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  • pavane atlante

    ancre1.jpgPar les flots liquoreux du souvenir tenace
    une ancre s'est jetée vers le socle rocheux
    où traînent dans l'oubli d'indicibles menaces
    réduites à des bouches sans pattes et sans yeux
    attachées pour le mieux à perpétuer la race

    A la surface où bombe un ventre maladif
    le rougeoiement du ciel était sur tous les fronts
    l'heure avançait sans bruit un ordre impératif
    avec l'est à bâbord, les ombres sur le pont
    couvraient de tout leur long les hommages plaintifs

    Voici l'esquif à l'or flottant sur l'insondable
    et sa nage alourdie par l'inertie des corps
    n'y pèse guère plus qu'une poignée de sable
    malgré la gravité de ces deux époux morts
    qui souriaient encore hier, en bout de table

    A l'impensable nul ne s'était préparé
    le couple capital tenant en sa férule
    tous les points cardinaux des humbles destinées
    - la vieille en rapportait la gloire majuscule
      au minot sans recul, au marchand étranger...

    Ni dieu, ni tous les saints n'auraient contré leur dit
    ni les calamités osé lever le groin
    "vous aurez bien assez de vos cieux infinis!"
    leur avaient ri au nez en se donnant la main
    ces mages sur le point de fonder leur pays

    Epiphanie d'un temps de sens et de raison
    que pleure au crépuscule un fébrile océan
    de quel siècle harmonieux sonnes-tu l'abandon
    au moment d'accueillir ces corps drapés de blanc
    tandis que, sous le vent, s'affaisse l'horizon ?

    (à terre, une pavane
     dilate ses accents dans la brise océane)

    Pour un Impromptu Littéraire - tiki#114
    tiniak © 2011 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

  • Trilogie filiale

    Dans le carré de la fenêtre
    un vert acide oppose au bleu
    sa frange où l'or vient de renaître
    aux dépens d'un matin laiteux

    Sur mon dos pèse la douceur
    confiante et s'éveillant à peine
    que l'évidence de ton cœur
    prodigue au fil de ton haleine

    Ma fille
    Déjà la journée à ton nom pétille

    A nous deux, dans l'interminable
    dessin, la phrase ambulante
    se joue l'amour inénarrable
    par où nos esprits s'apparentent

    Tu as le goût des fleurs mâchées
    au ras des gazons mollissant
    Dans tes yeux logent des aînés
    caribéens et bienveillants

    Ô Sœur
    d'un même sang tiré des profondeurs

    Demain, ton sein à la fenêtre
    ouverte sur le fruit nouveau
    que tu donneras à connaître
    à la terre, au feu, l'air et l'eau

    tu viendras m'arracher le ventre
    en déposant entre mes bras
    l'autre, déplacement du centre
    par qui le Sang découlera

    Toi, mère...
    pas moins aujourd'hui dans les yeux du père

    Aimée
    Aimable
    Et de toute vérité véritable

    Zoë
    la vie qui de ma vie est le nom révélé

     

     

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    tiniak © 2011 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    (18/4/2011)

  • Alice, vingt ans après

    Toujours plus assuré, vers la Colline Aux Poules
    ton pas presse le mien de dérouler le sens
    du monde appelé à venir à ta rencontre
    et que tu vas cueillir seule et du bout des doigts

    Une logique écharpe encore ta conscience
    et les rites du jour avant ceux de la nuit
    ordonnent peu à peu le chaos alentour
    Le ciel est bien rangé derrière un volet clos

    Tu prends l'eau de partout, naïade à ton bonheur
    Ils font feu de tout bois, tes regards affamés
    La mère est à peu près dans tout ce qui s'énonce
    Paternelle une main offre de s'en défaire

    L'ombre attend que tu lui dises quand t'abriter
    avec au bras la soeur épousant ta magie
    Autant tout inventer puisqu'il faut tout apprendre
    L'heure a vite passé qui fut longue à remplir

    Et voici que l'enfance a perdu ses écailles
    Et voici que le vent chante un songe inconnu
    Et voici qu'au présent il faut livrer bataille
    Et voici qu'il existe un ordre révolu

    Alors tu vas chercher dans le secret dessin
    des lignes de ta main le rêve inassouvi
    comme un visage aimé peut survivre à l'oubli
    que passent les années, demeure le chemin

    Alice
    vingt ans après, quelle en sera l'esquisse ?

