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  • Corps, tais-je ?

    Tu dors, la main couchée dans le dernier sourire
    avec l'odeur de pain que ton haleine y loge
    Venir est plus certain que de mourir, encore
    que tout soit suspendu à la prochaine étreinte
    quand la lumière feinte au sillon de ta gorge

    T'ai-je dit qu'au matin, neuf et plein de voyages
    m'apparait ton mirage à deux pas de sa chair
    vaporeux dans l'éther à peine dégrisé
    bras ouverts et voulant, peut-être, m'inviter
    à lui prêter mon ombre et danser en chemin ?

    Quand la vérité nue, d'ici à maintenant
    veut que ta promenade en cortège de songes
    soit toujours par les champs à faire sa récolte
    l'œil souple, désinvolte, au lointain qui s'allonge
    est propre à réfuter de tels émargements

    T'ai-je dit - quand j'ai mis à mon verbe l'éteuf
    et rentrée au fourreau son artiste ferraille,
    qu'il m'en reste le cent à l'abri sous la paille
    pour payer son écot, tout à l'heure, à la forge
    d'où couleront bientôt les mots de mon brasier ?

    Voici que l'Autre Main s'est trouvé des raisons
    de quitter son verger pour mon panier de fruits
    La lumière a changé de place et de chanson
    Ton souffle s'est porté auprès de mon bassin
    et c'est tout un pays qui bascule à sa suite

    T'ai-je dit, mon pays de collines mouvantes...
    T'ai-je dit ces matins, ces soirs, ces nuits, ces jours
    qui m'ont laissé me perdre à tes profonds séjours
    et ne savoir que dire, ébloui au réveil
    d'être le seul objet de ta nature aimante ?

    À présent, le décor se résume à nos foins

    me yo hand

    tiniak ©2013 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

  • bénitencier

    Que font les dieux, ce soir ? Ils n'ont pas dit ton nom
    Leur chandelle est un lieu perdu de guerres lasses
    Quand ta lune est levée, qu'y peut la Lune, au fond ?
    Suffise à nos carnés de s'offrir une passe

    Le soleil est plus franc, mon ombre dans ton dos
    D'un soupir étouffé, annonce-moi le faste
    Au sortir de l'oubli, dis-moi l'heure à nouveau
    Ouvre le ciel en grand, ton regard est plus vaste

    Offre ton rire au vent, qu'il me rejoigne ici
    Pauvre, l'oreille sourde à nos chants entendus
    L'orage a disparu avec ton dernier cri
    Quelle histoire ignorée me réclameras-tu ?

    Ô miel ! Ô nougatine ! Oh, c'est bon d'avoir faim !
    En dévorant mes yeux, épouse mon haleine
    Çà, tu m'auras saisis au moment opportun
    le ventre plus béant qu'une secrète peine

    Tu craches sur la croix, je te lave les pieds
    dépose entre ces mains une larme sincère
    Je bois ton vain de messe en mon bénitencier
    Il fleure, en ce Par Don, nos allants éphémères

    Tu viens presser mon front sur ton sein maternel
    Le matin ne sait plus quelle est sa latitude
    Qu'importe, je respire un divin hydromel
    L'esprit n'y fut jamais si près de l'hébétude

    Et tant pis si les dieux n'ont plus voix au chapitre
    je lis à ton pupitre une consécration
    autrement dévolue à notre fibre, arbitre
    où l'instant fraternel emporte la passion

     

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    tiniak ©2013 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK