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  • craie dense

    Tandis que l'œil enfant sombre, sentimental
    dans la pierre de Caen prodiguant ses grands soirs
    au dernier des passants courbé sur ses avoirs
    des murs, face au ponant, le plus bel or s'étale

    La chanson du vent d'ouest entame son refrein
    vers les plis fatigués du plus lointain des mers
    avec, dans son retrait, des nuages moins fer
    laissant le ciel ouvert, après tant de chagrin

    Quelques marches plus haut, sur un palier de l'âge
    l'Œil-Enfant se repaît du spectacle à nouveau
    mais le chant du Norouêt lui souffle d'autres mots
    chagrins, à ciel ouvert, sûrs de sombres carnages

     

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    tiniak ©2016 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

  • Uchronies pariétales, en si

    Si le ciel avait eu moins d'ors au chevalet
    Si la chair ne souffrait plus de ses abandons
    Si la mémoire avait l'élégance d'un bond
    Si le vent ne soufflait que de tendres versets

    Si la danse de l'arbre inspirait le nanti
    Si l'ombre n'abritait que la fraîcheur du jour
    Si le nombre n'était qu'une somme d'amours
    Si la pierre entendait ce que je te confie

    Si l'organe océan venait à l'être l'humain
    Si les champs souterrains n'avaient plus de chaleur
    Si la main s'arrêtait au regret d'une fleur
    Si les graves élans n'avaient plus de destin

    Si l'agneau s'amusait de finir en méchoui
    Si le sang n'était pas si rouge qu'on le voit
    Si le verbe riait d'être porté en croix
    Si le peuple n'était pas qu'un vaste gâchis

    Je croirais en un dieu qui n'a pas de vie sage
    Je peindrais davantage une voie d'espérances
    J'applaudirais des deux l'égalité des chances
    Je fermerais les yeux sur les pauvres adages

    Et puis, avec un mal au dos
    enfin, j'aurais compris
    la grotte de Lascaux

     

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    tiniak ©2016 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Impromptu Littéraire - tiki#260

     

  • pures pertes

    La pierre ensoleillée où musardait un rêve
    La nuée aspirant l'ombre des ris du fleuve
    Le frisson printanier d'une montée de sève
    Le trésor océan paré de libre épreuve

    Les gestes anodins dont fleurissait le sens
    La croisée des chemins béante à l'ouverture
    Les intimes festins perlés de fleuve essence
    Le quadrille des mains griffant leur signature

    Le chant, d'un seul couplet, que reprenait le jour
    La touche pianotée avant de s'endormir
    Le parfum résurgeant dans le moindre alentour
    La goulée prodiguant son prochain souvenir

    Et soudain, le regard butant sur l'horizon
    Dire est une prison plus lourde qu'un silence
    Aimer, un vain aveu, dérouté, sans maison
    Rêver, le triste jeu d'une absurde évidence :

    Pures pertes !
    Dès lors, demeure au cœur, insistante, l'alerte

     

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    tiniak ©2016 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK