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  • À l'instant

    Sorrolla, L'instantanée à Biarritz

    "L'instantanée à Biarritz" de Joaquín Sorolla y Bastida (1906)

    Sa veste à Lui comme une promesse à ses pieds
    Dans l'océane agitation, le port du ciel
    L'été se réduit à l'instant que va saisir
    le boîtier que tiennent les gants du souvenir

    Fulgurance de la passion rouge baiser
    tu brûles mieux que ne le peut le franc soleil
    sur la mousseline à l'épaule, au vent légère
    ou le lin blanc couvrant la hanche accorte et fière

    Elle n'a eu d'yeux que pour Lui et nous les cache
    comme en secret Elle chérit un soliloque
    L'Europe vibre au regain de sa Belle Epoque
    et ses Lumières s'impriment de tache en tache

     

    gaëna da sylva

    Mise en regard d'un tableau impressionniste, vu à l'exposition du musée des Beaux-Arts de Caen (Normandie, France) et d'une photo prélevée sur le site de Gaëna da Sylva, photographe (Stoneham, Québec).

     tiniak ©2013 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

    Lien permanent Catégories : carnÂges 1 commentaire
  • Arrière, Saison !

    Prolongations de la saison
    les soirées traînent en douceur
    des simulacres de langueur
    aux pans ouverts de leurs visons

    Congrégation des afflictions
    dythirambe hâlée, des soupirs
    célèbrent de latents désirs
    aux estivales émulsions

    Débonnaire, un Bonhomme-Hiver
    picore déjà feuille morte
    flaque piègeuse au pas de porte
    onguent, tisane et le thé vert

    Prune amère, une idée d'en l'ère
    vogue mollement sur les toits
    n'entend pas que le monde aboie
    mais débarque enfin à Cythère

    Emballement des expédients
    l'heure est aux dernières folies
    dénichées (plutôt à bas prix)
    par les greniers vidés à temps

    Rengorgement des Ci-Devant
    sur les bancs faits pour - à la tâche !
    comme au poste-clé va la gâche
    au buvard, les émargements

    Hallali des péripéties
    dans la main, le courrier grimace
    le ciel assemble ses menaces
    et bouchonne aux périphéries

    Incurie des salmigondis
    le plat refroidit, ras le bol
    le piano tire des bémols
    et canarde l'enharmonie

    Désolation ! L'Arrièr'-Saison
    à siffler son dernier dimanche
    avec un bourguignon (de Branches)
    y laissa toute profusion

    Constellation des pantalons !
    C'est fini, les fanfaronnades...
    Rangées les tongues z'et pommades
    montent les cols sous les mentons

    arb_automne_056.gif

     

    tiniak ©2013 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Impromptu Littéraire - tiki#194 

  • Chemins, vite ! Chez toi...

    La terre chaume, par endroits
    tant les champs sont privés
    tant les champs vont, striés
    mendier sous les vent froids
    un rabiot de verdeur

    Allons, Petite Sœur
    gagner notre pain blond
    le col sous le menton
    récitant nos par-cœur

    La route dure, par moments
    malgré les raccourcis
    que, sans faire de bruit
    le Rêve nous apprend

    Allons, Possible Amour
    trois fois sur le métier
    jeter nos sabliers
    et nous lécher la sueur

    Le fleuve grave un paradoxe
    brillant et majestueux
    où l'aphasie des cieux
    rentre bien vite au box
    de malheureux coursiers

    Allons, Roux Festoyer
    galoper de concert
    par les champs en hiver
    d'intimes plaidoyers

    L'heure, à la croisée des chemins
    obscurs, sans destinée
    précise, a embrassé
    notre avide festin

    Allons, ma Douce Amie
    sur ce pavé de larmes
    épandre le vacarme
    de nos francs appétits !

