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impromptus littéraires - Page 3

  • hugoliens

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    La Lune accroche sa paupière
    au clocher miteux de Saint-Pierre

    Comment suis-je arrivé ici ?
    Tu le sais ? Je m’disais, aussi…

    Fouillant mon ventre à la truelle
    j’allais de venelle en ruelle

    Je fais halte sur un gazon
    fier de sa bourgeoise maison

    Mes parois seraient mieux chauffées
    si je tirais quelques bouffées

    Pas de cigarette ! Merci
    mais de cette âme que voici

    À son poitrail de rouge-gorge
    inscrit, le rêve qui me forge

    Je m’embarque sur son Steamer
    pris du besoin de voir la mer

     

    tiniak ©2016 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Impromptu Littéraire - tiki#251
    (voir les autres propositions d'écrits, selon les rimes du poème "Fenêtres ouvertes", de Victor Hugo)

  • Onzième nuit

    C'est bientôt la douzième nuit, ma chère alarme
    Choisis-le avec soin l'œil qui va se fermer
    Par l'autre, grand ouvert, un monde va passer
    Déjà, le Lent Demain vient déposer les armes
     
    Sur ses genoux de vieille est tombée, rousse, l'heure
    Ses cheveux colorés pissent dans les nuages
    La ville ramassée dégrafe ses corsages
    Dans un demi-sommeil, tremblent d'anciens bonheurs...
     
    « D'où m'es-tu revenu, catastrophique amour ?  »
    « Comme on t'a bien coiffée, ma sublime grand-mère !  »
    « Oui, c'est après ton sein que j'ai couru, Mystère...  »
    « Ma fille à quatre mains vient chanter dans ma cour »
     
    Les bruits de cette nuit se rhabillent d'orange
    Une idée après l'autre, un règne d'oubli croît
    Tout se résume enfin à ma dernière foi
    Au premier coup sonné, j'entends pleurer mes anges
     
    Et ça vibre là-haut, dans le ciel incertain !
    (je n'en crois pas un mot, mais c'est bon de le dire)
    Ah, ça y est ! J'ai brisé la forme et son empire
    autant y retourner, c'est toujours du bon pain...
     
    « Encore une chanson, s'il-te-plaît, ma mémoire...  »
    « Bon, le numéro neuf... Va pour la nostalgie...  »
    « De toutes, je suis veuf ! et voilà l'ironie...  »
    « J'aime tant ces fantômes, leur faconde, leur gloire... »
     
    Là, au septième coup, je ne fais plus le fier
    Avec cet œil fermé, j'ai l'air d'être imbécile !
    Je me sens égaré, en volontaire exil
    Le monde me pénètre, et c'est pas mince affaire !
     
    Une pèche écrasée me ravive la bouche
    Une vaste nuée prépare son vacarme
    Une mort annoncée n'arrache aucune larme
    Un malingre poucet regrette un peu sa couche
     
    « Bonsoir, tristes mortels aux sourires béats !  »
    « Allez ! Vous revoilà, musique et tes visages...  »
    « Quoi... ?! Je les ai signés mes plus-vibrants-z'hommages !  »
    « Ah, non ! Foin des missels au maussade nougat… »
     
    Purée sans champignons, la nuit avance vite
    Le doute qui s'invite a le goût de ta chair
    - toi, qui m'auras tué plus qu'une fois hier...
    Je garde un œil fermé sur ta larme hypocrite
     
    Par l'autre, un monde passe et me vide les sangs
    La nuit se rafraîchit, même si loin du fleuve
    Quelques belles z'amours s'illusionnent de preuves
    Leur vie, de guerre lasse, isole, incidemment
     
    « Bon, c'est bien beau tout ça, mais on touche à l'ultime...  »
    « L'aube ne viendra pas, je l'ai décommandée...  »
    « Que s'arrête mon pas, mais perdurent mes fées !  »
    « Plus rien à condamner, revenons à l'infime »
     
    Mais l'aurore déjà lève son hypothèque
    Le rêve doit finir
     
     
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    tiniak ©2014 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    écrit le 24 août 2014, date anniversaire pour tous ceux qui lui furent chers et l'ont aimée.

