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manifeste poétique - Page 3

  • olive

    olive

    Prostrés devant la fraîcheur nue de l'olive
    ogive entrée à peine en sa maturité
    le vieux et sa pitchoune salivent.
    Nul plaisir ne fut tant désiré.
    Qui de nous sût jamais d'où l'intime commande
    sans craindre de rougir, ou devoir avouer
    l'irrépressible envie, sensuelle et gourmande.
     
    D'un rien parfois surgi
    comme un vent de saison, tout s'éclaircit.
    Et la grave lenteur à l'œuvre par ici
    force attachant le pas de l'homme
    et son souffle à sa loi, peut s'alléger soudain
    de tous ses désarrois. Même si, du parvis
    que nul mystère ancien n'arpente désormais
    sans valable raison, réclament de l'adoration
    les voiles rouges et mirifiques d'un pénible pensum.
     
    Suffise à son bonheur l'élan rafraîchissant.
    A chaque âge les fruits de sa maturité.
    Un bouquet de pensées pour un mot bienveillant.
    Autant d'inattendues que de saisons passées.
     
    Nous lisons des magies dans les flaques
    et buvons leur liqueur nostalgique et patraque.
     
    Dans nos yeux vos chères appétences
    et la pure injonction de leur simple jouvence
    ont jailli hors la vaine malice.
    Et cette vérité du regard entre nous
    cet élixir, or moelleux de vin doux
    sobrement suspendu, écoule sa lenteur
    baigne sans noyer l'heure
    pour laquelle un instant rejoue d'éternité
    la droite inclination de nos gourmands bonheurs
    tant espérée, quand l'alentour se meurt
    d'amour pour la saison et sa vive couleur.
     
    tiniak ©2014 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Impromptu Littéraire  - tiki#203
    ...particulièrement tordu puisqu'il s'agissait de composer une traduction fictive d'un poème de Vesna Parun, proposé en langue croate :
     
    USNULI MLADIĆ
     
    Prostrt na žalu sjenovitog zatona

    leži kao ograđeni vinograd

    usamljen i valovima okrenut.

    Njegovo lice ljupko je i ozbiljno.

    Ne znam je li ljepša grana šipkova

    puna cvrkuta ptičjeg, ili pregib

    njegova pojasa, gipkiji od guštera.
     
    Slušam tutanj niske grmljavine

    koja se izvija s mora, sve to bliže.

    I skrivena u lišću stare agave

    motrim kako grlo mladića postaje galeb
    i odlijeće put sunca, klikćući sjetno

    u žutim oblacima. A iz bronce

    njegova raskošnog trbuha diže se mrko

    cvjetna vrlet, na kojoj se odmaraju

    prekrasne vile i kraljice iz bajkâ.
     
    Šušti žalo i more je posivjelo.

    Zlatne sjenke zasjeniše vinograd.

    Stubovi oblaka penju se u daljini.

    Munje dotiču šumovitu uvalu.
     
    Udišem miris ljeta u nasadima

    i puštam se da me opaja nagost bilja.
     
    Zatim gledam svoje blistave ruke

    i bedra pjenom morskom pozlaćena

    iz kojih teče ulje maslinika.

    I vraćajući mirne oči k njemu

    koji spava, uronjen u huku

    spore oluje, prastar kao agava,

    mislim puna rasijane žudnje

    koliko bijelih ptica raskriljenih

    dršće u modrim gudurama oblačnim

    tog tijela, koje tišinom zbunjuje

    šumor mora i samoću trava.
     
     
    La consigne n'aura fait qu'exacerber l'inventivité des participants qui se sont livrés à des exercices de haute voltige; encore un bel exemple de la qualité des échanges sur le site des IMPROMPTUS LITTÉRAIRES... Bravo à toutes et tous !!
     
    Découvrez l'exacte traduction du Jeune homme endormi de Vesna Parun.

