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maison close

  • manutension

    maison de rêveLa main se tient là, paume ouverte
    et là, goutte
    à mesure, sans aucun doute
    le temps qui feint le mouvement

    Son ombre a glissé là-dessous
    à l'oblique
    Elle formule sa réplique
    et peut-être bien qu'elle ment

    À distance, dans la maison
    chante l'horloge pour le soir
    venu rosir à l'égouttoir
    une vaisselle de saison

    Un appel à tout ravagé
    Le mouvement feint d'ignorer
    le jour qui sort par le jardin

    Et prise et grise de désir
    la main refuse de gésir
    tant que reste au ventre une faim


     

    lente-main !tiniak ©2012 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

  • Rideau (1)

    Les rideaux du salon bourgeois s’ouvrirent sur une ombre d’un noir profond. Les filles attendaient, retenant leur souffle. Certaines avaient déjà une coupe de champagne à la main que le visiteur inconnu avait fait livrer – trois caisses pour la soirée, et du magnum encore ! Paraîtrait-il seul ou en compagnie, personne n’en savait rien.

    L’ombre frémit.

    Un manteau apparut, tombant sur une botte de fine facture. L’instant était tendu. Il se faisait rare que quelqu’un réservât pour lui seul toute la maison. C’était payé d’avance. Les filles avaient été choisies – toutes n’étaient donc pas là. Manquaient Suzie, Julie, Annabelle et Rita, les plus grosses, quoi. Exception à cette règle, Carmen était du nombre ; sept en tout et pour tout.

    Il y aurait donc Terri, la « flingueuse », Nadja, la jeunette et ses couettes, Catherine, au cheveu moutonnant, Carmen la « mouette rieuse », Luna, la brune au franc parler, Steffi, la « croqueuse de joncs » et Pearl, la rouquine irlandaise.

    Une voix mélodieuse perça depuis l’entrée :

    « Le bonsoir à vous toutes, mesdames » L’inconnu s’avança. Toutes purent mesurer à sa tenue qu’il s’agissait d’un riche personnage – on s’en serait douté à moins. En revanche, l’homme n’avait rien de très remarquable hormis son regard. De stature moyenne, les membres finement musclés, le poil brun et la peau hâlée, il n’avait guère dépassé la trentaine, semblait-il. S’arrêtant entre les pans du rideau, il poursuivit : « Permettez que je me présente. Je suis, pour vous ce soir, le prince Ali Anouar Ibn Nassri. Mais appelez-moi Norbert, je préfère. »

    Toute gainée de cuir noir, Terri fit un pas vers l’homme et lui tendit une coupe de champagne en disant : « Les filles, souhaitons la bienvenue à Norbert ». Levant haut leurs coupes, les filles s’exécutèrent en portant un toast enjoué à l’adresse du visiteur.

    Dans un manège bien rôdé, qui s’empara du manteau, qui indiqua un siège, qui s’approcha en gloussant, tandis que les autres prenaient leur pose favorite.

    Carmen lança à la ronde : « Dites, les filles, et si on commençait par le jeu du poteau rose ? »

    « - Du pot aux roses, s’enquit le visiteur avec un intérêt modéré. De quel genre de roses, pour quel genre de pot s’agit-il ?

    « - Je peux vous l’dire moi, monsieur, dit Nadja qui roulait une couette sur son doigt. Comme l’autre acquiesçait, elle poursuivit : En fait, c’est du poteau rose là-bas qu’on parle. 'oyez ? On s’y met à trois ou quatre, on tourne sur une main et la dernière qui tient le poteau gagne une rose. Avec cette rose, elle choisit son monsieur. Ben, comme vous êtes le seul monsieur ici, elle peut aussi choisir une fille. Après, c’est le monsieur… ben vous donc, de toute façon… c’est vous qui choisissez ce qu’elles doivent faire.

    « - Va pour le poteau rose, si je peux choisir qui d’entre vous y va faire un tour, d’accord ? »

    On applaudit à ce commandement. On repartit à glousser et à pousser des petits cris d’excitation juvénile. Un client qui accepte de jouer dès le départ, ça promet une soirée plutôt festive et bon enfant, en règle générale.

    to be continued soon