    Paul McCartney
    Pour un Impromptu Littéraire... manqué !
    tiniak ©2013 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

  • Mésignorances

    CRASSE

    Le temps ne passe pas, par ici - et pour cause !
    Il a vidé les lieux en relevant ses jupes
    Il n'a laissé, au mieux, qu'un sale jeu de dupes
    Alors il pleut, partout; sur la chair et les choses

    La merde plaint les yeux qu'oblige le regard
    à chercher dans la boue devant soi, pas plus loin
    où ne coucheront plus ni l'orge ni le foin
    mais de quel vilain trou surgira le Bazar

    Le sang s'est réfugié, comme il a pu, là-haut
    sous le casque trop fin d'un songe caverneux
    écorne les parois, l'ongle maigre, crasseux
    révoquant les endroits de séjours blonds et chauds

    La gerbe s'est dressée d'un coup, m'a pris le corps
    Envahi de l'espoir d'atteindre le soleil
    je suis dans le Bazar, à mes frères pareils
    mort avant de tomber; pour quoi ? ça, je l'ignore...

    ***

    BEATE

    Quelque lieu hors la ville, à deux pas du camion.
    - Dis-moi, quelle heure est-il ?
    - 'cune idée...
    - ...c'est cool, non ?

    ***

    OUBLIEUSE

    Je ne veux pas savoir où vont les météores
    pour mieux leur attacher les rubans de mes songes

    sais bien d'où vient le vent, mais pas ce qui le pousse
    à se mêler de nous chatouiller la chemise

    aime l'inattendue douceur de ton sourire
    même logée au fond de ton vaste sommeil

    ***

    POLÉTIQUE

    Oronge
    Pousse-mise
    Rirommeil

    Y on est-il une idée ?

    Fête & Cause
    pour les choses
    du regard sur le bazar

    Vé, là-haut
    blonds z'et chauds
    nos corps fous de soleil !

     

    dance,danse,danser,dancer
    tiniak ©2013 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Impromptu Littéraire - tiki#193

  • Lès Ailleurs

    Ils marchent
    peut-être vers le temps qu'il fait
    Vers le temps qu'il fait, mais ailleurs
    « Ailleurs, il fait toujours meilleur »
    alors, ils marchent sans arrêt
    juste de quoi se restaurer...
    juste un moment pour admirer...
    quand ils ont besoin de dormir
    pour être en forme et repartir...
    avec le jour qui les attend
    là-bas, ailleurs, évidemment

    Elle avance
    au pli du coude une évidence
    bien à l'abri au fond du sac
    Un panache de Bergerac
    lui fait porter haut le menton
    Fût-elle sortie de prison
    elle n'en serait pas moins fière
    Elle compte sur un mystère
    s'est administrée le pardon
    Sa foulée neuve sur la terre
    emporte son rire intérieur

    Il hait l'heure
    du départ ou de l'arrivée
    enfin, tout ce qui fait bouger
    les lignes qui devront plier
    comme le ciel dans l'attraction
    la planète en révolution
    l'univers à son expansion
    le merdier géant de l'Histoire
    et ses huissiers gantés de noir
    qui viendront frapper à sa porte
    et déposer leur Lettre Morte

    C'est en route
    À chaque instant, ça se rapproche
    Ça ne veut laisser aucun doute
    C'est inexorable; c'est moche
    et ça veut nous tomber dessus
    La fuite serait superflue
    c'est la suite logique et froide
    Aucun espoir ne la balade
    Aussi cheminons de concert
    dans un ensemble utilitaire

    « Ça roul' bien... »
    « Tu mets la radio ? »
    « Oh, pas de suite; c'est cool, là, non ? »
    « Si, mon amour, tu as raison... »
    « On aurait dû le faire avant. »
    « On y est. C'est ça l'important. »
    « Ouais, tu as raison, mon amour. »
    « Et puis, quel adorable jour ! »
    Un rond-point, bientôt l'autoroute
    Loin derrière, le vieil Hondschoot
    Déjà, la croisée des chemins

    Sous les arcades, cinquant' saints
    se tapent la tripe, se gaussent
    pointent la jauge, la rehaussent
    et réclament, pour le Banquet
    une Caverne sans pitié !

    walkmantiniak ©2013 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK