Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

- Page 2

  • flouesses

    eclipse-ombre.jpg

    Nodules de lumière,

    troubles dans l'ombre du feuillage
    où les yeux qui n'ont plus de courage
    se laissent embuer

    que n'êtes vous si gais que dans mon plus jeune âge ?

    Y donniez à rêver, mirages,

    l'éternité
    de l'amour sans dommage
    et du flux des marées la rage, puis la paix

    La rage
    et puis la paix

    tiniak © 2010 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

  • silence, porte bée

    La porte du silence ouverte baille

    Dehors, la lumière mitraille les corps
    ces virgules courbées sous le vent
    que le nord - éther... nues, éternue sur le champ
    dont les rides dessinent un long déroulement
    linéaire de charnières où le sang de nos guerres
    nourrit pour le froment le blé des terres mères

    Dedans, c'est la chaumière, utile et bien rangée
    pour la fin des journées
    et le tendre mystère du lever;
    la femme y est entière
    quiétude parfumée
    que l'ombre et la poussière apprivoisées
    ont appris de longtemps à craindre et respecter
    qui ne voulut s'en plaindre jamais
    et vogua sa galère
    l'année après l'année
    pour la rose trémière à son balcon de grès

    Entre eux deux, le passage où l'an ferre aux poignées
    des âges de silence, porte bée

    PORTE-B.JPG

    tiniak © 2010 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

  • Pour une peignée, encore

    Ouvrant tout, je découvre mon règne
    et réfute celui du khein
    À son encontre khainô
    me réapproprie le Chaos
    J'en saigne
    et reçois d'un ange le peigne
    nacré de neuf
    J'y reconnais le pur éclat d'un bris de l'Œuf
    m'en songe et mords
    aux nœuds dans les cheveux défaits des météores

     

    chidokya.jpg

    tiniak © 2010 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

  • tapir comme destin

    (du succès et comment on s'y peut casser l'pif)

    newsmegaphone.JPG

    Ligure et parnassien sur son tapis formel
    - nommons-le Félicien, ce sera plus commode,
    il caressait son chien en se demandant quel
    animal méritoire inspirerait une ode
    à son cœur librettiste.

    "Il m'en faudrait un laid que l'on prenne en souffrance
    mais que de prime abord on jugeât sans douter
    qu'il fût aussi ingrat que passablement niais
    avant l'apothéose de sa délivrance,
    réfléchit l'helléniste."

    De sa bibliothèque, il tira d'un ouvrage
    (au vrai, bien moins ancien qu'on l'eût dit à son dos)
    la gravure espérée de l'odieux personnage
    qui tenait du cochon et de l'éléphanteau,
    - et cela, c'est tout dire !

    Le monstre séduit l'homme, un livret s'ensuivit
    dont naquit un péplum quelques siècles plus tard
    certain compositeur en fit la comédie
    musicale affichée sur les grands boulevards
    - au Lido, à l'Empire...

    Voici comment un monstre disgracieux du pif
    acquit de par le monde un succès populaire
    attachant à son nom de nombreux créatifs
    devenus eux aussi pérennes, planétaires
    plus que jamais son père

    Infirme et miséreux sans pouvoir mesurer
    de son œuvre l'écho, ni toute la portée
    Félicien disparut, tué par un éléphant
    enterré comme un chien dans un grand dénuement
    au pied du château d'If

    L'œuvre subliminale eut un succès tardif
    que ne démentit pas le nombre des années
    forçant comme on le sait vivats, copyrights et
    son tapir galopa joyeusement sur les
    vastes étendues de l'inconscient collectif

     

    angelots2.JPG

    tiniak © 2010 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un
    Impromptu Littéraire - tiki#79.

  • parloir

    (le miteux de salomé)
    vigoroso_Tete pleine.jpg

    Oh ! Parloirs assommants des têtes pleines
    Taisez-nous que je meure
    un peu mieux tout à l'heure
    avec en bouche le tétin
    de la femme qui me retient
    là, ferme entre ses cuisses
    - tu sais, fort !
    pour ne pas que je glisse encore au fond de moi
    Ah, laissons-moi mourir alors entre ses doigts
    et lui passer ma fièvre
    en crème chantilly sur le pli de la lèvre
    que de rage
    nos sèves parachèvent le carnage

    Ah, mouroir ! Ah, sentence !
    Ah, tais-toi que je meure en pleine danse
    Que l'écho résolu de nos corps sur la terre
    intime le silence que j'espère
    et qu'enfin l'alentour s'apaise et tout soit dit
    quand je la baise à l'œil qui me sourit

    Mais... je rêve ! qui parle ?
    « Retard en provenance de St Charles »
    Temps fous !
    « Gardez les mains à plat sur les genoux »
    Lesquels ?!
    « Veuillez emprunter l'autre passerelle »
    Ça va !
    Je me contentais bien de celle-là

    Oh, non ! Pas tout ce bruit ! Non, pas tout ce vacarme !
    Je sais, tu n'as rien dit, mais quelle est cette alarme ?
    (parlez-moi donc du charme des escapades
    quand on porte avec soi tant de tambourinades !)

    Ah, suffit ! Ah, silence ! ...et merde, où loges-tu ?
    Qu'on me coupe la tête et me laisse le cul,
    parole !
    Je sais, tu n'as rien dit, mais j'ai la parabole
    en vrille...
    Oh, tu serais gentille
    ...de me couper la langue
    et de me la servir avec un jus de mangue

    Quoi ? C'est tout dans ma tête ?
    Allez, va pour la tête... tranche !
    Aujourd'hui, c'est lundi : point d'orgue des dimanches;
    aussi, taille !
    Qu'ainsi décapité, je renonce à la gouaille
    et reprennent ! reprennent !
    nos élans familiers au cours de la semaine

    tiniak © 2010 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

    illustration : Bruno Vigoroso, « Ce que l'on pense » (série acrylique).