30.07.2008
jeux de mains
Découvrez Björk!
A l’aise – c’est-à-dire nue, dans ma jupe portefeuille et ce petit haut de soie qu’il vient de m’offrir la veille, toutes lumières éteintes, j’attends, allongée sur le canapé du salon de notre maison. Il rentrera tard, je le sais, mais dans plus très longtemps maintenant. De retour d’une mission qui l’avait éloigné pour une dizaine de jours, il serait certainement heureux de la surprise. D’ordinaire, je suis plutôt couche-tôt. Lui pas. Il ne dort pas plus de cinq heures par nuit depuis que je le connais. Je ne sais pas comment il fait – peu importe, sauf que je compte bien tirer avantage de cette sienne disposition à résister au sommeil, ce soir. Il rentrera fatigué, forcément, mais pas au point de n’être pas sensible à ma présence ici.
J'attends donc. La nuit estivale est là. Ses bruits s’amenuisent sur le boulevard. Nous approchons la minuit et, dans notre ville moyenne, à cette époque, les fêtards sont déjà partis ou pas encore rentrés de la grande ville voisine. Le calme s’installe. Je suis calme, moi-même. A peine si, finalement, je lutte avec le sommeil qui m’appelle depuis le crépuscule. J’en ai trop envie ! Mon corps tout entier me tient éveillée. Pour entretenir ses appétits, je me touche un peu. Pas trop, juste ce qu’il faut pour être prête. La dernière fois que nous avions fait l’amour, il a fait cette chose surprenante – pour moi qui ne sais pas prendre d’initiative en la matière, de mener mes mains jusqu’à mon sexe, alors qu’il était déjà en moi. Et je me suis caressée. Et le plaisir s’est décuplé comme jamais. J’avais sa main sur la mienne, au début. Puis elle s’est reportée sur ma poitrine, et je me suis surprise à poursuivre mes caresses tant le plaisir était fort. Comme j’alternais les mouvements de ma main sur mes grandes lèvres et sur mon clitoris à la sensibilité exacerbée, je pouvais ainsi apprécier d’une manière toute nouvelle le va-et-vient de son sexe en moi.
Déjà, quand il se servait de ses mains à cet endroit tout en me lustrant de son sexe habile, j’éprouvais un plaisir intense. Cette attention qu’il me témoignait en investissant tout de moi pour me faire jouir, je croyais qu’il n’y aurait pas mieux. Je me trompais. J’avais bien compris qu’il ne jouit lui-même jamais si bien que si j’ai atteint au moins une fois l’orgasme. Je me croyais donc comblée, respectée dans mon intimité. J’étais à cent lieues d’imaginer qu’il m’amènerait à ce point de reconnaissance de ma féminité : m’associer au plaisir qu’il me procure, c’est énorme, non ? Ces réminiscences sont évidemment très présentes, maintenant que je suis là, à l’attendre.
Elles m’entraînent dans une fantasmagorie proche du rêve. Et de fait, je suis en train de rêver quand, sur moi, je sens ses mains parcourir mon ventre, mes hanches, ma poitrine alanguie. Je ne réalise pas, dans un premier temps, que c’est bien lui qui est là. Mais quand ses doigts viennent fourrager au plus profond de moi, le doute s’efface. Je suis entre sommeil et veille, entre le sentiment d’être l’objet de son désir et celui d’être, victorieuse, celle qui l’a mené où elle le voulait. Avant même d’être tout à fait éveillée, je jouis déjà, dans ses mains.
Les pans de ma jupe largement ouverts sur mes cuisses, il s’affaire, de la main gauche dans mon sexe, de la main droite sur mes seins, agenouillé qu’il est devant le canapé. Ma main le cherche, le trouve. Il est nu, déjà. A l’écoute de mes soupirs, déjà. Je prends son sexe de ma main gauche. Je le branle et ça m’excite. Il respire plus fortement, et ça m’excite. Je l’attire vers moi, mais il résiste. Je porte main ma droite sur la sienne entre mes cuisses. Il ne tarde pas à la substituer à la sienne pour que je me caresse tout en le caressant. Il prend mon sein droit en bouche. La chaleur de son souffle me submerge. Je lâche son sexe pour me caresser des deux mains, une de ses mains – je ne sais plus laquelle, je ne sais plus où nous sommes, se pose dessus. Je ne suis pas longue à jouir à nouveau.
Et soudain, j’en ai envie ! Je ne l’ai jamais fait, mais j’en ai envie de son sexe dans ma bouche ! Je me redresse, mes vêtements volent en éclats, je le pousse doucement vers le sol pour me placer nue sur lui. Sans savoir ce que je m’apprête à faire, il me tourne de façon à pouvoir me lécher. Et quand je le prends, il s’arrête – tant mieux, je ne suis pas sûre que j’aurais pu poursuivre s’il avait continué ainsi. Je le tiens en bouche, je l’ai ! C’est doux, en fait. Le goût ne me répugne pas comme je le pensais – ignorante ! au contraire, cette saveur semble résumer tout ce que j’ai déjà goûté de lui. Je me rends vite compte que je m’y prends mal. J’essaie autre chose, ça marche mieux. Puis, une intuition me dicte de me servir de mes mains en même temps. L’effet est immédiat. Je ne l’avais pas entendu gémir comme ça avant – bientôt vingt ans de vie commune, dis !
Son sexe est maintenant au mieux de sa forme. Je le veux en moi. Je m’accroupis dessus, comme il m’a appris : les talons bien ancrés au sol pour imprimer un mouvement de piston plus long, plus profond. Et voici qu’à nouveau, il invite mes mains à s’occuper de mes seins et de mon clito’, tandis que les siennes pilotent mes hanches. Il jouit à son tour, enfin ! Le monde explose, que voulez-vous, le monde n’est plus ! Je frotte son sexe mollissant contre le mien, mon ventre contre son ventre, mes seins tour à tour dans sa bouche ou ses mains. Je meure de cette petite mort dont il fait des poèmes à ces heures nocturnes qu’il est seul à remplir. Quand la lutte s’apaise, nos mains s’attardent encore sur nos corps abattus.
Quelques instants plus tard, nous regagnons notre chambre à l’étage. Je m’endors, dans les oreilles la musique de Björk dont je sais bien qu'elle ne parle pas de ça, mais... il l'a mise en boucle sur le petit poste que j’ai pris de la chambre de nos filles (qui sont en vacances chez leurs grands-mères) pour écouter la radio. Je m'endors, son sexe en main, sous l'autre, le mien.
« It’s in our hands / it always was »
tiniak dans la tête de May
© 2008 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
19:02 Publié dans nouvelles flesh | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : prose érotique, tiniak et may nat, ses mains
09.05.2008
vous allez où, comme ça ?

mois de mai. torride, moite et pollué, l’été s’était invité au cœur du printemps dans la ville saturée de voitures à l’époque des « ponts » qui font de ce mois un laborieux gruyère. il était bientôt deux heures –midi au soleil ! je cuisais dans ma voiture dont je n’usais de la clim’ que pour les longs trajets et cheminais tant bien que mal dans un trafic marseillais engorgé, facilement irritable et irritant à souhait. vingt à l’heure de rigueur. le moteur ne tarderait pas à donner des signes de surchauffe. pour la nième fois, je tentais de faire lire un CD enregistré à mon lecteur bon marché qui s’y refusait. parvenu à un carrefour dont on ne savait plus dire qui avait la priorité, chacun voulant faire prévaloir la sienne, je vis une jeune femme sortir prestement d’un véhicule, à une trentaine de mètres en avant du mien. elle prenait à rebours le flot de notre file, en sollicitant tour à tour les conducteurs. une stoppeuse, quoi. pour le moins culottée, quand même ! d’agir ainsi en plein périph’ !
elle arriva à ma hauteur et, inclinant son buste copieusement fourni qui emplissait un soutien-gorge satiné, frappa à ma vitre.
la même formule nous vint aux lèvres au même instant :
« - vous allez où, comme ça ? »
un rire amusé nous gagna.
la brune enchaîna avec un fort accent provençal :
« - té, vous auriez pas une blonde ? »
j’en avais une aux lèvres. comme je tendais le bras vers le vide-poche du côté passager, elle fit le tour de ma voiture pour se poster de ce côté. il ne me restais plus qu’à lui ouvrir la portière. elle monta à bord, logeant avec précaution sa forte charpente sur le siège brûlant.
« - ouh, fit-elle, ça chauffe dur, eh ? »
embarrassé, d’abord, je chopai ma veste sur la banquette arrière pour en couvrir le dossier.
« - ‘rci, souffla-t-elle. »
je lui donnai une cigarette. elle sortit un zippo de son petit sac à main.
« - et donc, reprit-elle, vous allez où, comme ça ? »
je le lui dis.
« - eh bé, té ! ça me va… vous prenez l’autoroute ? »
si ça pouvait l’arranger, je voulais bien, lui répondis-je.
« - ah mais, changez rien pour moi, eh ? si vous passez par la route, ça me va aussi, eh ? »
elle ne m’avait toujours pas dit où elle comptait se rendre. ça viendrait, sans doute.
« - ah mais, vous ne mettez pas la clim’ ? »
je lui expliquai pourquoi. elle opina.
« - et la musique ? vous écoutez pas la musique ? »
je lui dis qu’il n’y avait guère d’autre possibilité que d’écouter la radio. que le boîtier CD faisait des siennes. que je n’aimais pas trop les radios locales.
« - qu’est-ce qu’il a votre poste, s’enquit-elle, je peux voir ? »
je la laissai faire. elle défit le poste de son habitacle, le débrancha, bidouilla, sortit un petit couteau suisse, ôta deux ou trois vis, bidouilla derechef, remit le tout en place et dit :
« - essayez voir. »
j’insérai le CD, il se mit en marche. je la remerciai. nous quittions enfin le Vieux-Port.
après trois ou quatre morceaux de ma sélection personnelle, vint un titre de Radiohead.
« - aah bah ça je connais. 'fin, je dis je connais, j’ai déjà entendu ça. c’est quoi ? »
je n’eus pas le temps de répondre qu’elle reprenait.
« - … que vous alors, vous écoutez de la musique qu’on n’entend pas de partout, eh ? j’aime plutôt bien. c’est rock, quoi eh ? mais c’est mélodique, j’aime plutôt bien. c’était pas la musique d’une pub ça ? »
je lui donnai raison.
« - voilà, je savais bien que je l’avais déjà entendue, c’te musique. »
je nous embarquai sur la route côtière. lui demandai si elle voulait que je mette la clim’.
« - môh, ça va, dit-elle. avé les fenêtres ouvertes, ça fait un peu d’air. »
se saississant d’un petit mouchoir de tissu, elle se tamponna le buste. puis elle me dit, tout de go :
« - comment vous la trouvez ma poitrine ? »
je ne pus réprimer un petit rire nerveux, sous l’effet de la surprise.
« - eh bé voilà, c’est bien ce que je me disais : vous n’aimez pas les filles à forte poitrine vous, eh ? »
aussi poliment que possible, et avec force retenue, je l’assurai du contraire, complimentai son allure, lui dis que bien des hommes avait déjà dû faire honneur à ses charmes.
« - eh bé, détrompez-vous, té ! s’exclama-t-elle. des vieux cochons -´ 'fin je dis vieux, c’est façon de parler, eh ? ça j’en ai vu qu’auraient bien voulu. mais moi, je dis pas oui comme ça… je vous choque pas au moinsse ? que voulez-vous, moi, je suis comme ça. il faut que je dise ce qui me vient quand ça me vient. et là,… »
elle allait dire autre chose, mais se ravisa, laissant sa phrase en suspens.
dans cet intervalle, elle reprit son mouchoir pour s’essuyer la gorge.
je m’inquiétai alors de ce qu’elle eût peut-être soif.
« - ah oui, té, bonne idée. on s’arrête ? »
je lui demandai si elle avait une préférence entre un bar ou une simple station service. peu lui importait. je fis halte au premier relais routier qui se présenta en front de mer. nous nous installâmes en terrasse pour prendre quelques rafraîchissements ; anisé pour elle, malté pour moi. nous ne parlions presque pas. puis elle dit :
« - bon, faut que j’y aille. »
comme je l’interrogeais du regard, elle précisa :
« - eh bé, au petit coin, quoi. » elle disparut en m’adressant un clin d’œil presque coquin.
je sirotai mon verre, le finis, attendis un peu avant d’en commander un autre et sans attendre d’être servi à nouveau, me dirigeai vers les toilettes qui n’avaient qu’une porte. des ahans plus qu’explicites filtraient à travers le contreplaqué grossier et couvert de graffitis. je regagnai ma place en terrasse. la brunette m’y rejoignit peu après s’affalant lourdement sur la chaise branlante qui faillit céder, ce qui la fit glousser. nous reprîmes la route quand elle eût finit de boire.
quelques kilomètres plus loin, elle me dit connaître une crique très sympathique et bien ombragée.
« - on y est presque, vous n’êtes pas pressé ? on pourrait bien piquer une tête, eh ? »
en fait, j’avais roulé toute la nuit, depuis l’Espagne. la chaleur de l’après-midi m’engourdissait. un plongeon dans les Calanques fraîches me tentait bien, me ravigoterait sûrement. j’étais encore loin d’être arrivé au terme de ma course.
laissant la voiture en surplomb, nous descendîmes à pied à travers les Calanques jusqu’à un endroit des plus charmants en effet.
je n’avais pas quitté mes chaussettes qu’elle était déjà dans l’eau, barbotant nue, sur le dos. elle chantait – à gorge déployée, si besoin était de le préciser. un truc en italien, je crois. c’est ce qu’il me sembla. après m’être rafraîchi la peau, je plongeai à mon tour, à distance raisonnablement respectueuse escomptais-je. car d’autres tentations me venaient à l’esprit.
elle s’approcha. son rire gargouillait dans l’onde.
« - elle est bonne, eh ? ça fait du bien, mh ? pas vrai ? »
j’acquiesçai en souriant, un peu niaisement.
elle vint coller son torse au mien et me dit :
« - et maintenant, elle vous dit quoi ma poitrine ? »
je me laissai couler jusqu’à ses hanches, puis remontai en longeant son buste de mes mains. elle bascula pour faire la planche en répétant :
« - emmenez-moi. menez-moi. »
un bras passé autour de son ventre, je l’attirais vers l’endroit où nous aurions pied.
elle avait fermé les yeux. ne disait plus rien. je me calai derrière elle en m’agrippant à ses poumons comme s’il se fût agi de quelque bouée de sauvetage. ses fesses sur mon bas ventre m’excitaient. elle le sentit bien. passa ses mains sur mes hanches pour m’ôter mon slip de bain. quand nous fûmes tous deux dénudés l’un contre l’autre, moi toujours derrière elle et le sable sous mes talons, je glissai ma main par-dessous vers son entrejambe et entrepris de la branler doucement.
« - comme ça, oui. comme ça, soupirait-elle. oui. »
elle s’accroupi dans l’eau de sorte que je la pénètre. le contraste de l’eau fraîche et de sa chaleur fut du plus heureux effet. je gonflai en elle, tandis qu’elle entamait un mouvement de piston, souple et vigoureux.
« - et mes seins ? t’en veux pas de mes seins ? couina-t-elle »
si fait, la belle, si fait. j’y vins.
elle retenait ses cris, puis n’y tenant plus déclara :
« - allons plus haut, sur les rochers, au chaud ! »
je me défis d’elle et lui emboîtai le pas vers une roche plate partagée par l’ombre et le franc soleil.
elle s’adossa à leur lisière. sur la pierre encore chaude, l’eau qui ruisselait de son corps s’évaporait.
je pris le pli de ses genoux dans mes mains et plaquai ma bouche sur sa vulve aux poils drus. quand je l’eus bien léchée – et que dans l’intervalle, j’étais revenu à de bonnes dispositions, je la pénétrai de nouveau. bientôt, sans doute un peu incommodée par la pierre rugueuse, elle préféra me présenter sa croupe. je l’empoignai avec ardeur. devançant son appel, lui saisis la poitrine. elle écarta tant les jambes que je dus me mettre à genoux, elle était presque accroupie, prenant appui sur la frange de la pierre plate. mes aïeux, quel rythme ! le ballottement de ses seins les faisait claquer sous ses bras, sur son torse, l’un contre l’autre. mais elle ne perdait pas le nord, quand je fus sur le point d’exploser, elle stoppa net. se dégagea, me fit basculer à plat dos sur le sable chaud et emboucha mon sexe pour en recueillir la jouissance. s’essuyant la bouche d’un revers de main, elle vint me caresser les cuisses, le bas-ventre, le ventre, la poitrine et la face avec ses deux mamelons. elle fit tant et si bien que nous repartîmes pour un second élan, qui, de fougueux, finit lentement.
quand je lui dis qu’il me fallait reprendre la route, elle rétorqua :
« - eh bé, bonne route. moi je reste là... m’en voulez pas ? »
je lui dis que non. ça m’arrangeait même un peu, bien que je me fusse rappelé, peu avant, un petit hôtel pas dégueu… mais bon, non. je pris congé de la brunette, d’elle et de ses généreux poumons.
je gravissais la pente menant vers mon véhicule, mes fringues en vrac à la main, seulement chaussé de mes tennis, quand je vis débouler devant moi une paire réglementaire de gendarmes. ils se regardèrent, interdits. puis, l’un d’eux me lança sur un ton où la sévérité le disputait à la raillerie :
« - et vous allez où, comme ça ? »
norbert tiniak © 2008 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
01:40 Publié dans nouvelles flesh | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : juliette, brune à forte poitrine, l'été sera chaud
11.03.2008
si ça me botte ?
