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éclusive - Page 3

  • mauvais sang

    Voici ton heure, mauvais sang
    l'heure de pointe au cheveu blanc
    témoin de nos fronts déclinants où s'agglutinent
    écot versé à la tontine
    l'hypothèque et la mise en gage
    des ruines laissées sans partage en servitudes
    où palissent les sourdes inquiétudes
    que nos mains ceignent
    en n'osant tirer trop fort sur le peigne

    C'est le moment des vilainies

    crachées de sous les vieux tapis
    par l'odieux serpent qui déplie ses annelures
    et nous jette en pleine figure
    un vin coupé de limonade
    avec ce goût de jérémiade acidulée
    lent venin sous le derme accumulé
    sans que s'en plaignent
    ni la vampire sangsue ni la teigne

    Au temps mauvais
    des ciels de lait
    plus crus que crème

    Tout s'est perdu

    de ce qui sut
    dire "je t'aime"

    Et revoici

    au cheveu pris
    dans le miroir

    Le mauvais sang

    qui désapprend
    le cher "bonsoir"

     

    dechir-mur.jpg

    tiniak © 2010 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

  • logorrhée

    (Délit de verbiage)

    Pec30marasme.JPG

    Des logorrhées libératoires
    j'en ai des baquets plein la cour
    où trempent des bris de miroirs
    surnagent de vaines amours

    Ça fume un peu au crépuscule

    - vous choisirez : matin ou soir,
    tout :  le délit des tubercules
    le jus des yeux usés d'y voir

    le ciment boueux des paroles
    dont l'effritement s'agglomère
    avec les serments à la colle
    et les pitoyables prières

    J'en ai aussi pour mes humeurs
    et mes envies de gris sourire
    aux appétits enjoliveurs
    dispendieux et pince-sans-rire

    Ça ploppe, ça nauséabonde
    ça flatule des afflictions
    peinées que la Terre soit ronde
    et l'univers en expansion

    De regrets point, mais que de rages
    au goût de revanche avortée
    litanie des faibles courages
    l'enthousiasme procrastiné

    Dramaturgiques abreuvoirs
    sièges d'auréoles aveugles
    bouches bées crânes, cernes noirs
    qui ne pleurent plus ni ne beuglent

    Votre silence abasourdi
    soit le Cri de Munsch en suspens
    affligeant de catatonie
    l'aliénation du sentiment

    À vos stupeurs de gélatine
    viennent s'empêtrer les marasmes
    de vos capitales lettrines
    aux totalitaires fantasmes

    Ce trop plein d'aigreurs qui m'encombre
    la vue, la poitrine et le sang
    j'en régurgite la part d'ombre
    au comble de l'écœurement

    D’un baquet l’autre, mes crachats
    curent mon esprit saturé
    de gras et pompeux postulats
    m’exonèrent d’une saignée

    À mon tour de verser des fleuves
    jusqu'aux chimers océantiques
    pour faire à l'Aujourd'hui peau neuve
    et manifeste poLétique

    Je sais comme la Terre est plate
    - sinon, quels sauts dans l'inconnu ?
    Adieu, Corbeau ! Siffle, mainate
    le ciel à la jupe fendue

    J’écoute le chant du vivant
    bruire son ample symphonie
    de la fourmi à l’ouragan
    sur le bourdon des tectonies

    Je bois des pluies de météores
    les brandons perdus pour l’enfer
    leur cuivre est plus propre que l'or
    à nous apporter la lumière.

     

    tiniak © 2010 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Impromptu Littéraire - tiki#76.

    Illustration : Jacques PECLERS, dit Pec (1930-2000)
    Toile "avortée", initialement intitulée Marasme.

  • vit de chien

    Mon chien promène
      de vide en vide
      sa queue humide
      sous son ventru

    Il a lancé un mot en l'air
    en a fait tomber une femme
    (je n'en fais pas un drame
    tout juste quelques vers)
    Voilà tout le mystère
    que lui envie mon âme

    Laisse en main, oui,
    mais - Tu m'entendes !
    si c'est lui qui commande
    autant boire le vin
    que répandent les seins
    de Gorgones en sarabande

    Règne canin
    va, suis le train
      de tes folles histoires
      aux plaisirs exutoires
    et souffre que j'aille le mien

    Car s'il est dit que j'ai du chien
    c'est pour la signature
    par quoi je clos mes aventures

    nik-ta-reum.gif
    tiniak © 2010 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
  • stigmates

    black-Jesus.jpgJ'ai beau cracher dessus
    revoilà mon Jésus
    aussi mal fagoté
    avec ses longs bras maigres
    et tout stigmatisé

    - qui a martyrisé
    sa belle peau de Nègre ?
    je ne l'ai jamais su... Parole !
    (quoique je fusse à bonne école)

    Je vois comme il a faim
    mais ne peut me le dire
    Je lui donne mon chien à sortir

    l'un y trouve plaisir
    l'autre quelque salaire;
    tous deux auront pris le bon air

    cependant que je goûte au repos
    de prendre le temps d'écrire un mot
    - et la Paix Intérieure ?
    je me la fumerai tout à l'heure

    Pour l'heure ?
    En sueur, je vais sur l'autre rive
    tirer un bon peu de salive
    au sein figé de la madone
    - disons, entre Grandes Personnes...

    Après ?
    Qué j'en sais ?
    Mon Jésus et mon chien rentrés
    peut-être un tarot, une coinche ?
    ...tant que ça n'est pas moi qu'on lynche...

    Et puis... et puis...
    pas vu, pas pris...
    il faudra que vienne la nuit

    D'ici là, chanter à l'envi
    Jesus loves
    Jesus loves me, my dog and my monkey

     

    tiniak © 2010 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

  • nuit canine

    Ta peau ruisselle
    ville engourdie
    mon pouls martèle
    cet ennui

    que tes ruelles
    veinées d'orange
    relient entre elles
    et mangent

    Vois, je me verse
    un tralala
    dont je me berce
    pas à pas

    HURLE.JPGQuartes et tierces
    - tout ce barnum !
    Qui me traverse
    m'assomme

    Si nulle oreille
    ne m'est acquise
    quand les sommeils
    se suffisent

    je m'émerveille
    de vivre encore
    seul et pareil
    alors

    au chien qui hurle à la mort

    tiniak © 2010 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    illustration : d'après Nicola SCOTTI, Le Hurle - 2008.