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  • poing d'ordre

    Sur trois points de suspension
    1d8dfcad7961b7180ea3c5449d2dfc82.jpg (cyprès, portail et balcon)
    du jardin à la maison
    un fil tendu tout du long
    intrigue fort le mainate
    rentré des Monts de Carpate
    découvrant l'installation

    " Bon, dis-moi, c'est quoi ce fil ? "
    demande le volatile
    " Ah, je te le donne en mille "
    lui répond de son baril
    un tiniak échevelé
    l'air patraque et mal rasé
    plutôt d'humeur versatile
     
    " - Je crains d'avoir deviné,
    fait le mainate agacé.
    Tu finis par m'inquiéter.
    Viens te changer les idées!
    7bb1033293fc444e58e0f9538de7ca68.jpg   - Pas dans les Bois de Gahenne!
    J'y vois partout des sirènes "
    gronde un tiniak enroué.

     " Pourtant tes chants sont meilleurs
      pleins de morgue ou pleins d'ardeur
      quand tu sais plonger au coeur
      de cet endroit enchanteur.
      Allons, maître, secoue-toi.
      Allons, rêve et donne-moi
      de quoi m'occuper dans l'heure. "

    " Nan! J'ai mieux à faire ici.
      Je recycle les écrits
      retrouvés dans mon fourbi ;
      de la prose, je te prie. "
    tiniak puérilement boude
    prenant appui sur ses coudes
    dans son baril avachi.

    97c620057f1db339f9a0493eb9e71054.jpg Le mainate siffle alors
    " Maître, revois-tu ce corps
      piétinant les hellébores
      et s'adonnant haut et fort
      à de suggestives danses
      torrides comme une transe ?
      Il n'est de ceux qui s'ignorent! "

    Le mainate piaille ensuite
    " - Maître, vois-tu qui s'invite
    caressant les amanites ?
      - Non... 'vois pas! Berthe, ou... Edith ?
      - Mais non, c'est le vent marin
    qui rapporte du lointain
    des embruns hermaphrodites "

    " - 'Prends pas tes airs de martyr
    l'oiseau, je te vois venir!
    Va chercher mon gant de cuir,
    et cesse de m'étourdir "
    Maître et oiseau se préparent
    l'un pétillant, l'autre hagard
    mais tous deux sûrs d'aboutir

    Au terme d'un court voyage
    tiniak redevenu sage
    se tient devant un rivage
    qui lui redonne courage
    " - L'oiseau, tu sais, j'ai grand faim! "
    (ce pour quoi l'oiseau sait bien
    se mettre à son avantage)

    " Je m'en vais planer plus haut.
    Il se trouvera bientôt
    quelque tétin ou cuissot
    quelque fessier rond et chaud
    à rabattre jusqu'à toi ;
    chante un peu et attends-moi
    bien allongé sur le dos "

    Sans trop se faire prier
    tiniak se met volontiers
    à rêvasser, fredonner

    quelques tendres mélopées
    l'océan accompagnant
    son esprit vagabondant
    vers l'horizon irisé

      Il n'a pas fallu une heure
    hors de toute peine et peur
    pour percevoir les odeurs
    les pas et le ton rieur
    des proies que le bon mainate
    de l'aile ou bien de la patte
    guide vers leur prédateur 

    f8811f582367320256c4bc1d8cd1666a.jpg Il en fallut deux de plus  
    pour que ces cons et ces culs 
    ne soient plus des inconnus 
    mais des complices charnus
    et qu'enfin rassasié 
    tiniak se mette à rimer
    comme on ne l'attendait plus

    " Puisqu'il n'est jamais trop tard
    pour écraser les cafards
    ayant satisfait
    mon dard
    je puis reprendre mon art
    lâcher mes vers tout de go 
    me saoûler de vertigo
    et repartir dare-dare "

    76b841edddbd903f68e6661ee3e8309c.jpg " Fais donc ça, dit le mainate
    et sans me graisser la patte
    sans jouer les acrobates
    tu sais que je garde Catt'
    pas loin dans mon lot de rimes
    qui ne supporte ni frime
    ni le moindre psychopathe "

    " De cela je te sais gré.
    Si je me suis égaré
    à jouer le veuf éploré
    tu sais comment raviver
    mon joujou de tac-au-tac
    mon bagout de tout-à-trac
    qui t'a toujours fait marrer "

    " Aussi, Maître, brisons là!
    Comme au temps des cattleyas
    lâchons nos mots quels qu'ils soient
    et qu'advienne ci ou ça
    de la poule sur son mur
    rien n'arrête d'aventure 
    la vigueur de nos blablas " 

    " Ah, ça! L'oiseau, tu dis vrai
    ceci n'a que trop duré!

