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  • veilleuse parfumée

    addict-prout.pngLe ventre n'a pas tout lâché de ses humeurs
    J'en écourte les gargouillis d'un grognement
    Logeant dans un pli de la nuit l'inconvénient
    d'avoir encore à me curer l'âme et le cœur
    je m'en vais battre le pavé des rues sans voix

    Plus d'une fois, j'ai recouru au stratagème
    et différé l'explosion de mes vilains gaz
    à me soûler des chansons et des belles phrases
    où trempent les rêves connus d'autres bohèmes
    qu'adoubèrent les noms courus des sociétés

    Mais d'enrober mes fatuités de perrier-menthe
    je m'attire un nouveau drame de politesses
    confondant en écho brame et maudite messe
    à la propriété brave, compatissante
    par quoi s'entend des lavements l'hypocrisie

    Et c'est le ventre ballonné de flatulences
    que je cherche l'endroit propice où délivrer
    Poésie ! Poésie ! ton formidable pet
    Que son tonnerre exalte au seuil de la conscience
    comme aux ciels morts manque le parfum de mon cru

     

    tiniak © 2011 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

  • angellipse

    ANGE.JPGJ'ai fait
    - vit' fait !
    ma logicielle course
    Oh, ciel ! pour ta Grande Ourse
    avec sa queue de pelle
    Á l'orient m’épelai
    d'un trait le Cygne
    ne sachant comme en être digne
    d'un geste me signai
    les bras baignant dans ta soupe de lait

    M'en songèrent
    mensongères, mes alarmes
    Roulé dedans, l'affût de mon ogive
    flanqué de sa dérive
    en butée
    toujours contre le même
    rocher
    crispé sur son granit
    repoussant des marées la moindre invite
    clapotant des "je t'aime"
    - le chant masquant une siérine antienne :

    Á l'eau, semaine !
    Á l'eau !
    ce que l'ordre nous vaut
    c'est qu'à nouveau promènent
    au rivage, sirènes
    appelant à elles bateaux
    voguant sur le dos des chevaux
    dont le galop géant
    fait mousser le bel océan

    J'ai su
    - vit' vu !
    des filles rue d'Enfer
    comme on peut être fier
    à s'empoigner le cru
    Oh, dais velus !
    m'en saigne
    de n'avoir d'autre but
    que vous avoir connus
    comme le bon latin l'enseigne
    et d'un air entendu
    de me rendre à la régalienne
    repu

    Me disaient
    médusées, mes disances
    qui croyaient mon chien en vacances
    à la plage :

    Allons, garçon !
    Allons...
    Ton recours à nos pis allers
    ne saurait te faire oublier
    ...voyons !
    quel est ton apanage
    une fois soldé le carnage
    Allez, Tout Beau
    à cette Autre, là-haut
    retourne lustrer l'écheveau

    J'ai mis
    - vit' dit !
    les deux doigts dans la prise
    et goûté de sa friandise
    l'étrange
    sentiment de laisser passer un ange

    tiniak © 2011 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

  • hérisson

    Pour Une trouvée bien frisquette
    et m'ayant tout atomisé
    j'aurai voulu m'adoniser
    remisant tennis et casquette
    au profit de veste cintrée
    d'ivoirin fume-cigarette
    cape et capel appropriés

    Présenté le carton d'usage
    (lettres gaufrées, enluminures)
    je travaillais à cette allure
    qui sied aux mondains vernissages
    où d'aucuns conservent galure
    au chef, en dépit du chauffage
    - ostensibles investitures…

    J'avisai quelque ragotin
    par les mains tenant ma trouvaille
    Il consentait à la baisaille
    forçant le clin d'œil opportun
    Ai songé "pourvu qu'il s'en aille"
    mais il se cramponnait si bien !
    je crus devoir livrer bataille

    Jouant des coudes poliment
    j'approchais parmi les dandys
    l'objet de ma venue ici
    qu'entreprenait l'autre pédant
    À ma vue, son œil ébaubi
    me manifesta nesciemment
    une curiosité ravie

    Une rapide introduction
    m'apprit que l'autre était son frère
    qu'on en fêtait l'avant-première
    en exclusive promotion
    L'œuvre était assez singulière
    intitulée "Le Hérisson,
    ou le désordre débonnaire"

