de garçon
    tant il est vrai qu'elle préférait
    farfouiller dessous les jupons.

    Ma soeur, ma soeur, vois, je n'ai pas peur
    et déjà la porte s'ouvre.

    Mon doux seigneur, ne saura dans l'heure
    pas l'endroit où je me trouve.

    Mes yeux curieux se veulent tous deux
    être mon premier ministre.

    Ni une, ni deux, j'investis ce lieu
    bien obscur et sombre et sinistre.

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    [Timor photograVe - clic!]

    © 2008 norbert.DUKOU.ZUMIN.&ditions.TwalesK.tiniak

  • Nat Key Song

    (en lointain écho à "Glou Glou" de Natyot)

    blue, blue,
    je ne sais pas nager
    j'ai bien cru y rester, blue
    noyé(e)

    à cru
    je ne sais pas monter
    sur les vagues démontées
    dont tu aimes te griser

    mais
    j'ai vu
    comme tu faisais ton trou
    comment t'aller trouver où
    tu m'as laissé(e)

    et
    j'ai su
    comment tordre le cou
    au commentaire âpre et coup
    de gueule cassée

    flou, floue
    me verras-tu passer
    me lerras-tu flouer
    tout
    ce qui est resté
    quand tu m'as laissé

    blue,
    baby blue avorté
    avant d'avoir su porter
    ses rêves jusqu'au bout
    de la jetée
    tu m'as jeté(e)

    [rage!]
    ...
    [paix ?]

    blue,
    je ne sais pas nager
    j'ai bien cru y rester, blue
    je me suis vu(e) noyé(e)

    blue,
    mais je les ai domptées
    les vagues échevelées
    de la destinée

    [rage!]

    © 2008 DUKOU ZUMIN &ditions

  • Le jour du poisson, fuite

    deb5436853c4bd23e170959fdd8d742e.jpgJ'aime une baleine
    calée dans mon port

    à l'heure incertaine
    où le monde est mort ;

    j'aime sa bedaine,
    son corps long et fort

    loge des sirènes
    et d'autres trésors

    J'aime une sardine,
    ce menu fretin

    au bout de ma ligne,
    s'en va et s'en vient ;

    j'aime sa queue fine,
    son rire assassin

    gave de rapines
    son joli maintien

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    J'aime une rascasse
    dont les yeux si doux

    piègent dans la nasse
    tous les vieux mérous ;

    j'aime la besace
    autour de son cou

    j'y boirai la tasse
    qui me rendra fou

    C'est pourquoi, je vous le dis
    j'ai horreur du vendredi!

    et pourquoi je dis encore
    vendredi, mangeons du porc !

     

    #234 - tiniak le niak(oué!)

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