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Parole d'Autre Lenteur I

"Invading Always, exploring Never" *

Il en va des conversations comme de l'An Quarante :
elles passent...
Et, sans m'émouvoir
ni m'importuner
célèbrent, des quotidiennetés
la vacuité sans fièvre

Mais, lente
une parole sait
curer mon cœur d'attentes

Je l'entends sourdre du fond des âges
en découle une trouble image
de celles que plaide l'aède
(cela ne sert absolument à rien
donc, ça m'aide
à vivre
comme à mourir !)
et chaque jour, sous son empire
c'est la mélancolique fête
du Verbe à Dire

***

"- Ah ! Bah, ça... Chui bien d'accord avec vous, hein ?"
"- Faut c'qu'i' faut, pour sûr."
"- C'est comm' ça, que voulez-vous..."
"- Nah, mais... le problème il est que... Voilà, quoi."
"- C't'un monde !"
"- Vous m'en direz tant..."
"- C'est comm' ça, c'est comm' ça !"
"- Y a rien à faire."
"- Ben, ça ! Y a pas à dire."
"- Et qu'est-ce que je vous sers ?"
"- ...Pas la pince !"
(rires de connivence)

***

Le silence est plein
des soupirs de la nature
Mon songe s'y aventure
et nargue le destin

***

Une pensée me vient comme une danse
autour d'un feu primal
(quoique l'on soit en France...)

Une pensée me frappe !
J'en suis la peau de bête...
Mon rêve s'y rattrape
à l'endroit où ma tête est un puits
avec, dedans
animale
la Nuit Des Temps

Ce hurlement me reconnaît
J'y danse
mon entier pris dans une transe

***

"...Les Maximonstres roulaient
des yeux terribles
Ils poussaient
de terribles cris..."

***

Le silence hurle ma joie de n'être qu'un
parmi les uns, les autres
(faut-il - en corps ? que je me vautre !)
Et Poucet de sourire
au vacarme de mon soupir

Ouvre grand les yeux
l'Estranger
si tu veux m'en tendre
(des plaints... des maints à vendre...)

***

Je mâche lentement
les prairies, les bois, les bourgs
que mon train-train parcourt
ce jour, de but en blanc

Je mâchouille à l'envi
les nues de la marée
qui vient tout dévaster
d'il y a une heure encore
le temps gris qu'il faisait
là, dehors

Je mâchonne une fleur d'agave
et ferai moins le brave
d'ici que minuit tonne
Je serai passé par le grand
le long boyau-serpent
du cosmos
puis, le corps tamisé
tout bien éparpillé
sur la panse gonflée de la terre
aurai vomi dans l'air
un songe parfumé

***

À pas lents
se dessine
un instant
de rapines

C'est l'Heure du Festin
que j'embrasse à dessein

C'est du bonheur tout cuit
avec le Verbe Cru
Il fait jour à mi-nuit
"- Comm' de bien entendu !"

***

Piano, va
tout pareil
le rêve où je m'éveille

Alors, chut...
(Mad'moiselle Merveille
qui naguère me plûtes)

Dormez bien, mon bon chien
perdu pour les soleils

Je reprends mon train-train
près de l’onde vermeil

tiniak ©2020 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
© Castor Dubord
-clik to enlarge pix-

Crédit photo @Castor Dudord

* W.H. Auden, "Poems" - 1930

(...Merci,Lili ...Merci Maia !)

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