     

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    tiniak © 2011 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    (18/4/2011)

  • pigeon niais n°65

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    Et mon âme en son pigeonnier
    de se chercher des aventures
    à se gâcher l'aile à ces murs
    à force d'élans obstinés
    n'écoute plus des ris du vent
    comme ils sauraient mieux la porter
    vers de plus giboyeux sommets
    que l'ombre d'un astre bêlant

    Regardez ailleurs, mes yeux morts
    Riez de mon corps, lèvres lasses
    Puisse La Vie est dégueulasse
    vous rameuter à vos trésors
    (tutoyer Mistraou et Norouët
     en allant pisser sur le porc
     qui vous raillait, hier encore
     de ne pouvoir vous mettre en miettes)

    Pigeonnier2.jpg

    Sans blague !
    C'te blague
    Depuis que j'ai remis ma bague
    non content de ma liberté
    (de lutter contre mes microbes)
    je ne vois que des pigeons niais
    quand, au printemps, fleurissent robes
    cravates lâches sur cols mous
    et ceux prêts à jeter l'opprobre
    à genoux

    Suis-je quelque part au donjon
    où tu viens grimper - allez, donc !
    pour la gloire
    dont tu feras demain toute une histoire ?
    Queue, non !

    Oh, pardon ! tu ne sais pas l'ire...
    (soupir)

    Pigeonnier3.jpg

    J'en fais quoi de mes congestions sur l'oreiller ?
    Je te les jette, me les taie ?
    Au prétexte qu'il faut tout dire
    serai-je... (écartelé, au pire) ?
    Que sais-je

    Et, à la réflexion, suis-je ?
    Qu'en dites, au miroir, piges, vestiges ?
    Tu dis, mon sang ?
    Qu'il n'est de réponse derrière, ni devant ?

    Alors quoi !
    L'aujourd'hui pourrait ainsi naître sans finir
    qu'à l'instant de se rendre en un grêle soupir
    navré
    incapable de volupté, ni d'agonir
    d'injures
       l'impérieuse nécessité de la nature
       le ciel
       l'autre qui m'aura voulu priver d'hydromel
       et la petite flamme, calme, pleurnicheuse
       déplumée, empêtrée dans la flaque boueuse
       où se figent
       de mon pigeonnier ruiné les frêles vertiges ?

    Pigeon vole
    que j'isole
    de mes Moires
    l'aréole
    bénévole
    d'un rais noir

    rehaussant mieux que mon orgueil
    la larme filant sur la joue
    traçant fin le glacis du deuil
    quand, au-dehors, l'air est si doux

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     tiniak - Ruades © 2011 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

  • couchant & preuve

    C'est ça

    couché !Va donc voir de l'autre côté
    ceux qui vont mourir saluer
    Ton Règne
    en donnant du "Très-Haut Qui Nous En Saigne"

    Le sang qui te monte à la face
    est rouge Moire, est dégueulasse
    et coule
    sur des canopées d'où l'ombre roucoule

    Quel que soit l'horizon choisi
    tu fermes ton œil cramoisi
    des viandes
    qu'a sucées ton journalier dividende

    Va, de ce côté-ci, l'On dort
    De l'autre, peut mourir encore
    une île
    où tant auront débarqué leur exil

    Répands tes huiles vespérales
    sur les frondes sentimentales
    des routes
    trop éloignées du singulier Sans Doute

    Qu’importe la ligne de fuite
    y convergeront nos conduites
    y passe
    ricanant, l’euphorie qui nous menace

    Va, ton jus d’oranges sanguine
    l’étalage que nos cousines
    postèrent
    punaise et récollection, nos posters !

    Notre nature d’affamés
    jamais ne put se contenter
    d’un jour
    Et toi, de la narguer faisant ton tour

    Va, donc ! rougissant pour la frime
    sonner à l’opposé leur prime
    et meurent
    sans retour de salut nos Pairs Prieurs

    tiniak © 2011 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK