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pied

  • de la tête aux pieds ?!

    da72b48093f1de53fdfab2eefb1367ae.jpgSe nourrir de la tête aux pieds ?

    ma foi, l’étrange gymnastique !

    voyons ce que cela implique

    pour qui voudrait s’y essayer :

      

    Et d’abord, par où commencer ?

    nourrir la tête ou bien les pieds ?

    mes pieds nourris, je suis en marche

    (avec le cerveau d’un potache !)

      

    Et si j’ai la tête bien pleine

    traverser les Bois de Gahenne

    tiendrait de l’exploit, pour tout dire

    - n’étant ni mage ni fakir

        

    Mener les deux à satiété ?

    pour cela, il faut inventer

    une énergie spirituelle

    qui soit à la fois fonctionnelle

      

    Je n’en vois pas de prime abord

    il me faut réfléchir encore

    j’entrevois une solution

    vérifions la démonstration :

      

    942cb8848a8f070daa8a65c6aa324f37.jpgEt si la clef était l’amour ?

    le fort et bel et tendre amour

    car il y faut un souffle d’âme

    et carburer tout feu, tout flamme

      

    Il faudrait donc, s’il se peut

    être à la fois mangeur de feu

    et ce clameur de sérénade

    déclérant sa flamme en ballades

      

    «  Mon amour comme je t ‘adore

       mon bel amour, je te dévore »

    mais l’amour est un combustible

    qui fait péter bien des fusibles

      

    05c72bd7398b3cb8dd5216e503910a99.jpgUn jour, on s’offre un cattleya

    le lendemain, moral à plat

    on va dans les Bois de Gahenne 

    perdre son corps, noyer sa peine

      

    Se nourrir de la tête aux pieds ?

    le beau dilemme, en vérité !

    tiniak (norbart tiniak)

    © 2007 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

  • C'est le pied

    Les jambes les plus belles
    ne me sont rien
    sans qu'un pied, joliet
    finisse bien
    qui de l'arrondi, qui du galbe
    c'est le pied qui fait tout aimable :

    s'il est vivant, presque enfantin
    que la chair l'enveloppe bien
    c'est un délice
    un doux supplice
    que de remonter vers la cuisse
    ou de la garder bien en main

    osseux, il est par trop amer
    et me fait craindre un caractère
    bien trop précieux pour tolèrer
    qu'on se pique d'en chatouiller
    la plante cambrée

    veineux, il me saisit d'effroi
    surtout fini par de longs doigts
    j'y vois les serres de la mort
    même à l'extrêmité d'un corps
    propice à de puissants émois
    je n'en veux pas

    je l'aime
    musclé sans être bombé
    replet sans être joufflu
    cambré sans être creux
    duveteux mais pas poilu
    que m'importe l'alignement
    des doigts de pied si, cependant
    ils parachèvent l'harmonie

    du pied qui me ravit

    quel plaisir de l'imaginer
    quand au dérobé, la cheville
    se révèle douce et gentille
    quelle horreur de le découvrir
    aussi négligé qu'un fakir
    alors qu'on a bien entamé
    la consommation du désir

    suis-je fat, espiègle ou mesquin ?
    (et pourquoi pas tout à la fois)
    il est vrai qu'au petit matin
    ce pied détermine mon choix
    d'aller à la boulangerie
    ou bien de déserter ce lit

     

    tiniak (norbert tiniak)
    © 2007 DUKOU ZUMIN&ditions TwalesK

    [voir aussi dans 'VOLUPIXES', un pied comme je les aime]