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temps

  • terne air

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    poésie,trois Parques,enfance,vieillesse,temps

     

     

    Je t'ai vue - la première foi, légère
    et le pied enfantin
    tu me donnais la main
    du rire entre les doigts

    Il m'a paru si clair que c'était toi
    quand je t'ai vue à la seconde
    dans le suspens du monde
    tu m'accordais ta main

    L'ombre est plus douce à regarder, ce soir
    C'est l'automne et l'On sème
    Des Barques, la troisième
    avance et viens pour moi

    Je t'acquitte, ma chair, à cet endroit.

     

    tiniak © 2010 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

  • Lettre aveugle

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    watcha waiting 4?

    Le temps m'aura manqué
        peut-être à l'abribus
        peut-être avant la pluie
    peut-être au moment même où, se voyant réduit
    à ce pli cacheté au sceau de l'abandon
    il se préféra lettre
        aveugle, sans fenêtre
    et devoir s'en remettre à plus humble parti
    sans autre garantie que sa destination
    ne déroute un espoir
    et se voie signifier fin de non recevoir
     
    Au retour du courrier - voyez la bell' nature !
    la valse des regrets tourne à l'investiture
    et forme ces projets :

        Si j'avais le temps dans la poche
        je marierais Poucet à la Mouche du Coche
        qu'ils émiettent le mien sur la neige
        au passage fantoche de leur cortège

        Si j'avais le temps pour voyage
        attellerais mon rêve à son fol équipage
        et d'en piétiner les firmaments
        confierais au chaos comme à la nuit je mens

        Si j'avais le temps comme rive
        clapoterais du pied dans sa fraîche salive
        et de humer au vent son haleine
        accorderais mon sang au chant de la sirène

    Mais le temps, je l'ai dit, m'aura manqué ce soir
    et je n'ai qu'une lettre sans nom dans la poche
    Les fenêtres bientôt moucheront leurs encoches
    en tirant sur la rue des plis de velours noir

     

     

    tiniak - Ruades © 2010 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

    DDS + Impromptu Littéraire - tiki#95

  • Le compas

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    compas.jpg

    Six fois soixante et douze en voici cinq cent quatre
    et non pas les sept cents que nous disaient les Pâtres ;
    ainsi, en comparant l'état du ciel d'alors
    à celui du moment, Voltaire fit l'effort
    de la démonstration par le biais d'une lettre
    qu'en matière de temps, mieux vaut dire "peut-être",
    "c'est possible après tout", "en ces temps reculés..."
    ou bien, avec prudence : "je n'étais pas né" ;
    car il est difficile d'ouvrir un tiroir
    de la commode empire où nous rangeons l'Histoire
    sans se voir aussitôt le museau agressé
    cherchant une charlotte et trouvant, tout crotté
    un manteau de Poilu exhalant la charogne !
    Notre Histoire n'est pas de ces poupées gigognes
    qu'On emboîte à ravir, pédagogiquement,
    par souci d'insuffler à nos sages enfants
    le méritoire goût des généalogies ;
    l'Histoire est un compas dont l'axe se déplace
    et trace des rosaces comme un malappris !

    Ceci posé : galères ! ...drakkars ? ...galions ?
    passons-nous de compas pour la navigation
    interrogeons nos glandes !
    et tâchons qu'au récit le souvenir commande...

    J'étions pas né, disais-je, on parlait dans mon dos.
    Il tombait comme neige une averse de mots
    à n'y piquer que dalle !
    - notez qu'à ce moment, je ne m'en trouvai mal
    ni même chagriné, puisque je n'étions guère
    qu'un projet de rupture au sein rond de ma mère
    mais passons ce détail...
    L'On rappelait, disé-je, une antique pagaille
    avec des dieux marrants et d'autres beaucoup moins
    - il en est de marrants, j'insiste sur ce point ;
    demandez à Anouilh...
    Ça buvait force vin, ça se grattait les fouilles,
    contestant au passage un certain Champollion
    dont j'appris bien plus tard à épeler le nom,
    le tout faisant très Bouffe
    - n'étaient, comme couru, les poux parmi ces touffes.
    Pour tromper son ennui, d'aucuns s'en cherchaient d'autres
    dans la barbe fleurie, le plastron qui se vautre
    ou le joli minois ;
    ça se les arrachait avec les dents, les doigts,
    jusqu'à cet importun, frais promu demi-dieu,
    qui en trouva au cul de l'hôtesse des lieux
    - ça, il fallait pas faire !
    Son époux protesta de toute sa colère
    et tempêta si fort que, cul par-dessus tête,
    précipita tout un, convives, fat, belettes
    allez, hop ! sur le monde !
    La pagaille au banquet vint à son paroxysme
    et l'On débarrassa bien vite tout le ciel
    en n'y laissant traîner qu'une nappe de miel
    dans un bon peu de lait.

