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  • usurpation d'intimité

    Nut nut

    Le silence est propice au glissement de l'heure
    J'y viens en chapardeur piller ta rêverie
    Je dérobe ton souffle et m'en fais des charpies
    pour duveter l'aurore

    Engourdie de chaleur ta silhouette vogue
    un lointain épilogue au-delà du réel
    J'en contemple la rive aux dessin caramel
    et plantureuses formes

    Même le dos tourné, je connais ce sourire
    Il est sans avenir ni ne m'est destiné
    D'où je feins le plaisir de me l'approprier
    comme l'aube éphémère

    Je te bavarde un peu la nuque, d'un murmure
    t'arrache une réponse au langage incongru
    grondant depuis un monde où le monde n'est plus
    qu'un mitoyen empire

    Familier, ton parfum odore le drap lourd
    où nous faisions l'amour quand c'en était le lieu
    Il embaume la chambre où je ne jette au mieux
    qu'un œil usurpateur

    Je déserte l'endroit, son intime censeur
    sans sueur
    sans effroi
    attiré au-dehors par la lueur qui croît

     

    tiniak - carnÂges © 2010 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    Illustration graphique : Bourjon

    mmmff

    Illustration sonore : Beirut

    (oui, je sais... Y avait Cliquot "What melody will lead my lover from his bed..." tsa tsa, mais c'est ma 900ème note... alors, bon... déjà que je vous refourgue pas Forks And Knives... et que, oui, oui... pour Janec', ce serait plutôt In The Mausoleum... Oh, eh....'fais quoi j'veux navec... ma 900ème, dis)

  • Juliette sans abri

     

    412680842.jpg

    Pauvrette
    la chanson que tu as en tête s'articule
    sur l'axe fatigué des tes nœuds et rotules
    où s'arriment
    tes membres décharnés par le manque d'estime
    chacun d'eux si inversement proportionné
    aux plis sous le manteau de ta chair boudinée
    qu'il te pèse
    - quand à leur approche des autres les yeux biaisent
      ton regard,
    de charrier sur le boulevard

    Pas à pas, sombre silhouette
    la chanson que tu as en tête
    défigure
      les rideaux d'aciers tirés sur les devantures
      les néons morts, les chats trop sales
      les taches sur la neige pâle
      les guéridons les pieds en l'air
      et le chien-chien à sa mémère
      qui pisse un coup
      pendant que l'autre pigne et peste à l'autre bout
      "Comme en '40 !"
    Déjà tu plonges ta dérive vers l'Atlante...

    "Oh, marin ! Marin...
      tu soupires
    "Marin ! Marin ! reviens me dire
    "les parfums que l'or dans l'azur
    "agite par les ouvertures
    "Oui, celles qui donnent en plein
    "sur l'océan qui te retient
    "et te respire
    "quand j'ai, le ventre dans les mains
    "rempli de rêves à venir,
    "besoin de rire"
     

    Adieu, vent mauvais, dents qui claquent
    et toute la carne patraque
    La chanson que tu as en tête
    fredonne ton nom : Juliette.

    gaëna da sylva,hiver,juliette,tiniak,dukou zumin

    tiniak - Ruades © 2010 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

     

    Illustration et médaillon :
    "Hiver..."
    © 2008 Gaëna da Sylva, photographies

  • blink

    poésie,œil,totalitarisme,contemplations

    Une seconde, pas plus
    vaste monde connu
    mon œil exponentiel
    renvoie l'obscur oubli
    à son mortel ennui
    et s'invente le temps de voir
    lumières en miroir
    ton regard bien en face
    dedans, l'espace

    tiniak © 2010 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    17/01/2011

  • satisfecit

    3-figurine-marin.jpgVentripotent et satisfait
    mon rêve de ta carne sait
    l'intérêt et le dividende
    qui valent que je vilipende
    tout le soûl
    que j'ai de te voir du ciel tomber à genoux
    pour me présenter ta sébile
    au lieu de dandiner, fière, ton cul de fille

    Ah, pauvrette !
    Plaise à mon chien que jamais jamais ne s'endettent
    l'un envers l'autre
    nos cœurs et âmes
    Allons-nous, plutôt un à un, pour que se vautrent
    dans l'abandon des bacchanales
    entre nos yeux, nos mains, ton pénil et mon pal

    Francs du collier comme du sang
    aimons-nous dans le vif instant
    qu'à flanc de port
    les matelots chantant sourient à nos transports

    Aucun écho d'aucun écot
    ne tinte sur l'embarcadère
    Ne sois pas ma pute à gogo
    je ne serai pas plus ton pair
    que ton égal
    dans l'accord premier de la femelle et du mâle

    Finissons-en des tractations
    Joyeuse-m'en, des allégresses !
    Précieuserai ton rubis con
    l'entier logé entre tes fesses
    avec allant
    et dans la vapeur magmatique de nos sangs

    Orchestrons-nous de cris en râles
    chacun son tour à la baguette
    et, dans ce concert à tue-tête
    dramatisons d'originales arguties
    pour le ravissement des complets appétits
    que vocalise
    notre souverain oubli des Qu'On Se Le Dise

    Je me ferai ton incendiaire
    si tu daignes jouer au pompier
    garder tes socquettes aux pieds
    au nez, tes lunettes sévères sous ton casque
    aux reflets rougeoyants de crinière de masque
    C'est magie !
    comme se font ludiques nos hypocrisies

    « Après toi... » ? « Après tout... » ? Mais non !
    Sachons que nous n'en ferons rien
    Tu m'as vu promener mon chien
    Je connais tes fausses raisons
    C'en est fini, allez ! c'est dit, des révérences

    D'autres auront à se charger
    de dresser le bûcher en place
    publique, avec la populace
    en rang d'oignons, la main levée
    prête à scander, salace curée ! la sentence

    Nous ne sommes pas d'un pays
    où passion se vit au grand air
    Pourtant, remettons le couvert
    Nous devons nous aimer ici
    sous la menace
    d'un siècle d'ordre et d'opprobre aux jurons pugnaces

    Foutons-nous-en !
    Hier ni demain ne seront le vif instant
    qui nous emporte
    ayant pour nous la complicité grave et forte
    des marins
    groupés, dos tournés, pour nous préserver du grain

    ugv9bvho.gif 

    tiniak - carnÂges © 2010 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

     

  • animal chantier

    DelphesFlaque laiteuse
    un long janvier
    traîne des pieds
    son moindre mal

    la mer étale
    a son collier
    d'algues liées
    frise, noueuse

    Sur sa vague libidineuse
    un soupir me prend à la gorge :
    quel roman, ce Petit Grain d'Orge
    va-t-il, au sein de la berceuse
    que, malheureuse, vous chantiez
    déloger pour son animal ?

    Frise noueuse
    en bouclier
    à ton collier
    de chair, étale

    un long signal
    qu'épris, j'enviais
    quand je t'épiais
    de ma chauffeuse

    Solitairement licencieuse
    attisant un brasier de forge
    à bout de sein, à pleine gorge
    en explorations rigoureuses
    du linge, alentour, en chantier
    jusqu'à ton vertige optimal

    Et de plus belle
    au long janvier
    vous m'enchantiez
    d'une berceuse :

    « Donnez-lui donc
      un p'tit grain d'orge
      un p'tit grain d'orge
      et l'enfant s'endort  »

    Delphine RIFFARD, plaisir solitaire

    tiniak - carnÂges © 2010 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK 
    Illustrations : Delphine RIFFARD, alias Delphes