Une poule entre dans le bar. C'est sûr, il se fait tard. Un peu à contre-coeur, je vide mon fond de blanc, tenant son pied entre le majeur et l'annulaire, fais claquer le verre sur le zinc et lâche une revoyure à la cantonnade qui me renvoie un joyeux brouhaha. Pas que je sois un assidu, mais c'est le bar d'en bas de chez moi, j'y fais des haltes - parfois des haltes prolongées, oui. Il y a là des habitués, bien sûr, et des voisins et leurs voisines. Mais l'heure des poules a sonné. J'y vais!
Ne pas se laisser tenter par un clope sur le trottoir-fumoir, c'est des coups à en remettre un coup. Deux trois paluches encore - il y a des liens qui s'entretiennent, quoi. La ficelle, ça peut toujours servir. Et allez, je déroule un pas chaloupé, satisfait, celui du gars qui a fini son boulot, même un peu plus tôt et qui regagne le flot vers son petit lot, après une escale amicale. Les petites sont chez leur grand-mère, 'faut dire. Un bail qu'on ne s'était pas retrouvés entre nous, les époux. L'oeil un rien coquin, ce matin et le bécot humide de ma chèr&tendre avant de partir m'ont fait languir. Deux jours devant nous, rien qu'à nous. Pas mieux.
J'ouvre la porte d'entrée, j'allais appeler, quand je vois sur le paillasson la paire de bottes à lacets délacés de ma dulcinée. Les talons serrés, les fourreaux bâillant de chaque côté, les lacets comme des moustaches d'écrevisse étalés sur le pavé, ce sont les bottes que je lui ai offert, il y a de ça, pouh! Et deux pas plus loin, vers l'escalier des collants pris dans des soquettes mouillées. Je reviens sur les bottes. Un assaut de la mémoire m'envahit. Je crois voir les bottes se remplir de chevilles, de mollets, de cuisses écartées sous la croupe révulsée... C'est déjà fini, mais ça m'a mis l'eau à la bouche. Je quitte mes chaussures et envoie dinguer mes chaussettes sur le piano droit.
Pas de culotte dans les collants, mais sur les marches, ou plutôt sur le petit pallier après les trois premières marches, le pantalon large a des airs de lunettes écrasées. C'est le pantalon d'été! On est en plein hiver... Y a pas, ça va chauffer!! Comme cette fois dans la forêt, en pleine canicule. Il avait suffit d'un tronc incliné. A peine un doigté, un long baiser à pleine bouche, on avait fondu l'un dans l'autre. Du beurre. La forêt même était en sueur.
Ah ben voilà, la veste. Ah, d'accord : ma veste. Celle que je ne mets plus depuis, pouh! Ou alors seulement par grand vent quand il faut monter sur le toit voir les tuiles. Devant la chambre des petites, pull et chemise - chemise dans pull, ça défrise. Je suis au bord de la crise. Je sens la mer... La Manche! Ma veste sur ses épaules et son pull en jupon improvisé, parce que quand même, le sable... Je revois son cartable ouvert, les copies qu'il avait fallu rattraper dans les dunes. Jusqu'à la dune qui sera notre dune, près de Langrune. Toujours, même si maintenant s'y dresse un lotissement. Je défais la boucle de mon ceinturon. J'ôte un bouton de braguette, le coeur en fête.
Dans notre couloir, ni sous-taf, ni culotte ; si ça me botte ?!
Dans la chambre, personne. Sur le lit, personne. Un mot, dans une enveloppe : salope!
!niak niak!
02:56 Publié dans nouvelles flesh | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : écriture lubrifiante, botte, pas de radis pour ma chérie
05.11.2007
à suivre
Pas possible ! Elle le fait exprès…
Le soleil donne, certes. Le mois de mai est bien entamé. J’avoue que le retour des tenues légères me porte à traîner en terrasse pour me repaître du spectacle déambulaléatoire avec son cortège de surprises, plus ou moins fermes, lourdes, bondissantes, pointues, charnues, voilées… Ce qui fait qu’invariablement, j’ai le regard happé par une silhouette, le contour d’une hanche, la tension d’une poitrine et que je m’en délecte derrière mes lunettes non fumées, mon alliance dorée et ma peau métissée. Je m’en réjouis d’autant que le plaisir est fugace, l’apparition souvent furtive, à moins de se lever, d’aller se planter près d’une vitrine et de voir venir… Non, mais attends, la revoilà !
Trois fois déjà qu’elle passe devant le kebab du trottoir opposé, en marquant un temps d’arrêt à hauteur… de ma visée, ça ne fait pas un pli. Elle sait que je l’ai vue. Elle minaude encore, mais non, elle pose. Flanc droit, flanc gauche, trois-quarts arrière gauche, menton à l’épaule, main sur la hanche, sur le bras, mains sur les reins. J’ai le tournis ! Elle s’en amuse, c’est sûr. La voilà repartie. Je jette mon dû dans la coupelle, me lève en m’étirant et lui emboîte le pas qu’elle a plutôt vif.
Pour tout vous dire, c’est sa jupe qui m’avait accroché la rétine. Passée au ras du guéridon où je consommais à l’instant encore une bière blanche (sans citron, merci), j’ai cru avoir eu la berlue. L’effet port-du-string&coup-de-vent peut déclencher ce genre d’alarme, mais là j’ai bien cru voir dans un mouvement de l’air se lever la toile sur un rais de poils pubiens. Un réflexe de pudeur m’ayant fait tourner la tête, je suis sûr de la justesse de ma vision. A cette courte distance, on le serait à moins. Une brusque torsion du bassin éleva encore un coin de toile acrylique sur un pli de fesse que d’aucuns jugeraient peut-être un peu lourd au regard de la taille menue, mais dont la nonchalance me ravissait déjà. La furtive s’en allait –croyais-je, aussi bien je me tordis un tantinet le cou pour mieux juger de l’ensemble dès que le va-et-vient des passants s’éclaircirait sur cette portion du boulevard qui descend vers le jardin des plantes. Ce ne fut pas pour ce coup-ci, mais pour la fois d’après. Je ne l’avais pas vue repasser de l’autre côté du boulevard. Je l’aperçus à nouveau quand elle trottina en sens inverse. D’un coin de l’œil, j’avais reconnu la jupe fleurie dont je soupçonnais des couleurs de teinture faite maison. Je vis alors ce genre de petit haut qui me fait chavirer. Vous savez, celui bien droit sur les épaules pour mieux les dégager jusqu’à l’arc du cou qui grimpe vers l’oreille. Sans parler du décolleté et ses rondeurs contenues que cette rectitude souligne par contraste. Juste comme je m’en inquiétais, n’ayant vu que son dos, elle se retourna en sautillant presque sur place, comme quelqu’un qui tente de rejoindre un arrêt de bus mais s’assure qu’aucune ligne ne lui passe sous le nez. La poitrine me sembla bien faite. Et la chevelure brune, quoique courte, avait du caractère (ras sur la nuque) et de la souplesse (boucles sur les joues). Joli brin de jeune femme, comme on dit.
Vers le jardin des plantes, descendant le boulevard, moi sur ses talons ou presque, nous allons vers l’ombre douce.
Crochet ! Crochet ! J’t’ai accroché !
Suis-moi bien. Pas trop près. Fais durer encore un peu. Laisse-moi encore l’initiative du jeu. Deux semaines que je te vois, ici ou là, toujours en bordure de terrasse. Je t’avais pris pour un salace quand j’ai compris où tu portais tes regards. Et puis je t’ai suivi jusqu’à ton atelier d’arts graphiques. Enfin, là où tu bosses, quoi. Coup de bol, ta terrasse préférée est juste sous mes fenêtres. Quoi, presque en face. Alors, dès que je t’ai vu t’y installer, je me suis dis, aujourd’hui ma fille, tu te le fais. Attention, je m’arrête. Bien, ne viens pas de suite trop près. Je sais où te mener. Allez hop, on repart.
Mouais ! Elle m’a repéré. Ou alors c’est une mesure de précaution valant pour tout être masculin entrant dans un certain périmètre connu d’elle seule. Je ne vais tout de même pas m’en tenir là. Le spectacle est trop chatoyant. C’est un sillage ourlé sur une vague de haute mer. Avec au bout, à sa source, une sirène gracile qui danse. J’ai plongé, je nage. Voici l’ombre des ormes. Sur les pelouses, ça roupille, ça se bécote et ça papote. Voici le chemin des haies futaies qui grimpent vers la grotte reconstituée avec sa pièce d’eau clapotant au cœur de ses parois percées d’alcôves. Nage, belle eau, nage.
Allez, encore un effort, on est presque arrivés. Tu fais bien le promeneur. Tu fais bien la nonchalance. Tu me suis comme un prédateur, mais tu es loin d’en avoir l’apparence. Tu es plutôt fluet. La taille fine, la fesse ferme et les membres souples, tu fais plus jeune que tu ne l’es. Je te donne, allez, la trentaine bien sonnée. Pour toi le jeu bat son plein. Pour moi, nous n’en sommes qu’aux prémisses. Tu aimes sans doute ta femme, mais je t’ai hameçonné – âme sonnée ? Attends, avec ça je t’achève.
Merde, elle s’arrête encore !
Elle fouille dans son sac. La bandoulière s’échappe de son épaule. Elle relève une cuisse pour caller le fond dessus. Elle s’énerve un peu, pose son sac à terre, s’accroupit devant, plonge les bras dedans, attrape une cigarette fine et mentholée, se relève en lâchant une bouffée. Je me suis assis sur un banc proche. J’ai l’air de celui qui a toujours été sur ce banc depuis qu’il y a un parc dans cette ville. Elle agrippe la bandoulière et la remonte lentement sur son épaule. Elle me regarde, si, si. Elle me regarde avec un petit sourire intrigué, s’approche.
« - On ne s’est pas déjà vus quelque part ?
- Je ne crois pas, non…
(menteur !)
- … Je viens souvent ici, notez. Mais je vous prie de croire que je ne vous ai jamais rencontrée auparavant.
- Et bien, c’est chose faite : je m’appelle Kaye. J’habite sur le boulevard… c’est là que je vous ai vu (tu chauffes, Marcel !) j’en suis sûre, attendez… C’est ça ! Vous prenez souvent le frais en terrasse, juste en bas de chez moi.
- Sur le boulevard Marengo ? C’est très possible en effet.
- C'est sûr, je vous dis. Et vous travaillez, attendez... Dans la boutique de graphistes, là...
- "Comm'study" oui, en effet, mais comment...?
- ... vernissage!
- ...?
- Je suis de tous les vernissages qui ont lieu pas trop loin de chez moi.
- Ah, mais je ne suis pas un artiste, tout juste un plasticien. Je n’expose pas donc…
- Oui oui, non mais, j’ai dû aller à une de vos expos, puis à votre atelier et voilà.
- Oui… voilà.
- Je peux vous demander de m’accompagner un moment ?
- Certainement… pour aller où ?
- Dans un autre petit chez moi, c’est à deux pas.
- Je…
- Si, si venez, vous ne serez pas déçu, je vous le promets.
- Je vous suis.
- Oui. »
C’est reparti.
Incroyable ! Pas eu le temps dire ouf nous voilà dans la grotte. Elle me montre une porte en acier. Ses sourcils font des manières de mystère. Elle plonge un bras dans son sac et la seconde d’après en extirpe une grosse clé cerclée de deux ou trois autres de tailles plus réduites. Elle ouvre la porte, déclare que c’est le local de maintenance des circuits d’irrigation du jardin dont elle est responsable, employée par la ville depuis six mois. C’est humide, il fait froid et ça sent le moisi. J’aimerais mieux qu’on poursuive à l’air libre. Mais je n’ai semble-t-il pas tout vu, selon elle. Son doigt pointe vers un escalier en fer forgé qui tourne en colimaçon étroit contre la paroi. Tout en poursuivant son babil juvénile sur les ci et les là et les etc. du pourquoi du comment on peut se trouver des places en or au service des espaces verts, elle passe devant. Instant de vérité sublime : elle est nue sous cette jupe. Je le savais, mais là, je savoure.
Nous débouchons sur une courte plateforme creusée au sommet du roc sous lequel bruisse en profondeur le ruisseau rafraîchissant de la grotte du jardin des plantes municipal. Un énorme pin nous couvre de son ombre gigantesque, tandis que ses branchages nous soustraient à tout regard venant de la colline dans notre dos. Devant nous, en revanche, au-delà des bassins du parc, la vue porte sur la ville engourdie de chaleur orageuse.
Kaye se retourne, calant l’arc évasé de ses épaules dénudées contre la roche. Elle attend. Elle m’attend donc. De quoi parlait-elle ? Ah non, depuis que nous sommes parvenus ici, nous n’avons pas échangé une parole. Elle s’est tue. Je n’ai rien dit.
Chut!
Ne me dis pas ton nom, joli minois. Laisse-moi le deviner, l’inventer, l’ignorer, qu’importe. Ne me dis rien même, tiens. Enveloppe-moi seulement de ton souffle avant que je ne te colle ma bouche quelque part.
Je ne trouve rien à dire. Je savoure.
Ce profil perdu dans les boucles brunes répandues sur la joue, tête inclinée sur l’épaule opposée à mon regard, nuque tendue tendant un poil ras sous l’oreille, offre à plonger les yeux vers la poitrine. Plus lourde qu’il n’y paraît, la poitrine. Comprimée dans le petit haut sans col par un revers ostensiblement extensible, la paire de ses seins trahit le rythme de sa respiration. Je ne m’y trompe pas, c’est un appel. Je n’écoute pas ce qui me vient à l’esprit. Je réponds à l’appel. Pivotant sur ma droite pour me placer face à l’épaule de Kaye, ma main se porte vers son bras dans le même temps que mes lèvres se posent sur la clavicule rondement musclée.
C’est moi où j’ai entendu quelque chose ?
Dans un souffle qui tenait davantage du sifflement, Kaye avait laissé filer un "oui" vivrant d’abandon... victorieux ? L’instant d’après sa main droite prenait la mienne et la portait à son ventre, ses lèvres étaient sur les miennes, ses yeux dans un tapis de boucles pointaient vers les miens une braise noisette. Sa main gauche fourrageait dans mon short de toile et ne tardait pas à saisir mon sexe. Nous nous embrassons dans un tourbillon de jetage de fringues en nous pétrissant allégrement. Le temps d’attraper une capote. Elle me plaque contre la roche, sa bouche est sur mon torse, dans mon aisselle, glisse sur mon flanc vers l’aine, ses mains serrent mes fesses. Je lui tiens les seins dans mes paumes ouvertes, les avant-bras sur les cuisses. Mais elle descend toujours, ne m’offre plus que sa chevelure et ses épaules à toucher, son dos et sa croupe à l’horizon cambré à regarder. Elle m’embrasse le pubis, abouche mon sexe et le caresse tour à tour, jusqu’à l’entrecuisse. La capote est bientôt mise. Je me courbe sur elle, d’un bras lui caresse le dos vers la croupe, pénètre à deux doigts l’humidité soyeuse de son sexe, de l’autre, passant sous le ventre, je mène la main jusqu’à son clitoris. Nous haletons un peu en nous relevant d’où nous étions descendus. Puis commence une danse étonnée de ses propres harmonies, composant des alternances de rythmes, de porté(e)s, de syncopes, mêlant des graves et des aigus dans un chœur à chœur improvisé sur une partition connue, mais sans cesse renouvelée.
Nom de dieu, quel rythme !
Ah ça, je ne suis pas venue pour rien. Oh, je le savais. Oh, je le sentais. Celui-là, avec ses petites habitudes gentiment canailles, marié, mais encore frais, créatif dans le travail… C’est pour moi, ça. Qu’est-ce qu’il me pétrit bien. Qu’est-ce qu’il me mange bien. Il m’a déjà retournée une fois, et là je sens… ah oui, ça va finir par terre, là. Il se met sur le dos, quelle bonne idée. Il me laisse faire. Je l’empoigne, me le colle bien au fond. Il me lève les genoux. Bien. Bonne idée. Il accompagne mon va-et-vient en me soulevant les fesses, trop bien ! Il en profite plus aussi comme ça. Je glisse plus longtemps sur son membre ferme et cambré. Il me retourne… tome 2 ? Ah, sans bouger, lui. Juste moi. Je prends appui sur ses genoux. L’amplitude du mouvement me permet de frotter mon clito plus longtemps. Je ne respire plus, j’explose l’air. Il me saisit les seins. En remontant, oui, ça c’est bien. C’est bon ça. Ah ça y est. Il me bascule. Arg ! Un peu dur le sol, quand même. Il me cale son short sous un genou. Toujours ça de gagné, ouais. Oh, la culbute ! Oh, c’est profond. Et le clito, oui. Il n’a pas oublié le clito. Ah là, oui. Ah là, oui. Ah là oui, mais non, non… J’avais dit qu’une fois, mais celui-là il faut que le revoie. Il faut que je me le refasse. Ah oui ! Ah oui ! Ah oui ! Oui ! Oui ! Ah oui, non, on se lève, là. T’as raison, par derrière, mais debout, tant qu’à faire, là. Ouh ! Je le savais ! Ouh ! Je le savais ! Ouh ! Je le savais ! Il va jouir, là. Pourvu que ça dure encore après. Ah là, ça y est. Oh le malin ! Il a pas tout lâché, ça tient encore, ça continue. Ah là, oui ! Ah là, oui ! Ah là, oui ! Oh, mais qu’est-ce qu’il fait ?