    Sur Terre, c'était cuit, je vous dis, pour la paix
    des méninges, des cœurs et de tous les pays
    qu'On inventa dans l'heure (un peu avant midi)
    pour se faire la guerre.
    Elle fut déclarée - par qui ? allez savoir !
    mais dure encore au point qu'On dût créer l'Histoire
    et la Bibliothèque.
    Ça partait d'un bon fonds... c'eût même été pratique,
    mais c'était sans compter sur l'âme bordélique
    et tous les fainéants qu'On chargea de la tâche
    - et voyez : la bombe H !...
    le massacre des peuples... les autodafés...
    la confusion des genres, le zèle appliqué
    d'obscures mécaniques délocalisées
    ou concentrationnaires...
    ça ne servit de rien ! Ni l'homme ni la terre
    ne supportaient l'idée d'être mis dans des cases.
    L'On fut même tenté d'en faire table rase
    et l'On se ravisa ;
    le passé, conservé, présente quelques charmes :
    des Baigneuses, des tons et le jambon de Parme,
    pour n'évoquer que ceux que j'aurais en partage
    quand j'attendrais mon âge,
    quoiqu'on n'en fût pas là - certes, c'est pour bientôt,
    mais il est incomplet, l'inventaire des mots
    que l'On dit dans mon dos jusqu'avant ma naissance
    dont je nourris ma stance.

    Qu'un coup de dé jamais ne finisse au placard
    vaut que l'On interroge et les fruits du hasard
    et les présupposés que l'On prête au destin...
    L'Histoire... son festin.

    Y eut-il un jour autre chose que le jour ?
    La Guerre de Troie fut-elle un long chant d'amour ?
    Et madame Hitler connut-elle monsieur K. ?
    L'Histoire ne le dit pas.
    C'est ici que j'apparus et naquis à la conscience,
    dans le conflit cru du savoir et de mes sens.
    La radio diffuse un curieux communiqué :
    « La bombe, c'est du passé ».
    J'allais pour ranger mon compas dans mon cartable
    et me demandai quoi tenir pour véritable.
    Quelque temps après, je ne pus au tableau noir
    dire ma leçon d'histoire.

    dés.jpg



    tiniak ©2010 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK.

    Champollion_-2GIF.JPG

  • mémoire et le rêve

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    Olà, du bastel !je suis pas que beau

    Mémoire,
    pâte à modeler l'histoire et ses fleurs fanées
    qu'un regard voudrait savoir encore embrasser
    sans le pouvoir jamais
    Mémoire, où suis-je allé ?

    Ai-je fendu les eaux du lac
    dans un canot à grands carreaux
    jeté sur cette longue flaque
    bordant le caniveau ?

    Ai-je succombé aux attaques
    de canons crachant des calots
    cent fois sur le parquet qui craque
    à chacun des assauts ?

    Ai-je secouru la Florence
    la Virginie ou la Manon
    dans l'opportune renaissance
    d'un carré de buissons ?

    Ai-je gravé le nom de France
    sur un buvard ou sur ce tronc
    de peuplier où je balance
    entre rire et mouron ?

    Ai-je noyé dans l'air humide
    aux pieds bronzés de Duguesclin
    mon arrogance aux poches vides
    de transports en commun ?

    Hue, cocotte !Ai-je perçu de l'Atlantide
    vibrer sans fin dans le marin
    un chant de sirène fluide
    ou l'écho de mon plaint ?

    Mémoire, ne dis rien
    ne parle pas, sur le chemin
    avance un rêve, le mien
    j'y suis bien davantage, serein

    tiniak ©2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK