03.11.2009

braguette paysanne

Prise de terre
  entre les dents;
la faim du monde paysan
j'y pense à l'heure de la promenade
sur le bitume des villes malades
Pré  du kiosque le gazon vert
       crotté par de bonnes mémères
       aux étrons blancs et solidaires
je lévite au-dessus de son aire
  le front ceint d'atmosphère artiste
  pour un peu me ferai lampiste
  de théâtre
- drame, comme j'essuie tes plâtres

Prise de terre
  sous les pieds nus;
je titube - Eh, je n'ai pas bu !
Des forces telluriques, impies
  affolent un rang de fourmis
  qui s'égaille entre mes orteils
  dispersent le soudain réveil
  de tout mon capricieux appareil
Ruée      à travers l'échine
Détente  des plis de mon grin
Extase    phase après phase
                         et le Cri
  que tout cela m'arrache
  emplit tout ce dont je m'amourache
Et la nuit

Prise de terre
  l’œil en coin;
avec la lune
  pas loin, pas loin !
et le Centaure et la Grande Ourse
  avec le chien
qui font la course
mais c'est toujours le même qui gagne
vite à la niche des campagnes
et allez, si les cloches sonnent
(ces cloches que plus rien n'étonnent)
ça participent de la fête
(ses bourrades, sa chansonnette)
- Eh, te voici ! le bon chienchien
pour ta caresse de l'autre main

Prise de terre
  à paume pleine;
l'exilé de retour au pays
  à son ennui, son oubli de soi
  des autres
  et leur mauvaise foi 
  et puis leurs femmes
  avec leur nom
  qui s'efface d'un trait d'union
passage obligé par la vie, son cours
la grimace de ses contours

Prise de terre
  à plein poumons;
la terre est sauve
 (ben voyons :
  pas son labeur
  ni les lieux qu'on a pris par cœur)
la terre odorante
  ses berges
  près des eaux, les lumières vierges
  dans le murmure bienveillant
  des arbres
 (mais les arbres aux bras ballants)
sous le ciel glabre

Prise de terre
  aucun miracle;
je reviens à mon tabernacle
  le front gris
  le menton pris
  dans un sourire d'empathie lasse
alors la boue sur mes godasses m'apparaît
Bottes_noires_001.jpgau moment de quitter le square
(où je ne t'ai pas vue, ce soir)
puis ma nostalgie paysanne
me pousse au flanc
oui... comme un âne

Prise de terre
  (tout électrique);
je
regagne ma mezzanine
chassant de mon bras la farine

tiniak ©2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

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Commentaires

Texte empli de plis et de replis jusque dans les tags!

Ecrit par : la bacchante | 03.11.2009

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alors en fait je le trouve bizarre, ce texte.
dans un premier temps j'ai eu du mal à le lire et j'ai vite abandonné.
pis j'ai r'viendu.
et là, je l'ai lu en vrac.
pis y m'a plusse causé...

ou alors c'est moi qui suis bizarre...

Ecrit par : précarré | 07.11.2009

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GRILLE 1

Prise de terre
(...)
Pré
je lévite au-dessus de son aire
- drame comme j'essuie tes plâtres

(...)
Des forces telluriques (:)
Ruée
Détente
Extase
Et la nuit

(...)
la terre est sauve
la terre odorante
sous le ciel glabre

(...)
etc.

GRILLE 2
Prise de terre...

entre les dents
= gris sourire ; ironie ; voire, condescendance...

sous les pieds nus
= rapport physique au naturel

l'oeil en coin
= un astre parmi d'autres "yeux" dans le cosmos

à paume pleine
= la poignée de main ; la société humaine, son cirque de l'être et de l'avoir

à pleins poumons
= la respiration, ce signe de vie ; l'odeur qui charrie des souvenirs enracinés bien au-delà du souvenir

aucun miracle
= un trop bref moment de lucidité contemplative, empathique, limbique... (du "citadin" / de l'intello se rappelant à son histoire naturelle / son côté "campagnard")

... est effacé d'un revers de main.

Ecrit par : grille2lecture ? | 07.11.2009

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ouè ouè ouè...
alors bon, hein, tu vois quoi... moi, tu sais...

tout en désordre, ma lecture, quoique bien moins intellectuelle j'en conviens, charriait tout plein d'images joliment tristounes. Qui sont toujours là quand même, calées entre les grilles.

marcich' professeur niak ;o)

Ecrit par : awèdak | 07.11.2009

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bawouiche...
une grille c'est rien qu'une grille.

et la grille passée, tout le théâtre peut commencer...

Ecrit par : bawouiche | 07.11.2009

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