Changement de capote, obligé !

Elle a compris, semble prendre son mal en patience. N’y tient plus et me refait la pose de capote avec la bouche. Langoureusement. Juste le temps qu’il faut pour prolonger, d’un bon quart d’heure encore, nos ébats sous le ciel virant au plomb et à l’étain.
texte initialement paru en novembre 2007 sur feu 'motamomotabou'.
norbert tiniak. © 2007 DUZKOU ZUMIN &ditions TwalesK
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01.11.2007
Pêche, pomme, poire et banana
Dans la nuit normande, tôt venue comme il se doit en période hivernale, j’aime sortir et gagner depuis ma colline de Vaucelles le centre ville qui se vide progressivement de sa population diurne pour faire progressivement place à la faune des heures nocturnes. Je suis à Caen. J’ai vingt-cinq ans. Je vois ma liberté en grand…
J’ai un parcours bien défini à l’aller, plus aléatoire au retour et volontairement hasardeux dans les intervalles, mais ponctués de havres divers où occuper toute ma nuit s’il le faut. Je longe tout d’abord l’hippodrome par le Cours Charles de Gaulle taillé à la soviétique, depuis le pont de Bir hakeim jusqu’à la statue dite de Cuverville –ainsi dénommée parce que l’emblème de la victoire de la Grande Guerre offrait son arrière-train à la vue de la kommandantur nazi installée en ville occupée, tandis que son regard (prémonitoire ?) se portait vers l’ouest d’où viendraient les libérateurs alliés.
A cet endroit, je dédaigne la solution de l’avenue St Jean avec ses restaurants pour narguer le commissariat et rejoindre plutôt la place du théâtre, puis celle de la République bordée de ruelles où se nichent bars et pubs. Les niches et les escales de mon parcours.
Dans le premier estaminet, embué déjà par ses habitués et quelques rares autres clients, je commande un demi pêche. Puis deux, puis trois. Le troisième sonne immanquablement le début des festivités. J’en offre un à mon voisin de coude gauche. Agrippé au zinc depuis une bonne demie heure, le lascar abreuve le comptoir de blagues du même nom.
L’œil coquin et vaporeux (Ricard oblige) ce massif courtaud exhale sa condition prolétarienne et sa nature bonasse. Le voilà qui s’en prend à une tablée d’étudiantes en train de lever le siège. Il les harangue, les exhorte à "demeurer encore un peu parmi nous autres gens de peu" (sic et hic), titube vers l'une d'elles dont la lanière du sac s'est logée sous un pied de chaise en fonte. Comme il fait mine de la saisir par sa taille inclinée, les autres se récrient, protestent, font mine de se fâcher. Le goguenard s'en amuse et les salue d'un geste princier comme elles atteignent le seuil en gloussant.
Le temps de jeter un dernier biffeton au patron, de donner une bourrade entendue à mon vieux partenaire de zinc, je suis dehors. Sous la bruine annonçant la fin de la marée montante, je me lance à la poursuite des cinq ou six gazelles nordiques. Je les repère à leurs rires de graves et d’aigus mêlés ricochant sur les murs de craie. Parvenu à hauteur de leur groupe, sur le trottoir opposé de la rue Ecuyère, je me mets à fredonner le ‘Dear God’ de XTC (pop anglaise), feignant la discrétion et mettant beaucoup de conviction à souligner les vers les plus satiriques de ce morceau iconoclaste.
« Hep, massieu ! (mordues) Massieu ? »
Je me retourne vers l’appel, traverse en me ravigotant ostensiblement, histoire de signifier que, pour moi, les festivités nocturnes en sont à leurs prémisses.
« - Mesdemoiselles et dames, bonsoir, je susurre. Would you rather speak english ? auf deutsch ? en français ?...
- C’est français nous parlons. Nous devons. C’est les études ici pour nous. Vous savez pour dire le chemin vers la université ? Le plus vite ?
- Pourquoi si vite, j’espièglerise, vous êtes bien pressées !
– Merci, c’est besoin retourner au campus pour nous aller chercher l’argent pour manger quelque part ce soir et poser d’abord les affaires. Oui ? »
Leurs bras sont effet chargés de multiples sacs. Éternelle razzia de l’Internationale Féminine.
« - Alors, c’est un peu compliqué (mon œil !) à partir d’ici. Je vous conduis un peu, si vous voulez. »
Conciliabule, ça sent le refus.
« - Nei !Nei ! Pas le voiture, juste dire le chemin.
- I just meant to show you the way walking from up here to lead you to there, j’anglicise.
Applause et soulagements. Notre petite troupe se met en branle. Je fredonne à nouveau entre mes dents.
« - ça une très intéressante chanson j’entendais vous chanter, là. C’est de vous-même ?
- Non, XTC, groupe anglais, je rétorque.
- Sing, sing, me glousse-t-on. »
C’est parti !
Le titre prend fin au pied du Gallion, le boulevard qui monte vers la fac. Quelques brefs commentaires plus tard, nous brisons là.
« - Oui, très bien merci. Nous connaissons là, maintenant.
- Je vous en prie… mais peut-être à plus tard en ville, qui sait ?
- Qui c’est qui ?
- Who knows …
Sourires, embrassades et ce serait presque tout si l’une d’entre elles, plus menue que les autres, ne s’était retournée dans la pente vers moi qui demeurais là à les regarder s’éloigner. Elle me gratifia d’un petit geste amical supplémentaire, appuyé par un regard clair, plus fort que l’éclairage des lampadaires – je vous parle d’un temps où le tram n’avait pas encore été réinstallé. Un regret plane entre nous. Tout doux.
Quart de tour vers la ville, un autre bar tout proche, face aux Beaux-Arts, n'attend que mon chéquier. J'y ai quelque habitude et la confiance du gérant, surtout en début de mois. Je range mes lunettes de vue dans leur étui et chausse des lunettes fumées aux montures de verre rectangulaires dans lesquelles sont logés en losanges ajourés des carreaux bleu électrique. C'est un signal. C'est un code...
« - Jour faste ? »
Je confirme en m’installant au bar de la première salle. Je règle mon ardoise de la semaine passée et laisse un chèque en blanc signé.
« - On démarre comment ?
- A la pomme.
- HO ! HO ! Monsieur à de l’ambition…
- On fait aller
- Je suis à toi de suite. »
Trois pommes plus tard, je n’ai plus faim. Je parle fort, comme tout le monde. Je ferais bien un billard, mais je préfère garder un œil sur le boulevard où ne devrait plus tarder mon troupeau. J’espère vaguement, pour tuer le temps autrement qu’en vains bavardages.
Bingo ! La cinquième pomme était la bonne. J’adresse au bar un signe convenu – le chèque ne sera rempli qu’à la fermeture, si je ne repointe pas d’ici là.
Je sors à reculons exécutant un petit numéro bruyant de rap destiné à l’assemblée à peine concernée, à peine surprise. Quand je tourne les talons d’un slide très frime, le spectacle réjouissant de cinq grandes gigues norvégiennes me fixant de tous leurs yeux me fait tout soudain regretter d’avoir noyé mon appétit. Feignant l’étonnement, je bondis vers la troupe qui m’accueille avec des "Hey" et des "Na" enjoués.
Resto. Je ne bois pas de tout le repas. Aussi, comme dessert, je m’offre une petite poire digestive. La tablée avait été délicieusement tonique, polyglotte et policée. La conversation diverse et rythmée m’avait permis de prendre la mesure de mon interlocutoire, de mieux cerner à qui j’avais affaire. Le dégradé de blond à châtain clair déclinait assez bien les caractères, du plus ouvert au plus secret. La poire aidant et leur seconde bouteille de rosé achevée, j’entreprends de me lancer dans quelques impertinences, pour sonder. Le bon esprit qui régnait dériva vers la franche rigolade. On s’apprenait des mots, des ritournelles enfantines et des chansons. En sortant, je leur dis de m’accompagner vers le port. Deux d’entre elles voulurent rentrer, restaient trois, les deux grandes et la plus menue de toutes.
