Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

- Page 3

  • cave canem

    (chien, mais chant)

    Mouf (bas latin)

    C'est du sport !
    - et je ne m'y reconnais pas,
      mes trésors,
    que de tenir à bout de bras
    vos pensées lapidaires
    et tenter d'y mettre lumière
    (mais que s'inquiète le bon chien
     qu'on ait décoré le sapin ?
     c'est du sapin toujours...
     Et qu'il fait bon pisser autour !)

    C'est pitié !
    - et je ne sais pas en user;
    mon billet
    que toutes les inimitiés
    se font liqueur de poire
    quand vous piétinez au boudoir
    (Que ne tenez-vous votre chienne
     quand le mien en veut à sa couenne,
     madame !
     Nature a ses retours de flamme...)

    C'est ainsi ?
    - Allez, je vous entends d'ici :
    "C'est la marche du monde
      et depuis que le monde est monde"
    Ronde lune !
    Vertes prunes !
    Qui faut-il secourir ?
    Le Canaque ? Le Maori ?
    ou la voisine et son marri ?
    (Qu'en sais-je ?
     et d'où vient qu'il ferait plus froid
     sous la neige
     couvrant de son manteau les toits ?)

    C'est misère !
    - et, pour ça ! j'en sais quelque chose;
    ma chair,
    taillons notre massif de roses
    et tapissons nos doutes
    de pétales doux sur la route
    (Suffise à nos écueils
     que ta beauté me plaise à l'œil
     à l'âme...
     Nature a ses retours de flamme !)

    C'est misère, disais-je,
    et je n'ai pas le premier sou
    pour en solder tout le courroux,
    la bêtise et les tristes drames qui s'agrègent
    au compte débiteur
    des plus profonds élans du cœur

    Alors... ?
    De Candide, Ovide et Diogène
    quel enseignement homogène
    déduire
    pour fonder le nouvel empire
    des hommes ?
    ... faire du calva de la Pomme ?
    ... ceindre nos Jardins de clôtures ?
    autant renier l'aventure
    - la seule, au vrai !
      celle de voir le monde entier
      non comme un bouton sur le nez
      mais comme l'enfant qui attend
      un sourire de ses parents...

    Reste qu'à huit heur's moins le quart
    vient l'heur du caca sur le trottoir
    pour mon chien
    qui se contente
    de la caresse de ma main aimante

    light, pleaseAlors... ?
      Raclons au jardin le chiendent
      Buvons-en le petit vin blanc
      Hélons notre voisine hautaine
      et que mon chien couvre sa chienne.

    tiniak © 2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

  • valse océane

    Dans la valse océane où flirtent les embruns
    avec les grains de sable au gré du vent marin
    j'arpente du regard mon rêve sans rivage
    quand de l'onde les gris tous ceux du ciel partagent
    sur cette ligne étale où débutent mes fins

    Et je danse avec eux - tous les troubles de l'air,
    une gigue corsaire échappée de mes yeux
    que j'en ai le vertige et que c'est délicieux
    de sacrifier un peu de mon cœur sur sa tige
    au chant de l'atmosphère et son jeu hasardeux

    Comme on arme un vaisseau d'une bordée de voiles
    sur les cheveux mouillés de Neptune endormi
    en suivant le faisceaux du désastre d'un jour
    je te quitte ma terre au sol endolori
    et lance tous mes vœux sur la piste aux étoiles

    Et le chaos y gagne une fête foraine
    avec son bal musette et ses bois qui nasillent
    les galets font de l'œil aux planètes anciennes
    comme certains garçons savent combien les filles
    aiment sous les façons l'audace des aubaines

    Le grand miroir sans tain de la mer s’encoquine
    embarquant des canots à flanc de goélettes
    qui tirent sur leur jupe avec des cris de mouette
    mais c’est du Rock’n’Roll qui monte des cabines
    tandis que sur le port fatigue le musette

    Et je ferme les yeux puisqu’enfin tu m’embrasses
    et qu’en fermant les yeux je sais d’où je t’enlace
    et nous dansons tous deux sur la piste aux étoiles
    et nos cœurs amoureux bientôt mettrons les voiles
    et nous serons bien loin au réveil de Neptune

    croisiere.jpg

    tiniak © 2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    impromptu littéraire - tiki# 61

  • ça crame en ciel

    Oh, comme je vous aime ! oui vous, les Tous En Choeur
    (c'est que j'en ai l'humeur, aussi profitez-en...)
    Je prends tout : rires, pleurs et puis tous les enfants
    vilains qui vous encombrent;
    vous qui êtes du nombre
    - et dans l'ombre affairés,
    de l'Efficace Ardeur à Peiner au Labeur

    Que j'en saigne pour vous
    ...Tout mon sang doux
    et fondant comme beurre

    Laissez venir à moi tous les gentils esclaves
    que j'en essuie la bave au pli de leur menton
    Que des gentils esclaves la sueur au front
    et tous leurs longs chants slaves
    devant les choses graves
    sachent baisser d'un ton
    leurs sanglots de violon parmi les betteraves

    Oh, ça ! j'en ai des attentions... et pour la gloire
    et toutes les mesures conservatoires...
    J'en ai des rituels, des onguents et des baumes
    j'en couve de la paume
    vos stigmates mortels
    qui noircissent les tomes
    et gonflent le cheptel du Livre des Sempiternels

    Que j'enseigne pour vous
    à d'autres fous
    ralliés à l'ombelle :

    Bienheureux les panais, les sureaux, les cerfeuils
    qui font du bien commun, chacun sa fleur une autre
    Ils seront les premiers, passant devant l'épeautre
    le sorgho, le millet
    qui singent tant le blé
    qu'à la fin ils se vautrent
    dans la Morte Saison où pourrissent leurs feuilles

    Les premiers, je vous dis !
    montés depuis le sol jusque dessous le ciel
    pour en masquer, comme pins parasols
    le désastre sacramentel

    Ombelles ! Ombelles !
    Ombilicales floralies,
    ce sera fête au paradis
    où vous accueillerons
    moi, mes frères et nos chansons

    Nous chanterons des "Je vous aime"
    et puis des "Ave paria"
    célèbrerons des renégats
    le magnifique thème
    des Vains Sacrifices Bohèmes

    Mais, c'est bon ! vous y viendrez aussi
    Vous, les convenus Bons Partis
    mais - une Foi n'est pas coutume,
    vous coucherez nus sur l'enclume
    où maître forgeron achève
    de marteler nos rêves, nos rêves !

    Nos rêves, entendez-vous ?!
    Que j'en saigne tout mon sang doux

     

    Племе_парија_brunoSchulz1920.jpg

    tiniak © 2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    illustration : Bruno Schultz, vers 1920.

    en hommage à "Племе парија"
    "La Tribu des parias", de B. Schultz.