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  • Jeu amoureux

    Je sais ne rien savoir de vous
    D'où vient que cette belle histoire
    qui monte et me parle de vous
    me semble bien connue, ce soir ?

    Est-ce à nouveau le jeu, trésor ?
    la partition qui tout rassemble :
    un ton familier au décor
    une chorégie sous les trembles ?

    Une lumière au flux sanguin
    explose le jour et le farde
    aux rives de nos regards pleins
    où nos étonnements s'attardent

    ***

    A la même heure, au même endroit
    hier n'était qu'un mauvais rêve
    à l'instant, vous me faites roi
    puisque je croque votre fève

    Maintenant, le temps n'a plus cours
    la pluie ne fut jamais si tendre
    les arbres soufflent du velours
    que nous sommes seuls à entendre

    Où voulez-vous de mon baiser ?
    Là, dans ce pli de votre chair ?
    dans votre paume ? sur vos pieds ?
    autour de vous dans l'atmosphère ?

    Un peu que je vous reconnais !
    vous êtes à la promenade
    Depuis, vous aimant, désormais
    le goût, sans le vôtre, m'est fade

    Rendez-vous à cet argument :
    nul autre ne vous chérit comme
    l'absolu de mon sentiment
    N'hésitez plus, je suis votre homme !

    Et quoi ! vous passez sans frémir ?
    à votre allure de madone
    Vos yeux ne sauraient pas mentir
    Vous espériez que je me donne !

    Un trouble passe et vous avec
    La leçon est dure, blessante :
    mes renforts de salamalecs
    vous laissent donc indifférente ?

    Xanadu dans votre walkman
    votre chien tirant sur sa laisse
    vous ignorez mon cœur profane
    et ramenez ailleurs vos fesses

     

    promeneuse
    tiniak © 2012 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    Illustration :
    Lolek 

  • sleeping madonna

    Val Tilu, photographe

    Non qu'elle repose, affaiblie
    usée par les travaux des champs
    ni cède à la mélancolie
    que nous rameutent les couchants
    Ses courbes murmurent les chants
    où peine de l'âme s'oublie
    et se rie des tristes couchants
    Elle n'est que songes et rêves
    ignorant tout des lents soleils
    Son souffle a le parfum des grêves
    Sa peau absorbe les vermeils
    En sa pose logent les trêves
    que lui réfutent ses pareils
    épris de ces vilains soleils
    jaloux de nos pas sur les grêves

    tiniak © 2012 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Impromptu Littéraire calé sur les rimes de "Soleils couchants" de Paul Verlaine, et avant tout, inspiré par une (délicieuse) photographie de Val Tilu.

  • camille (cinq sens)

    La main enfin rendue chez elle
    près du sein juste sous l'aisselle

    Le regard au seuil du miroir
    que seule l'Autre peut savoir

    L'oreille attentive au soupir
    dans l'orchestration du plaisir

    Le parfum pur et dissemblable
    de la chair incommensurable

    La saveur au nom dépouillé
    juste au moment de comater

    Je suis le seul oiseau de nuit
    qui en sache goûter l'esprit

    white_nightowl.gif
    tiniak © 2012 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

     

     

    Lien permanent Catégories : carnÂges 6 commentaires
  • revolver

     

    Green Lemon

    à Laurence Le Masle

    Retourner la question "qui suis-je ?"
    est-ce dire "qui êtes-vous ?,"
    plutôt que "vous m'emmenez où ?"
    À quel ordre tient ce vertige ?

    Evoquer au fond le mirage
    de l'âge et ses présentations
    n'est-ce pas poser la question
    à l'âme de ses apanages ?

    Vouer son cœur à l'Autre Histoire
    quand se languit au fond du lit
    celle qui me voudrait ici
    est-ce trahison, peur ou gloire ?

    Oublier le monde et son cours
    à l'aube mourant sur le fleuve
    peut-il en naître cette épreuve
    à l'expo de Munch, l'autre jour ?

    La bouche de ce revolver
    sur la tempe de mon sourire
    t'embrasse-t-elle pour finir
    à l'angle de nos fastes, chair ?

    Voire, au-delà de l'existence
    la vanité de tout serment
    n'est-ce pas que c'est évident
    la brute vérité du sens ?

    Espérer toujours et encore
    la beauté d'un geste incongru
    rendu à l'amour éperdu
    n'est-ce le lot des météores ?

    Revolver de soixante-six
    genèse de chambardements
    charnel esprit en mouvement
    ne suis-je pas ta catharsis ?

     

    Loloche en plein speed

    tiniak © 2012 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

  • coutures

    Un défi du samedi

    Files filiales, filiations !
    Dites-moi, sans compromission
    quel est de ma pensée le fil
    qui la sauve de l'Imbécile
    et renoue
    avec l'essence les Rien z'et les Tout ?

    Sur ma pelote hebdomadaire
    se pourrait-il qu'un dromadaire
    arguant du pagne d'Osiris
    me refusât son oasis ?

    Sur le parvis des cathédrales
    offert au vide sidéral
    tricottent des veuves sans faim
    la laine de nos Lents Demains

    Dois-je y comprendre
    ce que les noeuds des Cieux Seuls cherchent à m'apprendre
    de la vie
    comme de fil en aiguille âme s'en soucie ?

    Crochets, plaidez vos canevas
    au tribunal des entrelacs
    je n'en ai cure !
    préférant tisser dans le vent mon aventure

    Oui, au hasard
    d'une aube bayadère
    de l'air d'un ciel jacquard

    De cette chaussette orpheline
    qui me laisse perplexe devant la machine

    tiniak © 2012 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Défi du samedi