Arrivés au port, enfoncés dans les fauteuils creusés dans de lourdes barriques, je lance une seconde tournée de bière ambrée, quand mes trois sirènes se piquent de me faire des cachotteries, s’entretenant l’une l’autre dans le creux de l’oreille. Je prétexte une envie pressante – qui ne se ferait pas prier longtemps une fois la cuvette à portée de jet. A mon retour des toilettes, le patron me fait signe du pouce : « Dehors, ‘vous attendent. C’est bon, tout est réglé. » Il y a
comme du mépris dans la voix de cet homme. Je le connais. C’est un vieux con.
« - Vienne, vienne. Tu aimes discothèque ?
- Allez ! »
J’ai horreur de ce genre de lieu, mais bon. J’aime danser. Je n’avais seulement pas idée à quel point j’allais devoir danser. La plus menue des trois se révéla être une véritable entraîneuse. Autour d’elle, nous finissions tous par valser, murs, pistes, bouteilles, lumières et musiques, chaussures et chemises pour finir.
Comme le petit matin approche, nous commandons un banana split géant que nous engloutissons avant de quitter les lieux. Sur le trottoir, étourdis, nous nous regardons avec des yeux brûlants. Elles m’embrassent alors, tour à tour, plus ou moins goulûment, toutes avec chaleur. Nous traversons la ville en sens inverse, petit groupe en fusion, partition à huit bras, monstre à quatre têtes s’embrassant deux à deux, poule pulpeux et ruisselant, ignorant les rares voitures ou passants, tout entier occupé à entretenir son propre et seul plaisir.
Les douves du château médiéval nous offrent pour un temps de quoi nous explorer plus avant, dans une intimité toute relative, quand l’heure n’est plus au rationnel. A un moment, le dos plaqué dans l’herbe humide contre le sol quasi boueux, je ne sais plus combien nous sommes. J’ai le nez dans un con, un pubis allant et venant en butée sur mon front. J’ai tantôt un clito, une vulve, un anus au bout des doigts. Et tour à tour sur la queue, une bouche ou un sexe juteux. Fatalement j’éjacule et quelques instants après, déjà plus apaisés dans nos fringues débraillées, nous faisons route à nouveau vers le haut du campus.

Dans la chambrette exiguë, nous prenons le temps d’investir avec tendresse nos corps mêlés, en occupant au mieux l’espace restreint. Les deux grandes auraient aussi bien pu se débrouiller toutes seules. Ce qu’elles firent par intermittences, soit en se besognant, soit en se contentant du spectacle des transports que la plus menue se plaisait à partager davantage avec moi. Mais le jeu des caresses et la proximité nous rapprochant de fait, notre musique de chambre se donnait en quartet. Ce n’est que bien plus tard que je m’étonnerai d’avoir gardé aussi longtemps la pêche. Pour l’heure, tout est si bon et tellement excitant que le jus ni le jeu ne manquent d’aucun carburant. Tout est bon. Tout est bon dans la chair. De l’orteil à l’oreille, tout se prête au délice. Il y eut bien encore quelques moments frénétiques, mais le jour dardait sa clarté par la fente des rideaux que nous étions encore à nous palucher, somnolant tour à tour, l’un ou l’autre d’entre nous veillant toujours par quelque attention délicate à maintenir en vie le feu qui nous consommait en douceur fébrile.
Quand vint mon tour de garde, j’eus tout le loisir d’observer et de comparer de qui la peau de pêche, de qui la fesse en pomme, de qui le sein en poire. Et pour leur dire adieu, je butinai chacune d’elle jusqu’au bord du sommeil. Je les quittai près de midi, glissant sur la pointe des pieds (dont l’un nu dans sa chaussure), les embrassant une dernière fois du regard et ne laissant en manière de pourboire sur le sol dévasté que des préservatifs usagés – goût banane.



mai 2007 ; première édition de ce texte sur feu 'motamomotabou'.
norbert tiniak.©2007 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
13:25 Publié dans nouvelles flesh | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pêche, pomme, poire, banane, préservatifs
11.10.2007
Martine à l'école (1)
" T'as fini avec l'amphi ? "
J'acquiesce. Tout le monde est installé, oui. Pour la nuit, la 12ème nuit d'occupation du campus. A en juger par les mines usées mais réjouies ou à l'ambiance gentiment festive qui perdure dans les couloirs de l'UFR d'Histoire, les étudiants caennais n'étaient vraiment pas prêts de lâcher le morceau. Le mouvement prenait de l'ampleur. On ira jusqu'au bout, c'est sûr.
Martine, la syndiquée, m'avait convaincu de participer à la coordination des étudiants "indépendants" ; de fil en aiguille, je me retrouvais dans la coordination nationale. De retour de Paris, où j'avais passé la veille, je n'étais pas fâché de retrouver la fac de Caen... et ses alentours... m'étant plus familiers que les escaliers ministériels. Ayant remis ma copie à la Coord' locale, je m'étais rapproché du staff d'occupation, principalement aux fins d'éluder une enième soirée de concertation et pouvoir m'évader en ville rapido.
" - Tu viens ? insiste Martine. Je lui rétorque que non...
- ... je file à l'anglaise. C'est bon, quoi. Vous avez tout ce qu'il vous faut. Y a plus qu'à aller jusqu'aux Etats Généraux. Moi, j'en ai ras la casquette des blablas pour le plaisir de s'entendre pérorer - quand l'issue est connue. T'as vu ? ça prend de partout. C'est gagné. Moi, je vais souffler un coup! "
Martine marque un temps d'arrêt. Puis elle avance avec une timidité qui ne lui ressemble guère - que je ne lui connaissais pas en tous cas :
" - Et... tu m'emmenerais avec toi ?
- Sans problème.
- C'est que... tu m'as dit bien connaître la vie nocturne, ici. Ce qui n'est pas mon cas. En fait, j'habite en front de mer, à Langrunes.
- Ah, ben voilà pourquoi tu portes toujours ces pulls marins qui moulent avantageusement tes franches rondeurs " lui dis-je en clignant de l'oeil, me croyant protégé par notre différence d'âge. A vue de nez, Martine a quasi le double du mien.

Vingt minutes plus tard, nous sommes sur le port.
Dans sa voiture, nous avons quand même parlé politique. Juste ce qu'il faut pour n'y pas revenir. D'ailleurs, en quittant le véhicule, je lui intime l'ordre de ne plus aborder le sujet " ... à partir de... top! maintenant, ok ? "
Je lui prends galamment le bras et l'entraîne vers le bar à bières que j'affectionne. Je la branche cinoche, théâtre de Caen, conservatoire de région, bars du coin, radios rock. La totale culturelle, quoi.
Elle s'étonne :
" - Nooon, tu écris de la musique ?! "
Ah, le charme des troubadours...
Je lui parle de ma formation rock, new wave, de notre local-studio ; ça l'intrigue. Et nous en sommes à la fatidique troisième bière au-delà de laquelle tout est ouvert. Selon moi. Ben, ça ne manque pas, elle tente à nouveau, avec cet air de petite fille qu'elle m'a déjà servi tout à l'heure :
" - On peut y aller voir ?
- C'est parti!
- Tu peux prendre le volant ? Je ne me sens pas trop de conduire, là, maintenant.
- Ouais, ça roule! Sauf que s'il y a un contrôle, j'ai pas le permis, alors tu m'as demandé de te ramener, vu ?
- ... ?!
- Si, si, t'inquiète, ça passe. "
Dans le local aménagé sous le garage des grands-parents du guitariste-chanteur et "leader" de notre groupe, je passe des écouteurs à Martine pour lui faire entendre quelques maquettes sur lesquelles j'ajoute tantôt une partie de basse ou du clavier. Martine est une gamine dans la caverne d'Ali Baba. Nous parlons à voix feutrée. Passons près de deux heures ainsi. Quand nous sortons, il est bientôt une heure du mat'. Je me dis que Martine va vouloir rentrer chez elle et me prépare à lui demander de me larguer quelque part dans le centre ville, puisque la route de Langrunes se trouve à l'extrêmité opposée de la ville. Et voilà-t-y pas qu'elle me dit :
" - Bon, on fait quoi maintenant ? Sans rire, j'en ai pris trop plein les oreilles pour te laisser partir comme ça, mon bonhomme! Tu prendrais pas une guitare pour me chanter des trucs sur la plage ? Je voudrais t'entendre de vive voix. "
Oupppitin!
