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  • absolue dévotion

    Laurence Le Masle, la chienne !Sans être chacun d'eux, tu les absorbes tous
    les yeux à peine vus, les visages amis
    et ceux mis à sécher aux murs couverts de mousse
    qui font à ses parois la margelle du puits
    où se jettent
    quelque fois par mégarde, et la larme et sa fête
     
    Ils n'eurent ni n'auront le Seul Nom que tu portes
    qui les a rassemblés sans battre le rappel
    Le dire, c'est lécher la parole essentielle
    à l'entendre, la main tremble devant sa porte
     
    Et rien qui ne ressemble au monde à ta venue
    puisque tout y paraît fraternelle évidence
    comme sur le trottoir les foulées inconnues
    ou la robe du soir tirant sa révérance
    au-delà des toitures
    allant à l'horizon recoudre les bords durs
     
    Nulle sombre équation à ta ligne harmonique
    musique exponentielle égaillant son accord
    sur la moindre parcelle œuvrant à son essor
    en n'ayant pas idée d'où vient sa dynamique
    un œil sur le regain, l'autre lorgnant le sort
     
     
    tiniak ©2014 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un impromptu avorté, mes Chères Scribouilles

  • ave

    (c'est ça, ris ! ah...)

     And.. - en attendant Sodade i Morna - ...ACTION !

    Evora, Evora
    Evora, Evora
    Evora, Evora
    Evora, Evora

    Les effluves de rhum dans ta voix, me font tourner la tête
    Tu me fais danser du bout des doigts, comme tes cigarettes
    Immobile, comme à ton habitude, mais es-tu devenue muette
    ou est-ce à cause des kilomètres, que tu n’ me réponds plus ?

    Evora, Evora... Tu ne m'aimes plus ou quoi ?
    Evora, Evora... Après tant d'années !
    Evora, Evora... Une de perdue, c'est ça ?
    Evora, Evora... Je te retrouverai, c'est sûr, 
    c'est sûr, bah oui, c'est sûr
    c'est sûr, bah oui, c'est sûr
    c'est sûr, bah oui, c'est sûr

    Evora, Evora...

    Souviens-toi de la première fois, où nos regards s'étaient croisés
    Même que ton œil disait merde à l'autre, surtout à moi
    Mais pourquoi moi,
    alors que les autres te trouvaient bien trop laide ?
    Peut-être que moi je suis trop bête, mais je sais t'écouter

     Evora, Evora...Tu ne m'aimes plus ou quoi ?
    Evora, Evora... Après tant d'années !
    Evora, Evora... Une de perdue, c'est ça ?
    Evora, Evora... Je te retrouverai, c'est sûr, 
    c'est sûr, bah oui, c'est sûr
    c'est sûr, bah oui, c'est sûr
    c'est sûr, bah oui, c'est sûr

    Evora, Evora...

    Ave ! Cesaria... Chapeau pour la route à pieds
    Nue est, et nue était, Diva aux pieds nus, restera
    Et à vie ! Cesaria, et à la mort aussi
    Obrigado, tu embrigadas des millions de soldats dans ta patrie
    Donc gare à vous ! Cesaria,
    tu nous as tous quand même bien eus, hein ?
    Tout le monde te croyait disparue, mais tu es revenue
    Sacrée ! Cesaria, quelle belle leçon d'humilité
    Malgré toutes ces bouteilles de rhum, tous les chemins mènent à la dignité

    Evora, Evora
    Evora, Evora
    Evora, Evora
    Evora, Evora

    Evora, Evora... Tu ne m'aimes plus ou quoi ?
    Evora, Evora... Après tant d'années !
    Evora, Evora... Une de perdue, c'est ça ?
    Evora, Evora... Je te retrouverai, c'est sûr, 
    c'est sûr, bah oui, c'est sûr
    c'est sûr, bah oui, c'est sûr
    ah oui, c'est sûr, bah oui, c'est sûr

    Evora, Evora...

    Oy Sodad' ! Sodade ninha Cesaria...
    Oy Sodad' ! Sodade ninha Cesaria...
    Oy Sodad' ! Sodade ninha Cesaria...
    Oy Sodad' ! Sodade ninha Cesaria...

    Music videos by Stromae performing 'ave cesaria'. © 2014 Mosaert

  • Pirouette, allumette !