    Je reconnus à la sortie
    y avoir pris grand intérêt
    soutins que les écrivassiers
    pousseraient bientôt les hauts cris
    "comment prétendre ribauder
    et chercher postéromanie !"
    et, critiques, péroreraient

    Ainsi devisant sémillâmes
    lui, elle et moi, confraternels
    rendus à notre naturel
    buvant la nuit dans Tout Paname
    Lui, rentra cuver à l'hôtel
    Nous partîmes brûler nos âmes
    une fois déplumées nos ailes

    J'entends qu'il faut donner raison
    et maximiser le message
    pour en tirer quelque avantage :
    au jeu des représentations
    le sot manquera de courage
    quand chatouiller un hérisson
    peut conduire à plus doux partage

    Pour un Impromptu Littéraire - tiki#115
    tiniak © 2011 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

  • Triche, ris !

    Louise Marquise

    C'est quand tu triches que tu m'es chair
      ma chère
    Comme tu sais, fais l'ange
    et gratte-moi le rêve ou ça démange
    Juste là
    dans ce vaste théâtre à son Dernier Repas
    à cet endroit qui nous prépare, sans repère
    à regarder l'envers
    des corps
    en lutte avec l'intuition de leur mort

    Oh, Chair Petite ! encore un tour
    de passe-passe avec le jour
    sa nuit
    l'un l'autre ombre et lumière à ton appui
    s'administrant des politesses rigoureuses
    contraste velouté, courbe libidineuse
    arête
    au gré d'un œil aigu qui n'en fut qu'à sa fête
    à saisir le moment
    de rameuter l'entier au fragmentaire instant

    Ô Chair Ange...
    Flagorne-moi l'orgueil de facéties étranges
    Fais l'idiote !
    Lolite-moi des murs en petite culotte
      que Pierre en reverdisse
      que fasse le Jules, oh !
    et que paupière glisse, allègre étau
    Ta robe de mariée ophélise des lacs
    accuse des fourrés libres le vrac
    et va danser plus loin

    L'ordre entre parenthèses
    compte sur ses "dit ? doit !"
    un tas de maudits demeurés sans voix
    devant ta bouche fraise
      Chaperon Rouge sens
      comme s'apaise le monde en suspens
    Ta façon d'en délire
    - pour la recomposer,
    la Règle chaotique, c'est l'Idée
    aussi la ritournelle

    Où la couleur est guise
    fredonnes-tu, Marquise
    le bonheur que c'est de maîtriser l'or ?

    Quand la vie hait la mort
    et que tout s'électrise
    l'artificiel a goût de friandise

    La matière et le corps
    à l'instant fraternisent
    et signent l'accord en ton nom : Louise

     

    tiniak © 2011 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    Inspiré d'une photographie de Louise Markise

  • prÉlude à la Garce fArcie

    à l'ami Vegas-sur-sarthe,

    FOU_RED.JPG

    Écrite blanc sur noir - dessous, un fleuve rouge…
    la vie qui me promène en laisse chaque soir
    décrite noir sur blanc à l'heure où rien ne bouge
    de ma sempiternelle et fraternelle histoire
    pour le sombre tapi qui réclame « lumière ! »

    Vous allez demander « quel est ton nom de chair ? »
    « Parle-moi fort et clair, je saurai t'écouter »
    Et moi de triturer la marge d'un feuillet
    vous donne du Poucet, du Chien et du Cythère
    caressant le tapis où se croisent nos jambes

    Passe un ange-éléphant jouant viole de Gambe
    et nous voici au seuil de savoir oublier
    quel enfer est l'endroit où, aboutir ensemble
    résulte plus souvent du hasard que du souhait
    -  le parti du tapir (en rire !) pour seul remède ?

    « Mais... ! ne veux point mourir... Que votre bouche est laide ! »
    hurlez-vous peu ou prou comme un soupir aimant
    Et moi de reverser du rouge sur le blanc
    applaudis répétant « que votre boucher l’aide »
    en tirant sur le tas pire encore leçon :

    Voyez comme la garce affole le garçon
    Elle à poser question, lui à sauver la farce

    Il s’en fallut de peu que nous n’en éludions la grâce
    - et le cordon !

    tiniak - Ruades © 2011 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK