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ludique

  • dits de chute

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    à Toncrate, pour une part ; à Tisseuse et Cacoune, pour beaucoup ; à Lily, aussi, Mon Petit Ailleurs ; à celles et à ceux qui, des failles, roulent les yeux, fument la paille...

    chat, non

    chat va ?je ne suis pas chat
    quand je tombe
    je me casse la gueule

    je ne suis pas un chat,
    moi

    je ne suis pas un chamois
    en montagne
    j'ai le vertige
    je tiens à peine sur mes tiges

    je ne suis pas chamois,
    quoi

    chamois, non pas

    boum
    patatras

    c'est quoi le fond, au fond ?

    chute!
    c'est le choir, brut.

    sauter en parachute
    gavé, le rêve !

    mais la nuit est trop brève
    un matin l'exécute
    et sur le sol s'écoule un rêve inachevé
    qui ne l'aura pas volée

    - T'as rien de mieux à faire
    que te rouler par terre ?

    - Si, mais j'ai pas d'elle

    ceci n'est pas un entonnoirau fond de l'entonnoir
    un corps étanger
    il fait bouchon
    il est coincé.

    exhalaison
    venue du fond
    des parfums de vin d'épices
    viennent lui picoter les cuisses.

    il porte son regard
    vers le bord évasé.

    un renversement de la situation
    me serait salutaire, pense-t-il.

    un oeil ? une narine ?
    ... font leur apparition
    au sommet de l'ustensile.

    ah, c'est bouché, dit-on.
    l'étranger reprend espoir
    et fait déjà meilleure mine à voir.

    quand soudain, la question :

    que vaut-il mieux au fond ?

    que pour de bon
    j'aille jusqu'au tréfond
    me noyer enivré de délices ?

    ou tourbillon
    vriller vers le plafond
    si tant est que jamais j'en finisse ?

    la question le met au supplice
    bien moins que la solution qui s'immisce
    à la pointe du tire-bouchon.

    !splash!falaise vue d'en bas
    écho des échos
    le monde sur moi
    qui me tiens, les bras en croix
    debout, face à la paroi

    mais qu'alors je me retourne
    et j'obtiens du destin une autre ristourne

    falaise vue d'en haut
    ma vie sur le dos
    et l'onde à mes pieds
    l'invisible à embrasser
    à genou devant la baie

    mais qu'alors je me retourne
    et j'obtiens du monde une autre ristourne

    attends-moi, la main
    à bras! à bras!
    attends-moi là, vie qui va

    la vie qui s'en vient
    la vie qui s'en va
    la vie qui ne s'arrête pas

    tant pis, allez
    j'aime mieux tomber
    et tomber encore et encore

    et tomber tomber
    et tomber encore
    tomber dans tes bras corridor

    amoureusement mise à mort

    pour dix de chute,
    c'est excessif
    garde ton calebute,
    range ton canif

    calecif.jpg

     - quand gourou fâché, lui toujours faire un slip! -

     

     

    - Pierre tombe, Al !
    - et alors! 'fallait pas pousser non plus !

    (voyons ce que là-contre Pétri fit)

    - comment ça, au ciel ? il est même pas mort !
    - ah ça nan, mais qu'il a eu chaud !
    - tu veux dire qu'il a chu haut.

    ... mêmpômôl...
    (dit la veste)

    tiniak ©2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

  • mignonne est autre chose

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    mignonne, allons voir autre chosemerde rose !
    je chie des boutons d'or
    et dégueule en osmose un reliquat de flore
    que l'infâme hellébore et l'idiot pissenlit
    répandent en lisier sur mon bel aujourd'hui
    et ça sent pas la rose, j'te l'dis !

    pute serge !
    je t'en foutrais des fleurs
    dansant la capucine au banquet des chasseurs
    attendant à l'affût que viennent porter plainte
    de pauvres petits culs défoncés à l'absinthe,
    le nez dans les crocus !

    con d'iris !
    mets l'ancolie au frais
    ce triste bégonia que chérissait l'aïeule
    n'aura jamais l'attrait des plis de ces glaïeuls
    qu'on goûtait sous la meule à l'été finissant
    à l'heure où le lin seul feule dans le couchant
    et qu'on allait glaner au champ...

    'tain, chui verte!mer de roses ? vaste blague !
    couronne-la si tu l'oses, ma dague !

    mer de roses ? foutoir !
    parle-moi donc de ta tulipe noire !

    mignonne, allons voir autre chose...

    et viens-t'en ça, coquine
    pisser dans la glycine.

    tiniak Le niak(ouèèè) © 2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

    supplément au thème floral des Impromptus Littéraires,
    ceci dit pour faire taire les malins qui m'auraient dit fénéant, noooon mais !

  • miracle

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    L'adieu m'est trop...

    Était-ce
    l’éclat de ce regard perçant l’allée du bus
    perçant les corps des laborieux
    des étudiants, de ces deux vieux
    et au-delà jusque dans mon œil amoureux ?

    Était-ce

    le pli de cette lèvre, ourlet de fraise, humus

    murmurant des perles d’envie

    sur la banquette d’un taxi

    et communiquant cette fièvre à tout Paris ?

     

    Était-ce

    la tension de ce corps dans la danse nouvelle

    livrant sa ferveur sous la douche

    après ce tour en bateau-mouche

    où nous nous étions visités de bouche à bouche ?

     

    Était-ce

    la vigueur de ce chant, mon nom que tu appelles

    clameur venue du bout du quai

    où je pars sans me retourner

    pour embrasser ton souvenir et l’emporter ?

     

    Je ne sais plus par quel miracle

    je suis encore ici

     

    Longeant les bords de Seine

    au bras de ma sirène

     

    L’adieu m'est trop odieux spectacle

    à nous, Paris !

     

     

    tiniak ©2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

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    pour les "Impromptus littéraires" - tiki#23
    où je vous recommande aussi les textes de...

    Gino Gordon,

    L'Arpenteur d'étoiles, Poupoune, Minimifa.

     

  • Que vous sers-je, Lama ?

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    Marcel et le Dalaï Lama sont dans un bateau.

     

    Un certain Joe K. que pour des raisons de discrétion évidentes nous appellerons Marcel est, à sa manière, un de ces quidams que la bonne fortune a gratifié. Tel que nous le découvrons, Marcel est reçu par le Dalaï Lama en villégiature sur le lac d’Annecy - lieu où il a coutume de modérer les effets du décalage horaire.

    C’est dimanche. Tous deux s’entendent comme larrons en foire. Le caractère goguenard de Marcel a séduit l’éminence tibétaine qui lui prodigue naturellement sa tranquillité d’esprit.

    Ils aiment se retrouver dans ce cadre pour s’adonner à leurs deux loisirs favoris : la bataille navale et la pêche.

     

    Depuis quelques minutes, dans leur petite embarcation, la partie bat son plein. Elle touche même à sa fin.

    «  - B2, annonce Marcel.

    -          Touché ! dit le Dalaï Lama.

    -          Ha ! Haaa ! fait Marcel, qui a déjà pillé l’armada du saint homme, et part à la recherche de son dernier navire.

    -          B3 ?

    -          Encore touché ! grogne le Dalaï Lama pour qui l’issue de la joute ne fait plus de doute.

    -          Et bien B4, alors déclare Marcel, avec une certaine retenue dans le triomphe.

    -          Coulé ! capitule le Dalaï Lama. Mon cher Marcel, je te félicite pour cette partie menée de main de maître. Allons, viens là que je te donne l’accolade. »

    Ce disant, le saint homme se dresse dans la frêle embarcation. Dans ce mouvement, les plis de son vêtement se prennent dans la canne accotée près de lui. Marcel s’en aperçoit, tente de l’en avertir d’un geste. Mais le Dalaï Lama se méprenant sur la signification du bras tendu vers lui s’avance davantage, vacille et bascule dans les eaux du Lac.

     

    LAMA.JPGDe retour à son travail, Marcel entreprend un de ses collègues (et ami) sur le contenu de son  dernier Week-End. Celui-ci lui répond :

    « - Mwof ! On est allé à la campagne, chez mes beaux-parents. Me suis fait chier… Et toi ?

    -          - Bah moi, j’ai coulé un bonze. »

     

    tiniak ©2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

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    pour les "Impromptus littéraires" - tiki#22
    où je vous recommande aussi les textes de...

    Gino Gordon