    Oilbhe - Prénom d'origine Irlandaise, se prononçant Olive.gif

    Oilbhe - Prénom d'origine Irlandaise, se prononçant "Olive"

  • Aux jours de pluie

    (à Gaëna da Sylva, photographe)
     
     
    Les jours de pluie
    naît le conflit
    de souhaiter que la vie s'achève
    et de nourrir autant de rêves
    que d'aventures,
    que l'oubli - sa déconfiture
    épand sur de trop larges grèves
    pour la conscience d'être ici
    à l'ouverture
     
    Pleurez, nuages
    tous vos mirages
    il me reste un songe, certain
    qui me va de l'œil à la main
    et me reforge le courage
    d'aller coucher sur le regain
    puiser sa force de partage
     
    D'un chapeau mou
    d'un blanc genou
    d'une parure surannée
    je formule un nouveau projet
    de mascarade
    en caresse la promenade
    et travaille mon déhanché
    pour balancer de bout en bout
    quelque bravade
     
    Chantez, rivières
    aux arbres fiers
    les ricochets du bon regard
    que décoche mon avatar
    Comme en vos reflets, éphémère
    à la rencontre du hasard
    je lance mon pas sur la terre
     
    Cesse la pluie
    passé l'ennui
    la vie logée aux commissures
    de mon sourire en aventure
    j'en viens au rêve
    que jamais la vie ne s'achève
    Tant que j'en ai l'investiture
    et la conscience d'être ici
    lumière et sève
     
     gaëna da sylva

    tiniak ©2013 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

    (illustration graphique composée d'après des photographies de l'album (FB) "Les jours de pluie" de Gaëna da Sylva)

  • vois, pas voir

    018.png (un pavé dans la mare)

    Ne plus voir le monde, le lire

    A nouveau, le cortège indigne
      des maisons à deux pieds, sans murs
      et qui vont sur la tête et privées de futur
      en cherchant dans le ciel un signe
    par les sentes damées d'argile analphabète
      et tous les champs du viol des mères
      fronde sur l'atmosphère
      leur chant qui récolte le sang de la terre
    où l'homme né noir blanchira jusqu'à l'os
    sa carne dans la main tendue pour le négoce

    Ne plus voir le monde, le peindre

    A nouveau, le chaos naturel
      dans une flaque d'huile, une onde qui s'affole
      des reflets qui s'emmêlent
      artistes auréoles
      benoites
      où le réel miroite
    avec pour seuls témoins tous les yeux silencieux
      les miens, les tiens et ceux qui sont encore
      à naître de l'esprit de celui qui s'en dore
      la pilule
    loin des gesticulations ridicules

    Ne plus voir le monde, l'écrire

    A nouveau, du plus bel aujourd'hui
      avec la chair du vent pour m'en souffler des mots
      au cœur... à même la peau...
      et donner à l'oubli un semblant de palpable
      que tous les pas perdus résonnent, véritables
      par les longs corridors
    prenne corps
    nécessaire
    la vie

    Ne plus voir le monde, quoi
    C'est dit

    Krapov_oil.jpg

    tiniak © 2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    illustation photographique : Joe KRAPOV.
     

  • HEXÆMERON

    (parenthèse cosmique)

    L'orage passé, la terre et ses humeurs
    le ciel intimidé quoique propre ose peu
    l'arbre pleure
      dans un presque silence
      des larmes de géant s'écrasent à ses pieds
    la fraîcheur appelle tout à elle
      le feu même a des ailes pour la rejoindre
      notre feu étendu
      dans sa force nouvelle nos corps détendus
    la chambre tremble à nouveau, mais c'est de frissonner
      avec toute la terre et le ciel et le vent
      le vent qui fait danser les cheveux du géant
      hilare maintenant

    dragon1.jpgUn cortège se forme
      la nuit au bout et nous devant
    se met en branle
    entraîne ce qu'il touche
      ce qu'il croise
        ce qu'il déniche sous les ardoises
           dans ses poches vides
    d'un mouvement limpide et gai
    fluide sang frais

    tout ce qui a de l'esprit se ressemble
      se reconnaît dans ce dragon
      y loge des lampions que le fleuve a rendu
      et des mots feuille d'or
      aussi des calligrammes
    et c'est la fête du monde

    c'est la fête du monde en un mot, à l'instant
    craché haut dans le ciel comme un œuf blanc
    qui se brise
    et tout le chaos s'électrise
    dans une pluie nouvelle
    où somatise à tire d'ailes
    le vol planant du dragon dans le ciel

    Je t'offre un des bris de coquille et tu le manges
    Tu m'offres un bris de coquille et je le mange
      et notre malheur est étrange
      il est d'avoir conscience des anges
      en un mot, à l'instant

    Maintenant sur notre lit
    entre nos corps éblouis
    une ombre a passé l'éponge
      la fraîche paix d'un songe investit
      la place d'un feu nourri et l'apaise
      en soufflant doucement sur la braise
    à fleur de mots

    tiniak ©2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    impromptu littéraire - tiki#55