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  • Aux jours de pluie

    (à Gaëna da Sylva, photographe)
     
     
    Les jours de pluie
    naît le conflit
    de souhaiter que la vie s'achève
    et de nourrir autant de rêves
    que d'aventures,
    que l'oubli - sa déconfiture
    épand sur de trop larges grèves
    pour la conscience d'être ici
    à l'ouverture
     
    Pleurez, nuages
    tous vos mirages
    il me reste un songe, certain
    qui me va de l'œil à la main
    et me reforge le courage
    d'aller coucher sur le regain
    puiser sa force de partage
     
    D'un chapeau mou
    d'un blanc genou
    d'une parure surannée
    je formule un nouveau projet
    de mascarade
    en caresse la promenade
    et travaille mon déhanché
    pour balancer de bout en bout
    quelque bravade
     
    Chantez, rivières
    aux arbres fiers
    les ricochets du bon regard
    que décoche mon avatar
    Comme en vos reflets, éphémère
    à la rencontre du hasard
    je lance mon pas sur la terre
     
    Cesse la pluie
    passé l'ennui
    la vie logée aux commissures
    de mon sourire en aventure
    j'en viens au rêve
    que jamais la vie ne s'achève
    Tant que j'en ai l'investiture
    et la conscience d'être ici
    lumière et sève
     
     gaëna da sylva

    tiniak ©2013 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

    (illustration graphique composée d'après des photographies de l'album (FB) "Les jours de pluie" de Gaëna da Sylva)

  • Carton plaint

     

    Kat Grandy

     
    Je connais la manière, oh ! je sais la chanson...
     
    Il lui prend le besoin de bouger des cartons
    remplis de lendemains qui ne font plus l'affaire
    et de la crypte au front, lui monte un sang lunaire
    que rêve ni raison ne peuvent apaiser
    ni l'heur d'un doux baiser
    ni les psaumes perdus pour son oreille interne
     
    Le manège est couru jusque chez la voisine...
     
    On l'entend qui rumine aussi, à sa façon
    de frapper ses glaçons avec un pic en fer
    en marmonnant les noms qui ne riront jamais
    avec elle, en cuisine ou à plier les draps
    en lui tendant les bras
    pour être encore un peu, pas mieux aimés qu'hier
     
    Je sais bien... qui me tiens là, sur l'autre hémisphère...
     
    Notre L'Une a payé son tribu au sanctuaire :
    une semaine entière avec le ventre dur
    à blêmir et gémir que "C'est déconfiture !"
    que "C'est trop d'injustice, la nature humaine !"
    que "J'aimerais t'y voir !"
    et que "Pour se raser, on fait pas tant d'histoires !"
     
    Alors, pour patienter, je tape le carton
    avec mes congénères, garçons...
     

    poésie monstruelle

    tiniak ©2013 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un impromptu littéraire - tiki#196
     
    Illustration : d'après "Go with the Flow", watercolor by Kat Grandy
    (avouez que ça s'invente pas !!)