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  • Conjugaisons alluviales

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    Oh, ce cours...!
    Et le boulot que c'est d'en perdre - et tout le jour !
    à rebours les méandres
    et de s'y fatiguer, comme de braise à cendre
    le peu
    qu'il reste du foyer au regard amoureux

    Impossible de feindre; à faire autant d'histoires
    nul décor à repeindre
    nul talent méritoire
    ne valent
    de torturer l'esprit des lois grammaticales
    Le futur antérieur, en sa supercherie
    s'écrase au passé simple devant l'Un Fini

    (l'Un fini, ment, complexe, au passé composé
     l'Autre, l'œil à l'index et prompt à récuser
     toute preuve
     qu'il eût été possible de suivre le fleuve)

    S'y devant, l'Ô Céans défend dur ses arrières
    Il n'a jamais trempé son pas qu’à la rivière
    mais s'arroge des rues le droit de pourparler
    pour négocier au cours des Fluviales Instances
    quelques taux d'intérêts, peau lisse d'assurance
    et front ceint d'équité
    des fois que...
    jouirait d’un bénéfice à jouer son Qui Mieux Mieux

    Mais derrière, il en va de toute autre chanson
    Le rachidien s'affaire, implore l'arraison
    des vaisseaux
    brûlés de port en port à chaque renouveau
    des espoirs
    que s'arrange d'oublis sa longue chambre noire

    Moi, remontant son cours, je tire mon chaland
    sur le fleuve où le jour égaille sa lumière
    et m'embrasse la rime à l'issue que diffère
    une langueur de l'air empli de verts, de blancs
    jusqu'au seuil de l'orange
    dont je ne sais que trop l'appel qui me démange

    Oh, ce cours...!
    Et ce, tant que ma nuit s'achève au petit jour
    Mes Moires
    n'en finissent jamais d'abreuver mon histoire
    d'oublis étranges
    qui n'incommodent, non plus que ne dérangent
    cette heure
    où je te laisse aller, joli bubon de fleur
    à l'endroit
    où le fleuve s'écoule et n'a cure de moi
    des autres
    et de la façon dont la nuit venue se vautrent
    nos ennuis
    dont pourrait nous sauver un adorable Oubli
    oh, simple et véritable
    (en ferai dès demain un badge à mon cartable)

    Nous savions toi z'et moi how the end always is
    mais ne cherchons jamais que la franche surprise
    de nous voir
    exemptés d'expliquer quelle fut notre histoire

    ali_drop_196.giftiniak © 2012 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK 

  • Vois dans quel état j'erre !

    Sur la place d'anciennes boucheries
    se fracassent aux neuves armoiries
    de la caste où mon âme grandit
    pour le faste et l'heur des poésies
    près de toi
    qui ne soupçonnes pas d'où me vient cette loi

    Je te dirai demain tes lenteurs quotidiennes
    comme j'en fais mon pain, comme elles me reviennent
    si chères
    quand s'agite à l'entour des ombres familières
    une vive lumière, affamée, sans amour
    - demain, c'est l'Autre Jour !
    le nôtre, sans mystère, toujours...

    Mon bonheur sait te voir
    pétrir la pâte de l'histoire
    et la pendre
    hors de portée de qui pourrait prétendre
    en connaître
    la petite fraîcheur lovée à la fenêtre

    Tu m'appris
    de ta bouche amoureuse où se loge ma vie
    comme on meurt
    dans le seul abandon que vaille le bonheur

    Qui es-tu sinon moi ?
    enfin réalisé dans l'Autre Projet : toi !

    Qui suis-je ?
    si ce n'est ta personne, à son calme vertige ?

    Où vais-je ?
    Je ne le sais pas plus que ce flocon de neige
    qui flotte
    et vient se poser sur ton épaule qui trotte

    D'où suis-je venu jusqu'à toi ? Qu'importe !
    puisque nos vérités s'en sortent
    grandies
    dans quelques vers de plus - et loin des boucheries !

    poésie,polésie lubrifiante,hercule poirot,a encore frappé

    tiniak © 2012 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    Illustration : André DERAIN, Arbres près de Collioure. 

  • Mystique rive (hier)

    Qui sait ce que le karma foutra
    de mes supputations zodiacales ?
    M’en fiche autant que ce vieux rorqual
    ignore ce banc de bélougas

    J’aligne ces rimes pour la gloire
    du signe maître dont il est dit
    (c’est bien le cadet de mes soucis)
    que ses feux motivent nos histoires

    Faut-y êtr’ con !
    pour se croire assujetti au signe du Lion ?!

    Mais bon ! faisons – c’est là qu’on signe ?
    preuve de majesté insigne :

    Je prédis donc, pour la semaine
    aux joyeux natifs du mois d’août
    malgré les regrets de l’époux
    quelques joyeusetés foraines

    (oui, je dis vague
     mais c’est le lot des prédictions, c’te blague !)

    Oh ! Je vois… Je vois, pour mardi
    un problème d’incontinence
    pour celles et ceux qu’une danse
    aura portés à dire : « oui »

    Aoûtiens du premier décan
    ne cédez pas aux bavardages
    Il en va de votre courage
    à taire vos émoluments

    Et, pour la fin de la période
    pour contenter la catharsis
    sucez ce bâton de justice
    ou préparez-vous à l’exode

    Vous avez Jupiter en Mars
    (quoique nous soyons en janvier)
    Le front de votre fièvre y est
    pour quelque chose dans la farce

    (et n’y peux mais !)

    Ô soleil !
    comme tu masques ton déclin
    quand pointent de ton riverain
    les déclinaisons de vermeil
    sur la prairie, dans la savane
    où lions et hyènes se pavanent

    © KhisanthPi’ quoi, encore ?
    La météo des météores ?
    L’avenir de ce millénaire ?
    Une absolution des Enfers ?

    Je ne sais que peindre au décor
    mes révolutions éphémères
    comme naguère
    sur une mystique rive (hier)


    tiniak © 2012 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Impromptu Littéraire - tiki#142

    Illustration ci-dessus : Khisanth