  • Toi, émoi !

    A la deuxième personne du singulier...
     
    Je me rappelle à ton émoi
    (le premier entier sous le ciel)
    les vents ouvraient là-haut des voies
    vers quoi tu lançais des appels
     
    Le nez collé à la fenêtre
    à genou sur le coffre plein
    d'un fatras prodiguant peut-être
    un hier plus doux à deux mains
     
    Tu fredonnais des mélodies
    rameutées d'archaïques âges
    Un lent remède à ton ennui
    à défaut de plus sûr courage
     
    Tu savais n'avoir pas les mots
    (mais tu les trouverais plus tard)
    pour orner de coquelicots
    l'alcyon niché dans ton regard
     
    Si souvent le fleuve a mué
    de l'or au brun sa course lente
    Lui as-tu, par foi, murmuré
    le secret de ta peine aimante !
     
    Des martinets la virevolte
    un temps, ne te parut pas digne
    de la nébuleuse révolte
    où s'abreuvait ton Chant du Cygne
     
    Tu es sorti du long silence
    qui t'aura saisi à la gorge
    peut-être par inadvertance
    par le désir qu'un songe forge
     
    Un soleil nu à chaque bras
    flanqué de matins prometteurs
    est-ce toi que je remets, là
    où cessent ta fièvre et tes peurs ?
     
    Tes yeux sont les miens désormais
    Tu m'as mis tes mots dans la bouche
    Et par ta malice, Poucet
    m'enhardit l'ombre que je touche
     
    Tu me raccordes cet émoi
    jadis éprouvé sous le ciel
    Et que je m'en morde les doigts
    si j'oublie jamais ton appel !
     
     
    deuxième personne du singuliertiniak ©2014 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Impromptu Littéraire  - tiki#205

  • apostasie

    L'ivresse goûtée mot à mot
    Le regard à l'offre éternelle
    Le sourire au bas de l'échelle
    Le pas confiant, par monts, par vaux
     
    L'histoire inventée par l'aurore
    L'horizon comme un lent soupîr
    Le géant tiré du nadir
    Le chant luisant du fleuve d'or
     
    Le rêve aux portes de l'oubli
    Le continent plus loin, ce soir
    La peur laissée dans le couloir
    L'élan fragile de l'esprit
     
    Le salut prodigieux d'un psaume
    La paix sereine du pardon
    La très singulière chanson
    La main entière dans la paume
     
    Le serment exempt d'hypothèque
    L'épaule couverte d'un bras 
    Le tonnerre ourlé dans la voix
    L’œil plus frais qu'un jus de pastèque
     
    J'ai tout perdu à ton départ
    pourtant que tout reste à portée
    du goût, du toucher, du regard
    de l'odeur prise à l'oreiller
     
    Dans le désert de ton absence
    qu'étale un ciel sourd et muet
    je me cherche une autre évidence
    à la présence des nuées
     

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    tiniak ©2013 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
  • rue, mine !

    C'est la venue des gens petits
    l'artère des fins microbiennes
    il y circule des semaines
    un laborieux ordre établi

    Claque, talon ! L'autre tape un
    joufflu perdu pour le Trésor
    Négoce des petites morts
    dimanche s'en lave les maints

    Ça va; ça vient, de l'aube à l'aube
    en s'ignorant le mieux possible
    et masquant des zones sensibles
    l'âcre fumet de maigre daube

    J'ai laissé mon chien à son jeu
    mes rêves crus au caniveau
    sous ses pavés mes idéaux
    couverts de bitume spongieux

    Mais c'est la mienne; et j'y retourne
    à ne plus savoir en quel sens
    par automatique évidence
    et n'espérant pas de ristourne

    C'est là que je divague entier
    une heure, un instant et ma mort
    occupés à tirer des bords
    vers ses rivages séculiers

    C'est là que je navigue encore
    une heure, un instant, volontiers
    hissant ma verve à son hunier
    gonflée d'un souffle franc de port

     

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    tiniak ©2013 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un impromptu littéraire - tiki#195