Aux Bois de Gahenne, sous les frondaisons
devant la robe pourpre et l'oeil profond
venant perdre en ce lieu toute souffrance
et, à l'abri des dieux, mener la danse
entraînant dans ses pas esprits et bêtes
tout ce qui vit là se joint à la fête
Le joyeux rigodon parvient au coeur
du bois, se met en rond ; une clameur
jaillit de l'assemblée. L'unique note
agit comme le fait un cataphote
dans l'ombre Gaëna se place au centre
de l'étrange agora tenant son ventre
Sa longue robe glisse à ses pieds nus
et voici Gaëna seule à la vue
de tous, les bras au ciel sous les grands arbres
qui, n'étant ni de gel et moins de marbre
lui font un courant d'air plus confortable
de sorte que sa chair fût inviolable
De sa gorge s'évade un chant serein
une païenne aubade au jour qui vient
le chant de Gaëna est une invite
connue de tous ceux dont le coeur palpite
au sortir de troubles obscurités
comme aux côtés de l'être tant aimé
Le charme mélodique opère alors
dès que l'ombre le cède aux reflets d'or
des nuées penchées sur l'orée du bois
où le prédateur embrasse la proie
dans une vibrante explosion d'harmonie
autour de Gaëna renaît la vie
Aux Bois de Gahenne, sous les frondaisons
la reine païenne aura eu raison
des peurs incertaines comme des frimas
ombre, haine et peine ne résistent pas
au doux chant de Gaëna
norbert tiniak © 2007 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
texte inspiré par une photographie
extraite de LA CHAMBRE NOIRE de Gaëna