Fini novembre, début décembre y a pas, ici : ça caille! Un peu de whisky ne serait pas mal venu pour tenir le choc. Je propose, ça prend. Bon ben d'accord alors. En route pour la mer, via l'épicerie de nuit nichée dans l'ombre du château de Guillaume (Le Conquérant), et vaille que vaille!

17:21 Publié dans nouvelles flesh | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : manifestations estudiantines, Martine, pulls marins, Devaquet, Université de Caen, Normandie
Martine à l'école (2)
Les dunes de Langrune, une guitare en bandoulière, une bouteille de whiskey (irlandais, oui finalement) dans une main et dans l'autre celle de Martine, il ne manquait à ce tableau que la bande de copains installés près d'un lot de tentes autour d'un feu de camp! J'explique à Martine que c'est précisément la configuration dans laquelle je suis venu ici pour la dernière fois, fêter l'obtension du baccalauréat. Nous prenons place dan sun creux de dunes, à l'abri du vent marin. Martine étend un tapis de plage et s'enroule dans une couverture épaisse. La nuit est claire à la faveur d'une lune montante.
Nous évoquons quelques souvenirs d'adolescence entrecoupés de morceaux de musique pop qui y font écho. The Police, The Cure, The Korgis (à la guitare, si, si, c'est possible), pour illustrer les miens ; Bob Dylan, Pink Floyd, The Kinks et les incontournables Beatles, pour ceux de Martine. Nous nous rejoignons sur ces fameux-fabuleux derniers et nous découvrons également inconditionnels et passionnés. D'un coup, sur "You've Got To Hide Your Love Away" nous piquons un délire, alimenté par une bonne demie bouteille déjà ingurgitée, et nous dansons sur les dunes, moi la guitare en bandoulière, elle faisant virevolter sa couverture telle une passionaria très fin XIXème. Le délire se poursuit sur 'The Fool On The Hill" (de circonstance), monte en puissance sur "Tell Me Why" que nous hurlons tels des loups solitaires et tourne à la folie avec "Shout (you know you make me wanna)". Nous nous affalons têtes bêches, épaule contre épaule et le nez dans les étoiles sur le tapis de plage.
" T'as rien à fumer des fois ? demande Martine. "
Ben si, une boulette que j'avais prévu pour m'endormir. Nous la consommons en chantant des ballades sixties. Les doigts brouillés par l'ivresse, j'abandonne la guitare. Nous poursuivons a capella. Martine a une très belle voix. Et c'est bien la première fois que je rencontre quelqu'un qui chante du Jefferson Airplane par coeur!
Se tournant sur le flanc, Martine rabat sur nous la couverture, niche son nez dans mon cou et pose un bras sur mon torse. Je sens sa ronde poitrine se comprimer contre mon bras gauche.
" Chante... chante encore... murmure-t-elle en me caressant l'épaule. "
Euh... Neil Young "The Damage Done", tiens. Un peu dommage sans guitare, mais bon. On est bien, là. Martine roucoule à mon oreille. Ses caresses se promènent de l'épaule à la base du cou, sur mon torse, mon ventre. Euh... mon bas ventre - des pensées défilent : " elle est mariée, Martine ? séparée ? elle habite pas loin..."
Dans un soupir, le ton pâteux, Martine me dit tout doucement : " Embrasse-moi. "

17:20 Publié dans nouvelles flesh | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : baiser, plage, bluette, pop music, The Beatles
Martine à l'école (3)
Chapitre 3 ! Ben ça commençait où ?
Un régal, cette bouche est un régal!
Visiblement Martine apprécie que je m'y attarde, que je la picore un peu avant d'approfondir, que je mordille en haut, que je léchouille en bas, et sur les coins, et puis retour et de nouveau un long et lent mélange. Bien qu'elles aient pris l'initiative, les mains de Martine semblent ne plus savoir que faire. Couchée sur le dos, les poignets à hauteur des épaules, le buste tendu par saccades, Martine me fait l'effet d'une pucelle. Je vais voir.
Je lui caresse le flanc gauche, vers le dos, sous les côtes, sous la hanche, plonge la main sous le ceinturon sur ses reins. Martine va dire quelque chose, bredouille dans les intervalles de ses halètements. Je lui renfonce tout ça dans la gorge en lui saisissant le cou, derrière l'oreille pour un nouveau long et lent baiser. Elle se détend.
J'investis la poitrine par le col en V de son shetland, mais sans franchir encore la barrière du petit pull marin sous lequel je perçois de copieux balconnets. Je délaisse la bouche et vais y fourrer mon nez, prenant ses mains dans les miennes comme pour les plaquer au sol, mais pour mieux les ramener dans mon dos, en fait. Et voilà! Martine me masse les omoplates, les hanches, les fesses, dis donc! Je m'installe complètement sur elle, l'obligeant à ouvrir un peu les cuisses. C'est alors qu'elle s'écrit : "Oh, et puis zut! "
Martine envoie dinguer pull, re-pull et caraco, ne conservant que son mini-bustier à cinq agraphes derrière et lacets devant. Je fais de même en prenant soin de maintenir sur nous l'épaisse couverture de laine. " Aaattends, dit encore Martine en chopant la bouteille pour s'en remettre une bonne lampée. Tu en veux ? " Je fais non de la tête, les yeux brillants de désir. Et voilà le bustier parti aux fraises (aux crabes ?). Martine reprend place sous la couverture. Nous nous faisons face, couchés sur le côté, torses nus.
Sans dec' ! On dirait des ados!!
On se rebécote. On se pelote. Elle m'offre ses seins à goûter, mais garde! les jambes serrées. Y a pas! 'faut que je passe au moins deux régimes au-dessus de cette cadence. Profitant de ce que sa main traîne sur mes reins, je la fais coulisser vers mon bas-ventre où mon sexe l'attend. Surprise, Martine glousse un peu, fait mine de retirer sa main, mais se décide à plonger plus profondément sous la braguette. Une pucelle, je vous dis! Comme une pucelle, elle me touche. Presque elle me fait mal. Oupla! Je dégraffe ceinturon et boutonnière de jean. Martine pouffe, un grognement entre l'espiègle et le coquin. Elle me caresse encore un peu puis me demande : " Je l'ai jamais fait ; je peux ? "
Me sucer, tu veux dire ?
Ben, allez... tentons cette grande première! Je me redresse un tantinet, sur les coudes. Martine s'installe en ricanant.
" Tu me dis si je te fais mal, hein ? " Et c'est parti. Woups! D'un coup, tout dans la bouche. Puis sa langue entre en action. Pas mal. Martine fait même preuve d'intuition (à moins de s'en être préalablement inquiétée auprès d'autorités compétentes), elle s'occupe de mes bourses, du bout des ongles en plus. Elle voit bien l'effet que cela produit sur ma respiration. Elle s'interrompt un temps pour dire : " Tu aimes ? "
Tu parles! tais-toi, va.

17:15 Publié dans nouvelles flesh | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Martine à l'école, pucelle, pull-over
21.08.2007
Rideau (2)
C'était quoi le début ?
Le prince Norbert s’installa sur une marche de l’escalier en colimaçon qui prenait appui sur ledit « poteau rose ». Pour se premier tour, il désigna Nadja, Terri, Catherine et Steffi.
Carmen prit place au piano droit et entama un air enjoué dont toutes les filles entonnèrent la mélodie – Terri exceptée.
Après quelques tours, Nadja ne tarda pas à rouler au sol. Terri sauta par-dessus, mais Catherine buta contre la jeunette et s’étala à plat ventre, tandis que Nadja faisait une galipette et se retrouva à quatre pattes, présentant son derrière à Norbert. La jupette rose pâle retroussée sur ses hanches laissait voir son ferme fessier, fendu de lèvres duveteuses où disparaissait la lanière d’un string bordeau.
" - Deux de chute, claironna Carmen en cessant de jouer. Rien ne va plus ! Les jeux sont faits. "
Puis, prenant à parti le visiteur, Carmen l’invita à formuler son choix entre :
- prendre l’une ou l’autre des deux concurrentes
- prendre les deux
- être de la partie
- ne pas en être et désigner quelqu’un d’autre
Norbert dit alors, offrant une rose à chacune :
" - Mademoiselle Nadja, reprenez la pause que vous aviez après votre roulade. Quant à vous Catherine, veuillez vous poster devant Nadja de façon à placer son visage sur vos genoux. "
Les deux filles s’exécutèrent et Norbert, s’installant devant la croupe de Nadja ordonna encore :
" - Mademoiselle Nadja, occupez-vous la bouche avec ce qui se présente à vous. Pour ma part, je m’occuperai de ce qui se présente à moi. "
Le prince écarta sans l’ôter la lanière du string, libérant la vulve et l’anus. Il introduisit un doigt dans chacun des orifices et les branla sans brutalité mais en y mettant toujours plus de vigueur à chaque aller-retour. De son côté, Nadja commençait à donner des petits coups de langues sur le clitoris de Catherine qui ne put réprimer le besoin de se caresser les seins à travers son bustier. Les deux filles se mirent à manifester bruyamment leurs degrés d'excitation respectifs. Norbert empoigna alors les fesses de la petite et lui lécha profondément les paroies vaginales tout en investissant l'anneau rectal par quelques vrilles de l'index.
Catherine, se couchant presque sur le dos de sa partenaire s'empara des petits seins de Nadja qui s'activait toujours dans son entre-jambe, produisant un effet mesurable aux râles qui s'échappaient d'entre les boucles châtain.
Quand il jugea que le plaisir atteint était suffisant pour l'heure, Norbert se retira et commanda un nouveau tour de jeu.
Cette fois, ce furent Luna et Pearl qui remplacèrent les deux "perdantes". Steffi et Terri se tirèrent à nouveau indemnes de ce second tour, ainsi que la rouquine. Norbert n'en laissa rien paraître, mais il était ravi de pouvoir goûter à présent aux charmes de la brune plantureuse. Il lui tendit une rose à saisir entre les dents, l'entraîna vers l'escalier où il la plaça bras tendus sur les marches, les genoux écartés. Puis Norbert extirpa un bandeau de soie d'une de ses poches et en ceignit les yeux de Luna qui s'autorisa ce commentaire où perçait quelque ironie :
" - Monsieur est joueur, que c'en est un plaisir, vraiment!"
A quoi, Norbert répondit en plaçant un doigt sur les lèvres de Luna. Cette même main se dirigea ensuite le long de la gorge vers le pli des seins, tandis que l'autre se posa dans le creux des reins pour en marquer davantage la cambrure, d'une ferme et habile pression. Faisant glisser la culotte sur les jarretelles, Norbert déplora pour lui-même que le pubis de Luna-la-brune fut presque entièremet rasé à l'exception d'un rigoureux trait de poils dominant le sommet de la vulve fine. Mais il fallut bien sacrifier à cet effet de mode pour savourer la motte juteuse que ses doigts exploraient déjà.
Pendant que la croupe de Luna se faisait entreprendre par les assauts du visiteur, Carmen se remit à jouer du piano - une mélodie plus suave. Les autres filles se repassaient du spectacle en prenant leurs aises alentour. Ne nous y trompons pas! Elles en avaient vu d'autres. Leur oeil jetait un regard technicien, jaugeant les mouvements, leur vigueur, leur souplesse ; leur oreille percevait le souffle et les sons, mesurant la résistance à l'effort et le seuil d'abandon ; leur nez enregistrait les effluves, dans un souci d'hygiène autant que de confort.
Les filles s'envoyaient des clins d'oeil entendus : ce serait du gâteau! à bien des points de vue.
to be continioude, sitôt que je retrouve mon élan
10:15 Publié dans nouvelles flesh | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : libertinage, poteau rose, Monsieur est joueur!, escalier en colimaçon
16.08.2007
Les 7 péchés de Blanche (Teu Ande)
" C'est quoi ce bordel ?! "
La voix du père tonna entre les murs épais de la face nord de la bastide des Geux. Il posa le grand paquet qu'il tenait sous son bras (ramené de la ville où il avait fait quelques emplettes après-midi) et se dirigea vers la troupe occupée autour de la croupe de sa fille - occupée à tout sauf à combler les trous dans le mur d'enceinte.
Les quatre lascars s'écartèrent de Blanche, toute étourdie Quasi aveugle et sourde, les genoux en boucles d'oreilles et le souffle court, la donzelle ne comprit d'abord pas ce qu'il se passait. Elle répétait : " Ben quoi ? Ben quoi ? Vous êtes où, les gars ? "
" Ah d'accord! s'exclama le paternel. Je vois de quoi il retourne. " Son oeil furibard eut tôt fait d'égailler le groupe des maçons qui s'évanouit comme par enchantement - ou par une porte dérobée ne figurant pas sur les plans initiaux de la bastide templière. Il se retourna, se saisit du paquet qu'il ramenait de la ville et asséna un grand coup sur la tête de sa fille avec le miroir qu'il contenait. Blanche s'aplatit au sol comme une carpe. Sauf qu'une carpe ne tomberait pas ainsi, pattes écartées et seins à l'air, le tout offert au regard du tout venant.
Ainsi se retrouva donc Blanche. Entourée des débris de verre du miroir que son père avait explosé sur elle, tandis que celui-ci regagnait l'intérieur de son logis en maudissant tous ses diables, leurs faux saints et la pute vierge.
C'est alors qu'une chaussure, traversant le chemin de ronde, se faufila jusqu'à l'assommée. On eût dit un de ces effets spécieux que les fées de l'époque aimait à répandre devant le petit peuple, pour asseoir leur autorité peu catholique.
" - Eh!... Eh, la pitchoune!... on te ramène ta grolle. Tu nous remets ? "
De sous la chaussure désormais immobile aux pieds de Blanche, les cafards de la cave apparurent. Ils se tinrent près de ses chevilles, à l'exception du plus leste d'entre eux qui escalada la chevelure de la jeune fille.
" - Ma doué, elle est bien sonnée!
- Ben ça! décalquée, la donzelle!
- Piques-y voir les fesses, si elle réagit !
- Peau d'zébi, elle est canée!
- Neu, neu, pas canée : assoupie! corrigea le cafard juché sous les narines de Blanche. "
Le cafard stoïque exécuta une danse auprès des débris de verre tané. Les autres interprétèrent aussitôt le message et, cette fois pas comme, mais véritablement au moyen d'un enchantement dont ils avaient le secret, les cafards composèrent un cercueil autour du corps inerte de Blanche.
" - Putain, c'est con quand même !
- Quoi ?
- Ben, tu vois pas le beau brin de fille que c'est! D'accord, on est des cafards. Mais on n'en est pas moins homme et sensible à ces choses, malgré tout!
- ... ?
- ... ?
- Ouais non, laissez tomber! "
Ils achevèrent leur ouvrage et se concertèrent. Peu après, ils étaient tous unanimes à s'accorder sur ce point : ça pouvait pas finir comme ça, c't'histoire!
" - Et si qu'on appelait la fée ?
- Laquelle ?
- Ben, la plus proche. Celle de service à c't'heure, quoi!
- Non, mais où t'as vu que les fées répondaient à l'appel des cafards, toi, maintenant ?
- C'est vrai qu't'es con, quand même. Nia nia "pas moins z'homme" et maintenant ça! "
Tandis que ses six acolytes devisaient, le cafard muet s'insinua à l'intérieur du cercueil de verre. Il se posta sur les lèvres de Blanches et... l'embrassa.
L'effet fut immédiat. Blanche se redressa en brisant le couvercle (s'ouvrant au passage une arcade sourcilière). Elle cracha, toussa, éructa et hurla : " Pouaaah! Trop t'es dègu' de la bouche, toi! " Pointant alors ses doigts comme s'il se fut agit d'un revolver - ustensile vindicatif qui, rappelons-le, n'existait pas encore, elle visa le muet entre les deux yeux et lui tira une bastos des plus imaginaires mais néanmoins tout aussi efficace qu'en réalité. Résultat : le cafard explosa.
Les autres cafards, un instant interdits, partirent d'un grand éclat de rire et applaudirent le geste.
" - Maaa, la pitchoune, comment elle décarre!
- Vé l'autre comment il a explosé!
- Paaa!
- Pouf!
- Finito el muetto!
- Asta la vista, baby! "
Blanche, flattée par ce concert d'éloges, plaça les cafards dans ses mains et les caressa. L'intervention du merveilleux produisit alors un effet inattendu : les cafards se transformèrent en hommes de petite taille, barbus et coiffés de bonnets ridicules façon nain de jardin. De ce jour, d'ailleurs, on les appela les nains (sans -de jardin). Blanche les rassembla autour d'elle et leur tint ce propos :
" En route, les gars. A nous la belle vie! "

La suite, vous la connaissez. Mais si! La Légende de la Dame Blanche. Rôôô! Ben, révisez vos classiques, quoi. On est en France ici, merde! Pays de la tchache et de la fantaisie érigés en préceptes fondamentaux et supra-démocratiques!
votre dévoyé dévoyant, tiniak (norbert tiniak)
00:30 Publié dans nouvelles flesh | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : Blanche Neige, 7 péchés capitaux, six nains










