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  • Lassitudinale (ASAP)

    Le spectacle marque une pause
    et sa rue vapote, en apnée…
    Des persiennes masquant « La Chôse »
    essaient leur tenue de soirée

    Au sol, zigzaguent des humeurs
    au gré des rares courants d'air
    sillonnant le suspens de l'heure
    et la torpeur de l'atmosphère

    Signes sibyllins dans l'ombrage
    le reflet des feuillages cligne
    de l’œil vers cet œil au pas sage
    en quête d'une extase digne

    Seule, et réfractaire à la sieste
    une âme glisse là-dessus
    pendule à l'épaule, une veste
    laissant paraître un coude nu

    Ivre d'elle-même, à plaisir !
    le port altier et nonchalant
    elle exprime en de longs soupirs
    l'abandon d'un vrai sentiment

    Tout lui ravive son histoire
    et la fièvre sur le pavé
    à l'horizon les nuées noires
    et l'égout des inimitiés

    Un frisson lui darde l'échine
    dans le ton de la Butterfly
    (quoiqu'on soit loin des mers de Chine
    en ce décor imprégné d'ail)

    Dérivant de place en ruelle
    au jugé, toujours, elle empanne
    dans cette course casuelle
    menée pour aucune campagne

    Il est venu... Il est parti
    avec le vent d'hier, l'espoir...
    et pissent dru, sur les parvis
    des gargouilles les avatars

    Nulle autre route que la sienne
    à présent et jusque la fin !
    Rien ne lui cachent les persiennes
    qui ne lui ait gâché la faim

    Ah, merde ! Voici que frissonne
    à nouveau, dru sous le chignon
    une plainte de Barcarolle
    exemptée de timbres garçons

    Laissant, là, cette insigne alerte
    elle maintient sa molle allure
    vers le hasard des pures pertes
    affranchie de toute aventure

    Exception faite ! cependant...
    du livret de sa plénitude
    elle décline, cheminant
    les degrés de sa lassitude

     

    Nathalie Collet

    tiniak ©2018 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

    (à ma Jolie Belle Douce, fille)

  • Doute à Ouz

    Au mois d’août
    « Aouh ! Aooouh ! »
    Oupouapout est pris de doutes
    « Par quelle route ? Par quelle route !?! »
    La Vérité se fera toute
    sinon, pour Le Chien, c’est le knout
    l’opprobre, enfumage au mazout
    et long séjour à fond de soute

    Ah, que n’a-t-on laissé ce las
    finir sa sieste dans les bras
    soyeux et ombragés de Maât
    « Qu’en dira-t-on ?, Qu’en dira Râ ?!
    … Ce carrefour est un fatras ! »

    Il prend son pouls
    …ça ne va pas…
    Il est tout moult !
    Oupouapout est à genou
    les bras en croix

    Hé ! Google Mapp n’existe pas
    et nul chemin qu’il entrevoie
    « C’est pas la joie ! C’est pas la joie ! »

    Maât : « Debout, Le Chien, réveille-toi ! »

     

    tiniak,Oupouaout,poésie,égyptologie

    tiniak ©2018 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

  • Ève de Paris

    Elle n'est plus d'ici et ne va nulle part
    Dans l'ombre qui l'attend, le pavé s'adoucit
    A sa hanche balance une histoire sous pli
    et l'ombre qui la suit déploie son avatar

    Voluptueuse finesse à la souple enjambée
    elle couve, au secret, ourlé dans un soupir
    au creux de sa poignée, un pétrin de désir
    qui lui presse l'allure et le cheveu trempé

    Elle marque un arrêt à la croisée des rues
    (deux ou trois pas de plus, c'est quitter la lumière
    où sèche la chaussée et qu'absorbe le vert)
    l'instant est adorable et le chemin couru

    Des années ont passé sur la Butte Montmartre
    Elle en révoque et l'heur et les heures douceâtres

    Peu de gens, à présent, lui seraient familiers
    comme, dans son carnet, les noms qu'elle murmure
    en caressant du doigt quelques points de suture
    que certains lui auront laissé sous le poignet

    Allons, il faut poursuivre et finir à bon port
    le café va rouvrir pour la session nocturne
    avec ses habitués, étudiants z'et cothurnes
    venus broyer l'ennui en parlant tôt et fort

    Rue Norvins, tout du long, jusqu'à Place du Tertre
    et puis couper, plein sud, vers la rue Gabrielle
    De fantômes parfums lui redonnent des ailes
    Elle est dans la ruelle et peut tout reconnaître

    Il est de ces endroits où l'on est à son aise
    comme en ces vêtements qu'on n'a pas su jeter
    comme dans les vieux plis d'un trop vieux canapé
    qui vous redonnent foi, vous ravivent la braise

    Seule avec son secret, enfin, elle entre ici
    vient s'asseoir à ce banc, le dos à la fenêtre
    face à moi; aussitôt, nos deux mains s'enchevêtrent
    dans un frais sourire, au Rendez-vous des Amis

    Atteindre l'original chez célestine ☆... woup !

     tiniak ©2018 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    inspiré d'un poème et de son illustration publiés sur son blog par  Célestine ☆

  • Eh, colliers !!

    Eh !... Se pendant, deux tendus sur l'escarpolette...
    quand, cependant, Perdre-pieds s'en vont à l'école
    à travers un terrain (qu'on dirait obsolète)
    mais le leur ! quotidien ! ravagé par Éole !

    Courir sur le chemin - que dis-je ? sur la trace !
    avec la bête au cul, les devoirs incertains
    et l'espoir conjugué à une vie sans faste
    sur notre table en terre où manque tant le pain !

    Oh ! pressez-vous, enfants ! assoifés de lumière
    revanches de la mère, au village, à l'affût...
    car vote âge, ingénu, à tout est grand ouvert !
    Pressez-vous ! Pressez-vous vers le vaste inconnu !

    Les deux, là, rigolez, sur votre balançoire...
    Ce que vous ignorez, c'est votre propre chance
    c'est le monde à vos pieds - l'herbe et sa verte histoire
    l'air, l'eau, aussi le feu que d'être en appétence

    Il est éteint (petit navire),
    oh, le colosse à robe Empire...

    Eh, oui ! Chantez, gamins, sur la route du doute
    Des géants vont trembler (leur ciel sera moins dur) !
    Le miel, c'est l'aventure et ce qu'on en redoute
    en allant, trompetant, faire tomber les murs

    Rigolez, pauvres niais, sur votre balancelle...

    Senestres oripeaux de sinistre mémoire
    restez dans cette armoire avec vos injonctions
    de lin ou de coton, de laine... Voyez voir !
    ces enfants ! Leur courage est votre absolution

    (oui, bon ! J'ai hésité; peut-être... "damnation" !??!)

     

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    tiniak ©2018 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

    poLème inspiré de la musique de la série documentaire "Sur le chemin de l'école" (2013)