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  • Où l'haleine fait tilt !

    Les curieux événements qui font le sujet de cette chronique se sont produits en apnée, à pas d’heure.

    L’heure étendait son pas
    juste là, devant moi
    mieux que le parvis d’une église
    toute, mon ombre y fut soumise
    et s’étirait comme un vieux chat

    J’allais, sur ce plat, mon entier
    étaler quelque vérité
    momentanément extatique
    quand j’avisai une barrique
    flanquée d’un vieux chien dépouillé

    Mon approche n’y faisait rien
    il ronflait d’un sommeil canin
    chargé d’une vinaigre haleine
    devant cette entrée (souterraine ?)
    croûtée d’ocres, jaune et carmin

    L’antre exposait deux pieds crasseux
    déchaussés à la qui-mieux-mieux
    et plus odorants qu’une lèpre
    À quelque clocher sonnait vêpres
    et je n’en croyais pas mes yeux

    Lâché du fond de ce fatras
    un borborygme m’alerta
    dont je reconnus le sans-gêne
    C’était lui ! Ce foutu Diogène
    aux initiatiques crachats

    « - Eh, dis ! Oh, dis voir, Dio’
    C’est bien toi, sâle ego* ?
    Kesstufoulà, ce soir
    dans la commune histoire
    où vont mes godillots ? »

    De réponse ? Ben, nan !
    Au mieux, des grognements…
    J’y entends : « Va plus vite !
    Observe et prends ma suite… »
    D’où je pisse un nouvel élan

    Sur le fleuve
    des seules personnes et pensées qui m’abreuvent

     

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    tiniak ©2019 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Impromptu Littéraire - tiki#346 (hors délai)

  • Jet d’ancre, hier

    J'ai déjà passé deux longs jours
    (et quelques parties de leurs nuits)
    à me révoquer le velours
    de tes cris d'oiseau alanguis
    - printanière bergeronnette...

    Et brûle encor, d'un même four
    mon corps meurtri par la disette

    Tes pas ont déserté la cour, sans bruire
    Désormais, tout m'écharpe; tout me fuit :
    la voisine à sa harpe, au pied du lit
    la vitre où est venue danser la pluie
    la journée jouée pour ne faire aucun pli
    jusqu'à ce tweet qui ne peut aboutir

    [Demain n'est qu'un bel endroit pour mourir
    Et qu’en serait-il à dire, aujourd'hui ?]

    D'en avoir, vibrant à l'oreille
    des nocturnes, des matinales
    il me semble que c'est merveille
    de céder au sentimental
    - passagère bergère honnête...

    « - Ah ! Tu me fus trop trop humaine !
    que j'en eus le cœur bien amène »

    ...Nous rendant autant la pareille
    que la surprise d'une fête...

    Ces pas qui viennent dans la cour, sans feindre
    sonnent si juste que le jour éteint
    claquant leur talent pour couvrir ma plainte
    Les murs et les plafonds, en sons, repeints
    t'ouvrent les bras pour la prochaine étreinte
    et la suivante, et leurs chansons à joindre

    Retour à la case des « pars »
    « attends-moi », « reste un peu », « cui-cui »...
    chacun son quart sur les remparts
    faisant des rondeurs à mi-nuit
    - et jusqu'à « dès potron... », minette !

    Eh ! qu'en pâtisse l’Au-Jour-Dit !!

    ***

    Hiatus ! Hiatus ! Posons-nous là...
    « - Regarde, j'ai dit ça de toi.
    « - Plus tard... Plus tard... Embrasse-moi.
    Très bientôt, le goût passera. »

    Il coule de l'eau sous les ponts
    (c'est bien tout ce qu'on en demande)

    Et je t'embrasse les paupières
    tes chants d'oiseau plein les esgourdes
    La semaine passée fut lourde
    mais jamais de ton franc mystère

    « - Rigole ! » dis-tu, endormie.
    Dehors, les moineaux font la bringue
    Je file à la boulangerie
    et t'y choisis une meringue
    - Ô bergeronnette crémière !

     

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    tiniak ©2019 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    Listenning to Rosie Lowe's 'Bidsong'