    Craquée l'allumette
    viennent pour la fête
     à petits pas dans le couloir
     au galop à travers le soir
     ou, depuis le Septentrion
     portés par un vent pâlichon
     des apostrophes
     qui se bousculent pour me regarnir le coffre
     
    Le temps d'une flamme
    j'ai le cœur à Dame
     le souffle en paix dans le sillon
     de son très plantureux giron
     enivré de cet elixir
     où se malaxent nos désirs
     et nos sueurs
     dans le fondant et sidérant suspens de l'heure
     
    ...Entre, Parenthèse !
       (coquelicot !)
       quelque anachorèse
       dans le jabot...
     
    Fumante allumette
    cramé de la tête
     c'en est bientôt fini, bonhomme
     Qu'il en fût de gloire ou de somme
     l'instant n'est jamais si précieux
     qu'au moment de fermer les yeux
     et de gésir
     laissant à d'autres le soin de se recueillir

    Laurence Le Masle

    tiniak ©2014 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
     
  • bleu pâle

    La chaleur mollissait. Quant à moi – pour l’avoir bien battue ! je finissais de polir cette peau chagrinée que m’avait revendue un vieil amour de foire. Tu connais cette histoire, elle ne t’a jamais plu.

    Mordent les mots, tanne l’heure… 

    La fadeur éluda le nombre des Jamais

    tant qu’à son front déjà crissent des plis de suaire

    où ne craignent le vent ni sables ni poussières

    et se lisent, mauvais,

    de vilains songes

    leurs salves trait pour trait

    refusant au tableau d’aller passer l’éponge

    « Oh, pardon, j’ai fini, oui. Le temps de remballer mes outils et je te laisse la place… Amuse-toi bien. Il fait moins chaud, déjà. »

    Connue, la rue me prenait en patience. Un peu de pain, ici. Là, un air de piano. Un morceau de fromage, quelques pas plus avant. De « coucou ! », de « hello ! », du « comment ça va-t-y ? » Point. Zéro. Je ne suis pas du genre qu’il faut et je m’en accommode assez, depuis que j’ai quitté mon quartier pour m’installer dans les parages. Oui, bien sûr, à mon avantage, après ce qui m’est arrivé. Depuis, je soigne mon incognito, disons… paradoxal, qui appelle ou fait fuir des regards étonnés ou sales.

    D’absence de mots naît l’horreur…

    Des yeux dans tous les sens ! Des bouches !

    Les cinq, envahis par le monde !

    J’ai l’impression d’être un cartouche

    dans les yeux d’une sotte blonde

     

    Ma joie se perd dans le chien qui fait un écart

    Je ne rentrerai pas chez moi, quoiqu’il fût tard

     « Non, ça je peux pas te dire. Simplement, au mois de mai, l’an passé, après avoir bu mon café du matin, je vais où tu penses, je me lave les mains, lève le nez et découvre dans le miroir un type étrange qui me regarde avec un air effaré. Blanc comme un linge maladif. Les yeux presque aussi pâles, furtifs. Oui, fuyants, brusquement – comment dire… par saccades, avec une frénésie de mécanique emballée, déréglée ! Bêtement, je me retourne… La douche, comme d’hab… Personne dedans. Je reviens au miroir, et là, je comprends… Le macabre, c’est moi - moi le caribéen d’origine ! affublé de cette peau livide, de cette morbidité sordide, incurable, avec ce regard fou, partant de partout. Stupeur, peur,  incrédulité, déni, docteur, d’autres docteurs, leurs examens, cauchemardesques abymes – et au fond ? rien ! Suées, incompréhensions, questions pressantes, quotidiennes, bouche bée sans réponse : déménagement ! Et dans la tête, obstinément, ce lent tourment de Jean Sablon (un vieux, mais alors très vieux truc) : Vous Qui Passez Sans Me Voir… Consternations. Constipation. Relâche ».

    Mes outils à la taille, je rentre pour manger mon pain. Ce soir, j’ai Groupe de parole. Et je n’aurais rien à y dire que : Toujours, Le Même, Pavé Dans Le Four ? … Inexplicablement….

    Non, pas ce soir ! Ce soir, je sors de ma réserve. Je ne suis plus cet être figé qui s’est réveillé un jour albinos, inexplicablement. Désormais résolu à m’accommoder de ce handicap, je veux m’exprimer devant mes pairs.

    Marre de passer pour un bleu !

     

    albino model,albinos

    tiniak ©2014 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Impromptu Littéraire - tiki#227
    Illustration dénichée sur Hibiscus jaune