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reverdy

  • adada

    Quand on allait chez Dada
    à la sortie du cours de champ'
    on entrait avec, au bras
    qui son mignon et qui sa vampe
     
    Lui, c'est le N'importe Quoi
    porté aux frontières du sens
    les yeux nus au bout des doigts
    la Paix seule pour exigence
     
    J'ai pris le parti de Là!
    pour me présenter au tableau
    au galop sur mon dada
    au vent ma cape de Zéro
     
    Pierre m'a donné le La
    pour que nos âges reverdissent
    J'entends encor sous mes pas
    comme les cailloux, Cadou, glissent
     
    Trois Jules sonnaient le glas
    d'affres par trop académiques
    Depuis, j'aime jouer à chat
    sur les poteaux télégraphiques
     
    Au sortir de chez Dada
    le regard troublé d'omelette
    les mille bras de Shiva
    chatouillaient l'envers de nos têtes
     
    Nos costumes d'apparat
    faits de gravures à l'eau forte
    confiés à quelque sofa
    nous restait à baiser La Morte
     
     

    dada

    tiniak ©2015 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Impromptu Littéraire - tiki#233
  • hommages

    PAUVRE MERCURE

    (à Laforgue)


    Non, pas dimanche, je vous prie
    pas dimanche, merci !

    Ça va, j'en ai des pianos dans la tête
    ma tête comme une girouette
    avec le nord en moins - trop loin,
    et puis trop gris, et puis trop froid,
    pas bon pour moi et mes myriades
    de machins minuscul’s et malades.

    Lundi ?
    ...vous êtes occupée,
    tant pis.

    Voulez-vous que nous disions Mercure ?
    Allons, allons, joli poison...
    Laissons-nous tenter l'aventure.

    J'aurai des ailes à mes pieds d' nez
    ainsi, pour sûr, me reconnaîtrez
    à mon visage pâle, aussi
    - c'que c'est qu'être mâl' par temps gris !

    Passez, passants, vos routes obscures...
    Je vous dis que j'attends l'aventure
    et que n'en sachant le nom ni la mère,
    je veux, mon neveu, que je l'espère !

    Oh, les mères !
    tagada tsoin tsoin
    tous cors dehors
    dès le matin
    Oh, les vilaines
    - qui me gâcheraient la semaine !
    avec elles, de l'art
    ... bon, mais de la manièr' donc !

    Ça ! j'entends des alleluias...
    Est-ce que soyez déjà là ?
    Je ne vous y vois pas !

    Vous n'auriez pas cette farine
    à votre cou de gourgandine.
    Vous ne coifferiez pas si haut
    de si belliqueux oripeaux.

    Je vous voyais Cybèle
    pas de ces robes isabelle !
    Je vous rêvais Hermione
    pas de ces sinistres dragonnes !

    Ah, dites-moi, dites
    dites-moi tout...
    Mais dites-moi que ce n'est pas vous !

    Ça ! j'entends des Væ soli
    C'est-y qu'on s'rait déjà Ce Dimanche ?
    Ah, non merci.

    Au clocher sonne un conciliabule
    (je vais me faire appeler Jules).

    Alors adieu mon aventure
    (puisque vous préférez l'Arthur).

    famille_piano.jpg

    tiniak ©2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    illustration : Ludger Larose, La leçon de piano.

     

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    DANS LA MAISON DE PIERRE

    (à Reverdy)

    miro1.jpg

    Dans la maison bien élevée de Pierre
      le vent
          entre ses rochers blancs
      titille un feu qui pleure et se fend
      d'un souvenir passant

    Dessus, l'horizon est assis
    il médite
      de tout son poids sur l'ardoise du toit
      de tout son poids mort
      loin des trottoirs corridors
      où nul visage, aucun nom ne séjournent
    il évite
      le vol triangulaire d’une flèche criarde
      et tous ces mots attendus qu’on ajourne
    cependant qu'on bavarde

    Sous sa maison, les maisons qui s'oublient
    Les saisons froides sans aucun bruit
    Leurs ombres roulent de lourds tapis
      sur les cadavres des lampes éteintes
    Tous les enfants n'y sont qu'une plainte
      sourde
          et morne
             et jugée gourde par les yeux borgnes

    Un arbre
      lavant au ciel ses pas de marbre

    Et, juste à coté, la rue qui tremble des pieds

    tiniak ©2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    illustration : Joan Miró