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soleiado

Les cailloux rudoyés rendent à la lumière
la brute impunité de sa vive arrogance
avant de succomber, aveugles, l'un sur l'autre
en ayant regretté de mordre la poussière
sans pouvoir y goûter, d'infime rémanence
un parfum d'herbe grasse où la bête se vautre

(...ailleurs, en Normandie peut-être...
Ici, le pays est à l'heure : il est Midi
et pas l'ombre d'un hêtre)

Même - oui, je le vois, même les mouches boudent
dédaignant l'ordinaire à mettre sous le coude :
et la pâtée scellée en croûte à l'écuelle
du chien qui a trouvé refuge à l'intérieur
et le massacre avancé d'une tourterelle
qu'un mauvais vent nocturne a jeté dans les fleurs

(les moins folles collent à la toile cirée
d'autres grésillent au papier-vrille
l'abdomen englué)

Massif, un lavandin ébouriffé somnole
entre deux pieds de thym et une ciboulette
dans le vieux jardinet où les simples survivent
et bradent les parfums de leurs derniers alcools
à l'ordre industrieux des voraces insectes
qui nourriront bientôt un escadron de grives

(quand  le ciel sera pris au jeu
d'une saison moins sèche
et se fera pluvieux)

Au mur pestiféré les jointures fatiguent
sa face égratignée par l’assaut des bourrasques
ne sait plus témoigner que de sa déchéance
ses débris de mortier traînent dans la garrigue
où ne s’entendent jouer ni la folie des masques
ni les flûtes boisées des païennes bombances

(seul - et tenace alors, le Mistral
arrache à cet endroit
le fantôme d’un râle)

Par là, c'est la fenêtre - aucun volet ne l’arme,
un cloaque où s'empêtre une obscurité morne
et peine à se commettre, avec les traces d'huile
imprégnées de salpêtre, une frise de charmes
cherchant à l'égayer de ses reflets argile

(mais c'est peine perdue, ces brillances
sur la maison de pierre
où je n'habite plus)

 

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tiniak © 2010 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

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