    Vois, je m'en vais débrancher
    ce qui me tenait lié
    et m'empêchait d'entrevoir
    ni solution ni espoir
    où il n'est que d'être entier

    car au fond, en toute chose
    et quelle qu'en soit la cause

    (délicieuse ou bien morose  
    rageuse ou à l'eau de rose)
    il est un rien de futile
    qui attend au bout du fil
    qu'enfin quelqu'un vienne et ose... "

    Le mainate : " - Lui mettre un bon coup de poing ?
    tiniak : " - Tsi hi! ... lui faire du bien! "

    tiniak le niak(oué!) 

  • Unfinished Sympathy

    MASSIVE ATTACK

    [Shara Nelson]

    I know that I've imagined love before
    And how it could be with you
    Really hurt me baby, really cut me baby
    How can you have a day without a night
    You're the book that I have opened
    And now I've got to know much more

    The curiousness of your potential kiss
    Has got my mind and body aching
    Really hurt me baby, really cut me baby
    How can you have a day without a night
    You're the book that I have opened
    And now I've got to know much more

    Like a soul without a mind
    In a body without a heart
    I'm missing every part

    à (ré)écouter...

  • Calembourmédienne

    Quand, le Week-End venu, se ruent vers la campagne

    les saturés d'azote et les anti-grèvistes

    Paris serait à peine revêtu d'un pagne

    sans l'aimable présence de Fanny, pigiste.

      

    A l'heure où le sapeur boit sa prime-jeûne, est-ce

    à dire que l'on est privé de toute ivresse ?

    Non! Et que tout ceci soit dit bien haut et fort

    car il est chez Fanny, de quoi jouir encore

    au temps présent, riant, qui gravite alentour

    des mots de Berrebi quand Fanny cale en bourg.

      

    Sa voiture est usée, elle en a fait l'annonce

    mais peut s'en amuser, ne manquant pas d'une once

    de ce qui nous la rend tellement nécessaire

    le bourg peut bien attendre et Fanny boire un verre.

        

    Le bourgogne, en revanche a toutes ses faveurs

    aucun port sur la Manche ne lui tient à coeur

    ou peut-être Deauville et ses calembredaines

    où Fanny y pourrait paraître en comédienne

    et gagner l'affection d'un Gotha parisien

    s'il savait seulement rire de tout et rien.

      

    Paris, réjouis-toi donc! Quelque part en tes murs

    réside sans faconde une fille à dent dure

    dont l'esprit décapant et le verbe léger

    savent percer tes ombres et tes fatuités.

     

    91dff8b6a62e2151b9661901a97c9945.jpg

    tiniak le niak(oué!)

  • Pagan Poetry

    73f512f0385e6a3d45d1460e299c08ae.jpgAux Bois de Gahenne, sous les frondaisons
    devant la robe pourpre et l'oeil profond
    venant perdre en ce lieu toute souffrance
    et, à l'abri des dieux, mener la danse
    entraînant dans ses pas esprits et bêtes
    tout ce qui vit là se joint à la fête
      
    Le joyeux rigodon parvient au coeur
    du bois, se met en rond ; une clameur
    jaillit de l'assemblée. L'unique note
    agit comme le fait un cataphote
    dans l'ombre Gaëna se place au centre
    de l'étrange agora tenant son ventre
      
    Sa longue robe glisse à ses pieds nus
    et voici Gaëna seule à la vue
    de tous, les bras au ciel sous les grands arbres
    qui, n'étant ni de gel et moins de marbre
    lui font un courant d'air plus confortable
    de sorte que sa chair fût inviolable
     
    De sa gorge s'évade un chant serein
    une païenne aubade au jour qui vient
    le chant de Gaëna est une invite
    connue de tous ceux dont le coeur palpite
    au sortir de troubles obscurités
    comme aux côtés de l'être tant aimé
      
    984c8558f736af6fb81dfb2a982e1deb.jpgLe charme mélodique opère alors
    dès que l'ombre le cède aux reflets d'or
    des nuées penchées sur l'orée du bois
    où le prédateur embrasse la proie
    dans une vibrante explosion d'harmonie
    autour de Gaëna renaît la vie
     
    Aux Bois de Gahenne, sous les frondaisons
    la reine païenne aura eu raison
    des peurs incertaines comme des frimas
    ombre, haine et peine ne résistent pas
    au doux chant de Gaëna

    norbert tiniak © 2007 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    texte inspiré par une photographie
    extraite de LA CHAMBRE NOIRE de Gaëna