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  • La Fleur du Baal

    Oulaaa, il est baal !

    L'épaule fauve et l'œil mi-clos, avec lenteur,
    rampe vers moi, douleur connue de l'essentiel
    à force d'arts, de cris, de sangs et rares miels,
    jouant des ombres et des ors à la bonne heure.

    Je ne sais plus qui t’a plantée dans mon jardin.
    Sans doute un enfant qui pensait à autre chose
    …ou, qu’il formât le projet d’une simple rose,
    il ignorait la nature de ce terrain.

    Tu t’es nourrie d’abord du meilleur et du pire,
    jusqu’au matin venu de s’arracher de terre ;
    accueillie soudain par la violence de l’air,
    tu auras vite compris comment réagir.

    Tu pris le parti de te mettre en mouvement.
    À la faveur de cieux gâtés pour la raison,
    il te poussa des yeux, des membres tout du long,
    si jaunes qu’un pistil, noueux comme un sarment.

    Un tout autre festin porta tes appétits
    à demander revanche à des qui, comme moi,
    vont promener leur chien, imitant ses abois
    et rentrent à la niche y faire des petits.

    Puis sortent à nouveau, toi, à la boutonnière,
    arborer leur enfer chez d’autres saligauds
    donnant bal où trouver la cuisse et le vin chauds,
    foulant des bouquets pris à d’autres jardinières.

    À l’usage des uns, ta sève est encre verte ;
    certains te broient le cœur et pigmentent leur huile ;
    ça ! aurons chanté fort, ivres de chlorophylle
    - tous, ayant défoncé la porte grand ouverte.

    Quand les chants du matin mangent ceux de la nuit,
    que tous les noms d’oiseaux tombent des peupliers,
    abêti et fourbu, à mon seuil familier,
    je n’ai qu’à me tourner pour voir que tu me suis,

    Ma fleur de Baal.

     

    Pour un Impromptu Littéraire - tiki#117
    tiniak © 2011 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

  • faux serf

    ouh, féchô !

    Je m'écoute parler, m'en raconte, m'en chante
    des refrains éculés, des histoires charmantes

    Quand j'en ai tout mon soûl avec les dents qui baignent
    explose mon ennui en cirques fraternels

    Puis, je me pleure un peu, beaucoup, passionnément
    et m'arrache des yeux la vision du moment

    Pour n'en dire
    qu'un triste résumé : je ne sais pas mourir

    Alors, je vais m'asseoir au fleuve séculier
    où je finis de  boire un rite familier

    Sa liqueur oublieuse a le goût des ravages
    et puis, le lendemain, mentirai "c'est dommage..."

    Avec le cœur bien gros, tout larmoyeux d'hier
    je tournerai le dos à mes noiseux faux-serfs

    exitEt puis, le lendemain, les yeux à l'aujourd’hui
    te donnerai la main pour m'accorder la vie

    Qu'à ton livre
    j'apprenne ce que c'est que d'aimer et de vivre

     

    tiniak © 2011 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

  • (canards laquais ?)

    couac showerLes canards ne font pas la manche
    surtout pas le dimanche
    à la sortie des messes
    dites en grande liesse
    à l'heure des gigots

    Ils ont le cul dans l'eau
    désireux qu'on les presse
    avec nos mains d'enfants
    potelés et mignons
    balançant des quignons
    depuis les balustrades

    Serviles promenades
    aux pelouses bornées
    à bien y regarder
    - je vous l'demande un peu !
    qui jouit d'un heureux sort
    et qui, dans ce décor
    est le moins vaniteux
    tout à son naturel ?

    Vous parlais-je de celle
    qui lisait les journaux
    pendant que le gigot
    cuit dans le four éteint
    attend que le fayot
    vienne à lever la main
    pour montrer son entrain
    de futur gigolo
    incapable d'en rire ?

    Elle pousse un soupir…
    Tout va son habitude
    et les vicissitudes
    et les quartés gagnants
    aussi, les morts du jour
    le gigot dans son four
    et son rêve secret
    d'un bon canard laqué
    (mensuel, hebdomadaire… ?)

    Le ciel pleure sa mer
    aujourd'hui, c'est dimanche
    et - sauf avis contraire,
    ceci fut démontré :
    les canards ne font pas la Manche

    Ils s'en vont, saisonniers
    narguer les ponts de planches
    sur des lacs étrangers
    entourant le Mékong

     

    couacPour un Impromptu Littéraire - tiki#116couac
    tiniak © 2011 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

     

    parapluie anti-couacs


  • Fluidité corallienne en réponse à la question spongiforme n°46

    mange des gnocchis, c'est l'automne !!

    À cette question "Suis-je ?" ai-je bien répondu ?
    Piges ! Vestiges !
    Avez-vous entendu ?

    À l'instant, maintenant, aujourd'hui, mais pas plus
    qu'hier ni que demain ne suis moins résolu
    à l'être
    cette sommaire chose encombrée de "peut-être"
    "et si", "tiens, pourquoi pas ?"
    à chercher des raisons à d'infinis "pour quoi ?"
    depuis le premier jour
    qui m'a vu me casser la gueule dans la cour
    des grands
    brandissant dans mes poings de longs et fins os blancs
    ministres émissaires
    chargés du bien commun destin humanitaire
    et moi de les tenir à bout de bras, railleur
    réfutant l'énoncé des sinistres clameurs
    "Allons, tu passeras - toi aussi ! à la trappe"
    "aussi tu pourriras, qu'importe que tu jappes"

    Je ne sus répliquer, mais n'en songeais pas moins
    que tous nos ossements jetés de loin en loin
    sur la terre
    (par la nécessité d'un ordre sanitaire)
    c'est encore
    l'occasion d'opposer le vacarme à la mort
    par le son que feront pour frapper nos esprits
    le bruit des os claquant sur des peaux de brebis

    Au secours, mes tambours ! Déroulez vos orages !
    Comme une mer grossie, mangez toute la page
    Ruez et mugissez, assauts ! Tonnerr' de Brest !
    Dégagez, S'il-Vous-Plaît ! la place qu'il me reste
    à faire

    Eh, le vent
    Tu m'en tends, de ces voiles ?
    J'ai tout rangé ma chambre et bien lustré mon poil
    Vais chercher la toison qui en vaille le coût
    mais n'ai qu'une barcasse...
    et puis... pour aller où je sais qu'Elle m'a (tant !)
    à séjourner ici, assis et sagement
    fumant mon Bel Avoir (hélas ?)
    la verrait aussi bien venir par ce couloir
    dédaignant chaque porte
    m'assommer de son cri :
    "c'est l'heure, il faut qu'on sorte !"

    Que répondre, Ô Songe !
    à cette question "Fuis-je ?" sans passer l'éponge ?

    DUKOU ZUMIN &ditions
    tiniak © 2011 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

  • frilosité matinale

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    L'aube a les yeux frileux d'avoir passé la nuit
    à chercher compagnie auprès du fleuve sourd

    À la venue du jour, l'arbre claque des dents
    et pas le moindre vent ne balaie à ses pieds

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    Le brouillard s'en remet aux langues des frimas
    où le bruit de mes pas ne s'est pas reconnu

    Jour de vie s'éveillant sous son tas de feuillus
    j'aime... oui, j'aime encore
    réchappé de l'ennui où trempent monde et corps

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    tiniak © 2011 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    Illustration (fragmentée) : Gottfried Salzmann, Brouillard - 1982.