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  • Du rire

     

    le rire de Gouarch

    Rire, alors... oui, bien sûr... bien sûr

    Dites voir quelque chose de drôle
    que je m'en masse un peu l'épaule nouée
    où restent des griffes de perroquet
    plantées
    comme les femmes sur les vieux ports
    qui maintenant s'en retournent
    tandis que l'autre là-bas séjourne
    leur croupe grassement ignore
    le sillage des météores
    mais entre elles - je le vois bien
    clair et léger, le rire vient
    (des aveux, peccadilles et détails
     par quoi régner sur leurs bercails)

    Vous allez rire, moi
    plutôt je reste, quoi
    figé dans la levée du soir
    cette lèvre
    que le ciel nous ferait une mauvaise fièvre
    il me semble
    qu'avant de nous vomir la nuit
    elle tremble

    C'te blague !
    j'aime entendre celui des vagues
    de rire
    au passage de nos navires
    et puis de s'empresser d'aller tout raconter
    à Neptune
    au reflet d'un faisceau de lune
    et, s'il s'en trouve encore, à la sirène
    sur les longues fréquences des baleines

    Ah, combien de marrants, combien d'énergumènes
    partis le rire aux dents débourser la semaine
    - dites voir...
    se sont tordus comme algues dans un jus noir ?

    Ah, mais là, je rigole
    (d'où, que nous n'aurions pas été à même école ?)
    Si, si... je me sens bien

    Rire... ben tiens !

    nerver serious, createur demotions

    tiniak - Ruades © 2010 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK 

    Illustration ci-dessus extraite de Créateur d'Emotions
    Illustration d'entête : Anthony Le Gouarch, peintre.

     

  • altérités fractales

    Le corps s'est oublié quelque part alentour
    (pour se mettre à l'abri d'un familier travers ?)
    Barreaux scellés à l'habitacle aux rigoureux contours
    impossible d'ouvrir ni fermer les paupières

    Le regard fragmenté cherche dans l'alternance
    un chemin d'évasion à l'horizon marin
    où donner libre cours aux rêves laissés en souffrance
    et rhabiller le sort de plus vastes desseins

    Le besoin virulent, tenace, d'accomplir
    une équipée sauvage et folle au gré du vent
    occupe tout l'espace offert, brûle d'en investir
    dans le moindre intervalle un lieu d'embarquement

    L'obscurité s'acharne à contrer la lumière
    mais n'en saborde pas l'entier de son élan
    comme après son reflux à nouveau monte vers la terre
    le long bras de la mer chargé de goélands

    Gaëna Da Sylva, photographe

    tiniak ©2010 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    inspiré par une photographie de Gaëna Da Sylva
    extraite de sa CHAMBRE NOIRE 

  • Glorioles

    gouttes-or.jpg

    Et cet or qui m'appelle !
    Il susurre mon nom, en tire les ficelles
    que j'entre en pantomime
    avec, au pied, ce chien familier, mon intime
    et vilain compagnon
    l'œil et la queue dressés, marchant sur mes talons
    pour la gloire
    d'être à catastropher une prochaine histoire

    Oh, tremper dans le vide
    et n'avoir pour plancher plus que cet or liquide !

    Viens-t'en, pâle gigogne
    monter un castelet pour m'en carrer la trogne
    que j'aie l'air de ce veau
    qui crache dans la soupe avant d'y fair' chabrot
    que j'épouse ta forme
    avec, en espaliers, ma nature hors la norme
    l'œil et la queue pressés
    d'aller goûter au fût d'une autre énamourée
    pour la gloire
    d'être à catastropher une migraine poire

    Oh, moucher cette emprise
    où s'animent du jour tous les "qu'on se le dise" !

    Et cet or qui me noie !
    que j'en ai le carné tout vaporeux d'effroi
    pour la gloire
    d'être à ne pas céder mon secret territoire

    tiniak - Ruades © 2010 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

  • maintes nues

    DIALOGUE DE SOURDS

    ASLEEP.JPG

    Les mains disent beaucoup de choses sur un homme... ?
    Non :

    Les mains en disent long sur l'homme qui les porte
    à réparer le soir chez l'Autre qui l'accueille
    s'en saisit doucement, puis se les mène à l'œil
    pour y voir au plus près comme caresse avorte
    cherche à y remédier de quelque sorte

    "Une maille à l'endroit, une maille à l'envers
    "où donc sont les mitaines tricotées hier
    "- que j'en ai la migraine à vous entendre encore
    "annonçant votre mort quand je filais la laine
    "et lançant votre peine à travers le décor
    "craignant tant pour vos mains que votre propre sort ?

    "Plus froides sont - c'est entendu
    "les clenches donnant sur la rue
    "De là, nos vives empoignades
    "pour chauffer votre cœur malade
    "Sachant qu'il n'y suffirait pas
    "des mitaines en chinchilla,
    "pour me revenir, à coup sûr
    "les mains craquelées d'engelures !

    "Quel baume ou quelle pommade, vous faudra-t-il
    "pour vous rendre en toute saison la main habile
    "à me prodiguer des caresses
    "plutôt qu'à me prier sans cesse
    "de vous rafistoler la pomme
    "triste bonhomme ?"

    asleep_mucha.jpg***

    "- Tu voulais quelque chose ?
    "- Non, pourquoi ?
    "- On se lève ?
    "- Oui, ma foi...
    "- Tu sais...
    "- Quoi ?
    "- Tu parles avec les mains quand tu rêves."

    ***

    Les mains disent beaucoup de choses, en somme.

     

    tiniak © 2010 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Impromptu Littéraire (avec incipit) - tiki#91

  • Union Jokes

    à ma Toune

    Nous partîmes tous deux nos mains s'aimer le corps
    Voyez la centurie ramer notre galère !
    pour avoir avoué devant monsieur le maire
    persister dans l'envie de cheminer encore
    ensemble
    tant que nos yeux rient, que nos mains tremblent
    dans le prolongement de l'entrain
    qui nous mit face à face, un à un

    Dis, ça en fait des yeux alentour
    Qu'ils multiplient les pains, mais nous laissent l'amour
    et le rire
    à vivre le meilleur au plus fort de L'An Pire

    Par don, je te lis seule ainsi que tu me bois
    et, de là, nous plaisons à notre propre affaire
    qui est de consommer - non, pas comme il se doit !
    comme bon nous ressemble
    tant que nos yeux rient, que nos mains tremblent
    s'allant un à un sur notre terre
    délicieux, nourriciers, nécessaires

    Selon toi, pour combien de convives
    faut-il dresser la table et gâcher la salive ?
    (je veux bien en venir à se cracher dessus
     si c'est pour s'assouplir et se lustrer le cru)

    Pour moi, c'est trop de monde au sein de ce négoce
    à s'occuper d'en faire un foutu sacerdoce

    Ah, n'être qu'à nous-mêmes, seuls, et sans en devoir mais !
    à Toujours - ce linceul ! ni au triste Jamais;
    se fondre dans la glaise et n'envier au ciel
    qu'une profonde et lente goulée d'hydromel

    Et conter, de nos doigts agiles
    comme demain nous reste lointain et fragile
    et - oui ! s'en satisfaire
    puisqu'aujourd'hui nous aurons su nous plaire

    wénon, ça a du bon !

    tiniak - carnÂges © 2010 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK